‹ L'Argentine au 20e siècleChapitre 61 sur 94 · INDUSTRIE ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE ÉLECTRIQUE

Les tramways, le développement des lignes, leur outillage perfectionné, leur rendement. — Éclairage électrique, ses progrès. — Télégraphes. — Téléphones.

Tableau de ces industries pour Buenos Ayres d'après le dernier recensement, avec la valeur de leur production. -

L'industrie chimique. — Comparaison entre les HiilTrcs du recensement de 1904 et celui de 1895. — Léger propres réalisé,

La République Argentine, ainsi que noua l'avons expliqué à diverses reprises, n'est point encore entrée dans la phase industrielle. Tous ses capitaux, toutes ses initiatives s'appliquent à la mise en valeur du sol, et comme les résultats dépassent tout ce que la spé-

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culation la plus audacieuse peut entrevoir, elle n'a pas besoin pour l'instant, avec sa faible population, de se lancer dans l'inconnu en abordant le terrain industriel.

Au surplus, l'Argentine ne possédant pas jusqu'à présent des gisements de charbon ou de minerais de fer facilement exploitables et ne disposant que d'une main-d'œuvre peu abondante, ne saurait disperser son activité sur trop d'objets. Elle a intérêt à se limiter aux articles qu'elle peut produire à meilleur compte que l'étranger, mais non pas à développer artificiellement son industrie à l'abri d'un régime ultra-protectionniste. Ce serait finalement le consommateur qui payerait les frais de cette création d'une industrie nationale et aussi l'État qui serait frustré d'une part importante de ses droits de douane.

En d'autres termes, on peut se demander si l'Argentine, outre sa richesse agricole, doit prétendre, comme les États-Unis, à un grand avenir industriel.

A ceci, il n'est pas possible de répondre affirmativement, du moins dans l'état actuel de nos connaissances. Si riche que puisse être le sous-sol argentin, ce qui n'est pas encore absolument démontré, notamment pour le charbon ou le minerai de fer qui sont la base de toute industrie, il faut considérer que la plupart de ces gisements sont situés dans la région de la Cordillère, à 1 500 kilomètres de la mer, loin des voies de communications fluviales et, par conséquent, dans des conditions assez difficiles pour l'établissement de centres industriels. Ce que l'Argentine peut posséder à ce point de vue, comme richesse minière, est réparti sur une région de plusieurs milliers de kilomètres en étendue, sans présenter l'aspect de gisements continus, et sans pouvoir constituer de

véritables bassins. Toutes questions de douane mises à part et avec la baisse de plus en plus grande des frets, l'Argentine aura toujours meilleur compte à s'approvisionner à l'étranger pour tout ce qu'elle ne saurait produire économiquement, plutôt que de vouloir tout embrasser dans ses rêves de grandeur.

Il ne semble pas non plus qu'au point de vue de l'utilisation des forces motrices naturelles, il y ait à entrevoir un développement pouvant compenser, dans une certaine mesure, l'absence du combustible. Quelques chutes d'eau se trouvent dans la région de Côrdoba ou de Tucuman, mais la force qu'elles fournissent ne permet pas de fonder beaucoup d'espoir sur leur adaptation à de grandes industries. L'une des chutes les plus importantes est celle située en aval du Barrage San Roque, dans la Sierra de Côrdoba; elle appartient à la Société nord-américaine de (( Luz y Fuerza ». Cette société dispose d'une force d'environ 3 000 chevaux, qu'elle, emploie, d'une part, pour donner l'éclairage et la force motrice à la ville de Côrdoba, et, d'autre part, pour la production du carbure de calcium. Une autre usine, appartenant à la Société Molet, dispose, sur la même rivière, d'une force d'environ 7 à 800 chevaux qu'elle utilise pour la même fabrication.

On cite comme une merveille de la nature les chutes de riguazu, situées sur le haut Parana, à 365 kilomè très au dessus de Corrientés, aux confins du Brésil, du Paraguay et de l'Argentine. Ces chutes représentent paraît il, une force de trois fois plus importante que celles du Niagara; leur développement est de 3 700 mètres avec un déversoir de 65 mètres de hauteur. Malheureusement, cette cataracte est située sur les confins du territoire, dans une région de forêts

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difficilement accessible et il s'écoulera vraisemblablement bien des années avant que Ton puisse tirer pratiquement profit de cette immense richesse naturelle.

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