ACTE PREMIER
CATHERINE, elle essuie les verres.
NMmporte! A votre place, moi, je ne me serais point associé les Davannes.
LAFONTAS.
Vous les jugez mal, je vous le répète.
GATHEaiNE.
Rien qu'à me les entendre nommer tout-à-l'heure mon fils a eu de la répulsion.
LAFONTAS.
Tant pis.
CATHERINE
Non, vous savez, je n'ai pas confiance ! Ils sont si drôlement organisés! Je vous demande un peu!
Taîné, garçon de caisse; le second, caissier; le plus jeune, un pilier de salle d'armes! directeur de la maison ; monsieur Matagrin, leur oncle, commis, ht Suisses par-dessus le marché, de Genève, tous!
LAFONTAS.
Veuillez m'excuser, madame, mais c'est juste pour leur discipline, leur sens commun, leur économe et drôle organisation que je les ai choisis. C'est ça qui me les a rendus sympathiques.
CATHERINE
Bah!
LAFONTAS.
Pierre, un sot, n'avait pas voulu s'instruirts allez! garçon de caisse! Guillaume était le mieux doué, à lui la gouverne des autres! Quoi de plus raisonnable? Les Davannes eussent-ils une arriène-
jtLbée ccrilre Lalcnlas, d'ailleurs, quelle importance aurait-elle? puisque notre association n'est que provisoire, ne doit me servir qu*à présenter une surface, le jour où j'aurai besoin d'une surface. H y a seize mois que je travaille avec les Davannes, et je n'ai aucun reproche à leur adresser. Ils étaient fort timides, se contentaient de vivoter, nous avons déjà gagné cent mille francs. Eh bien» j'estime qu'ils m'en savent gré...
CATHERINE
Je n'en crois pas un mot.
LAFONTAS.
Parole d'honneur! Et comme il me faudra un chef des ordres de Bourse, quand l'affaire sera en train, un chef des dépôts, un surveillant parmi mes employés, un homme de paille, Guillaume, Edouard, Pierre Davannes et .\ atagrin m'en serviront. Ainsi aurai-je des gens à moi, au lieu de me voir imposer des gardiens par le lutur président de mon conseil d'administration. (D'un air détaché.) Ce sera tout bénéfice. (Un silence.) Vos préparatifs sont terminés?
CATHERINE
li ne manque plus que les gâteaux. Veux-tu m'épargner une course, Abel ?
ABEL
Volontiers, maman.
CATHERINE
Va chez le pâtissier, il est en retard, et rapporte
la commande.
Abel sort ; Catherine le regarde s'éloigner ; puis, quand la sonnette de la boutique a tinté, elle se jette dans les bras ue Lafontas, où elle reste un instant heureuse.