INTRODUCTION XXV
atlantiques, ont seulement besoin du bras de l'homme pour se changer, avec un effort moindre et un coût plus bas que dans n'importe quelle autre partie du monde, en d'immenses champs de blé ou de maïs, ou en prairies de luzerne couvertes de troupeaux et pouvant offrir ainsi le pain et la viande en quantité suffisante pour alimenter l'Europe.
Il résulte de ceci que la production agricole de la , République Argentine est limitée seulement par le nombre de bras qui peuvent s'adonner à son exploitation, reproduisant ainsi le même phénomène qui a servi de base au développement des États-Unis.
Dans ces conditions, le progrès de la République Argentine est un fait forcé et fatal, que des circonstances extraordinaires peuvent temporairement retarder, mais que rien ne saurait arrêter définitivement, à moins de vouloir contenir le séculaire exode des nouveaux essaims de la ruche humaine, qui abandonnent les vieilles terres lasses de produire, pour rechercher les terres fertiles, vierges et désertes du globe.
Jusqu'à présent, cet exode s'est dirigé principalement vers les États-Unis, attiré par une multitude de circonstances favorables et spéciales. Mais le moment approche rapidement où cette terre du Nord- Amérique va se trouver à son tour saturée de population et ne pourra plus recevoir le courant qui la favorisait antérieurement. Les lois des États-Unis commencent à mettre à l'immigration des conditions chaque jour plus sévères et qui sont imposées par les deux grandes forces politiques : les classes sociales supérieures et les classes populaires.