‹ L'argent d'autrui: comédie en cinq actesChapitre 8 sur 98 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

CATHERINE, LAFONTAS.

CATHERINE

Mon chéri! mon mignon ! (Elle l'embrasse.) J'avais une envie de te sauter au cou en accrochant cette rose à ta boutonnière!

LAFONTAS.

Devant ton fils ?

CATHERINE

Devant mon fils.

LAFONTAS.

C'eût été roidel

CATHERINE

Il y a des moments oh mon cœur est fou de tendresse.

LAFONTAS.

Chère Catherine !

CATHERINE

Hein, qui aurait cru que je me serais mise à t'ai mer, moi, une veuve, sage, le matin où tu as loué cette chambre, au-dessus de ma boutique ?

LAFONTAS.

A la bonne mercière/ Ton enseigne n'était pas menteuse.

CATHERINE

Tout de suite, en t'apercevant, une émotion m'avait prise. Je cousais, là, et tu entres. Tiens I ç*a été comme si, à mon âge, trente quatre ans, malgré mes chagrins, mon défunt, malgré Abel, j'étais redevenue jeunette, et j'avais vu paraître Thomme rêvé, celui auquel pensent déjà les gamines, celui que certaines vieilles filles, elles, ont l'orgueil d'attendre jusqu'à leur mort.

Moi, Catherine, à peine en face de toi, je m'étais dit : (Souriant et d*une vox laquine.) Pourquoi n'ai-je pas une sœur ? pourquoi n'est-ce pas cette dame ?

CATHERINE

Méchant !

LAFONTAS.

A défaut de mieux.

CATHERINE

Je te parle sérieusement, et tu me réponds des bouffonneries.

LAFONTAS.

Une bouffonnerie, Catherine.

CATHERINE

Soit ! mais à présent, je vais me demander si une sœur...

LAFONTAS.

Bah! quand elle se montre aussi peu sœur, et qu'en réalité elle est la douce amie, aimée, adorée, du mauvais plaisant à qui elle s'adresse.

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