XX INTRODUCTION
Ce furent les célèbres conquistadores, qu'un de leurs descendants, José Maria de Hérédia, a chantés en strophes admirables :
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.
Us allaient conquérir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde Occidental.
Ces premiers colonisateurs de l'Amérique espagnole, soldats, missionnaires, fonctionnaires, aventuriers, hommes sans famille, s'emparèrent de tout un continent, découvert et conquis par eux au prix de fatigues inouïes. Ils se répartirent les terres, soumirent-les tribus indigènes, les réduisant dans leurs fameuses encomiendas au servilisme, ou expérimentant, comme par exemple dans les missions des Jésuites, les théories de ce collectivisme, que Ton dit aujourd'hui être une invention moderne. C'était une véritable féodalité qui surgissait dans le nouveau monde.
Si, d'un côté, les races indigènes furent initiées aux doctrines du catholicisme en échange de leur liberté et de leur indépendance, elles ne purent, par contre, recevoir de la part de leurs maîtres aucune instruction politique et conservèrent les habitudes de soumission et d'obéissance passive pour leurs chefs, qui constituaient leur unique tradition politique.
Donc, quand arriva le jour de l'émancipation et