‹ L'argent: rentiers, agioteurs, millionnairesChapitre 4 sur 27 · OPÉRATIONS DE BOURSE · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS DE BOURSE

« Nous sommes de grands imbéciles, > dil quelque part Montaigne, qui aurait joué à la Bourse, s'il avait vécu de notre temps.

Il a, par ma foi, raison, le Gaulois, et vous êtes là, messieurs, pour le prouver.

Le jeu sanglant de la guerre, le jeu terrible delà politique, vous les possédez, comme pas un peuple sur le continent! A ce jeu là, vous avez perdu du temps, du terrain et du sang, et nous ne vous en voulons pas de ces enthousiasmes dangereux.

Mais pourquoi, quand on a, comme vqus, l'esprit curieux, le caractère entreprenant, pourquoi passer, un mouchoir sur les yeux, du coton aux oreilles, devant cetle maison carrée, d'où s'échappent des bruits inconnus au vieux monde, où l'on parle une langue à part, énergique, précise et bizarre, où les chiffres ont une âme, des mains, des ailes ?

Pourquoi cette indifférence, ce mépris de commande, et comment nomme-t-on cela ?

Quoi donc! c'est là qu'est la fortune, là, les billets de banque, là, Fargent, ce qu'on cherche le jour, ce qu'on cherche la nuit, ce qui fait l'homme, ce qui nourrit les nations, et vous n'y venez pas ! Et une poignée d'mdivîdus, quelques aventuriers, cent ambitieux dirigent le mouvement, font. danser les écus, sauter les cartes ! Vous criez au vol, vous appelez la garde! Silence, messieurs! Voyons, ce n'est qu'un franc, entrez vite , regardez, écoutez, étudiez, et demain vous saurez tout, les barbarismes hardis de la langue nouvelle, les ficelles du métier, le secret du jeu, et si le cœur vous en dit... Allons, du courage! à vous la main !

De tous les jeux connus, en exceptant le jeu de l'oie et le loto, le jeu de Bourse est.

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sans contredit, le plus simple et celui qu'on peut savoir le plus vite , en s'appliquant un peu, d'une liquidation à une autre seulement « le temps d'acheter cinquante chemins don t dix .

Quand il raconte une campagne , décrit une bataille, explique une manœuvre , M, Thîers fait de sa plume habile tout un cours de stratégie : poètes et bourgeois, intelligents et imbéciles, tous suivent d'un œil avide le mou* vementdes armées, le cours des opérations, et voilà qu'ils connaissent l'art de la guerre !

C'est ici un champ de bataille aussi vaste que la plaine de Marengo ; c'est une lutte aussi habile , avec des marches , contre-marches, changements de position, la charge et la retraite, des morts et des blessés , un vainqueur, un vaincu. Et, pour faire un soldat, quinze jours suffisent chez nous ; un peu de mémoire, quelque attention, et vous voilà à l'école de bataillon. Toutes les opérations vous sont connues, les termes familiers , les manœuvres faciles.

Soyez sage maintenant , prudent ou téméraire; gardez du Lyon, écartez du Nord, achetez du 4 1/2, vendez du 3 0/0, c'est votre affaire. Vous savez comme on joue : tâchez de savoir comment on gagne.

§1- Opérations à Terme..

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