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A«s Arbitrai^eA,
L'arbitrage est une opération plus dange^ reuse que les opérations à prime, car la perte n'est nullement limitée ; moins dangereuse cepepdant qu'une opération pure et simple à la hausse ou à la baisse.
L'arbitrage consiste dans l'achat de certaines valeurs contre la vente de certaines autres. Il y a deux sortes d'arbitrages: l'un en hausse, et l'autre en baisse.
Si, croyant à la hausse, vous ne voulez pas cependant , acheter ferme , et que vous pensiez que telle valeur, d'après les renseignements que vous pouvez avoir, doit en cas de hausse, monter plus que telle autre, vous achetez une certaine quantité de cette valeur,
et vous vendez par contre une même quantité de telle autre valeur qui devra rester stationnaire ou ne prendre que fort peu de part à la hausse, et qui cependant^ en cas de baisse» suivrait le mouvement général, et contrebalancerait, ou, tout au moins, diminuerait la perte que vous éprouveriez sur votre achat.
C'est là un arbitrage à la hausse.
Dans un arbitrage à la baisse, vous vendez au contraire une valeur sujette à baisser, et vous achetez par contre une valeur peu variable, qui cependant suivrait un mouvement général en hausse, et vous couvrirait en tout ou en partie de votre perte.
L'arbitrage a cet avantage de pouvoir se prolonger longtemps, et sans autres frais que le courtage; car, étant acheteur et vendeur, si vous vous faites reporter d'un côté, de l'autre vous reportez , et vous pouvez même parfois trouver un bénéfice dans la différence des prix de report.
Pour que l'arbitrage puisse offrir quelque bénéfice, il faut ordinairement le faire sur un nombre assez considérable d'actions.
Il y a quelquefois des arbitrages qui vous font bénéficier et sur l'achat et sur la vente.
— 67 ~ <fest-a-dîre que la valeur que vous avez achetée monte, tandis que celle que vous avez Tendue vient à baisser; mais aussi il ne serait pas impossible que le contraire arrivât.
L'on fait assez souvent des arbitrages sur la rente. L'on achète dn 3 OfO pour vendre du 4. 1 [2, et réciproquement*
Gomme le 3 0[0 varie beaucoup plus que le A- i\2f pour faire un arbitrage en hausse » M faut acheter du 3 OjC et vendre du 4 1 [S ; et pour faire un arbitrage en baisse, il faut ven- <]re au contraire du 3 0[0 et acheter du 4 li2.
La vente et l'achat doivent se faire simultanément.
L'on indique ordinairement à son agent de change l'écart qui doit toujours exister entre l'achat et la vente. Les deux valeurs peuvent donc être achetées et vendues à différents cours, pourvu qu'il exilée toujours entre ces cours la même proportion.
Les arbitrages entre Paris et les Bourses de province, ou entre Paris et Londres^ offrent souvent à la Spéculation de brillants avantages ; c'est-à-dire que, selon les cours, l'on achète à Paris pour revendre à Lyon , par exemple; ou Ton vend à Paris pour racheter à Londres.
A Lyon, à Marseille et à Bordeaux , les affaires sont encore assez nombreuses pour permettre ces arbitrages, bien que dans une limite assez restreinte.
On fait aussi assez souvent des arbitrages avec Bruxelles.
A Londres , les affaires sur notre rente et sur nos chemins sont presque aussi nombreuses qu'à Paris même.
Grâce au télégraphe électrique, et surtout à la manière dont se font les opérations à la Bourse de Londres qui n'est point limitée dans sa durée comme la nôtre, les arbitrages sont assez faciles et fort avantageux entre Paris et la capitale de la Grande-Bretagne.
Tous les jours, à deux heures à peu près , arrivent les cours de Londres qui sont affichés à la Bourse, sous la responsabilité du commissaire, afin d'éviter les fausses nouvelles au sujet de ces cours qui influent beaucoup sur les nôtres.
C'est donc avec connaissance de cause que l'on peut se livrera ces arbitrages, mais ce ne sont guère que les banquiers qui, par leurs relations , peuvent profiter de ces différences entre les cours. Quant au petit spéculateur, comment voulez-vous que pour 25 ou 50
chemiDs, il puisse se mettre en relation avec un agent de change de Londres ou de Bruxelles qui ne saura ni ce qu'il est, ni ce qu'il vaut.