A TRACTION ÉLECTRIQUE
(piast. pap.)
1. Les tramways électriques ont commencé à être mis en service en 1898 et se développent par étapes, au fur et à mesure de la transformation des lignes à traction animale.
Ce sont là des chiffres qui viennent confirmer tout ce que nous avons dit sur l'énorme développement de la capitale de l'Argentine et sur son activité commerciale.
Éclairage. — Pour l'éclairage, Buenos Ayres ne s'est pas attardé longtemps aux anciens procédés;
c'est aujourd'hui l'électricité qui est en faveur pour Téclairage public ou privé. La canalisation du gaz est actuellement de 1 163 kilomètres, tandis que l'électricité disposé déjà de 376 kilomètres de câbles.
On estime à plus de 9 millions de piastres or le capital des Sociétés d'électricité et leur puissance à 30 905 chevaux de force. La principale entreprise est aux mains d'une société dénommée la Compagnie Allemande d'électricité, au capital de 9 250 000 piastres or, qui a déjà englobé les deux sociétés existant précédemment. Son matériel a été fourni par la grande usine Siemens Halske, qui occupe le premier rang en Allemagne pour ce genre d'industrie.
Télégraphes. — Un autre indice des progrès de la République Argentine est l'extension continue de son réseau télégraphique. Les lignes nationales, provinciales ou particulières représentent aujourd'hui une étendue de 50267 kilomètres, dont 24356 appartiennent à l'État; il y a vingt ans, c'est à peine si l'étendue des lignes atteignait la moitié de ce chiffre.
Quant aux communications avec l'extérieur, elles sont assurées par deux compagnies étrangères qui possèdent, l'une le câble via Galveston (États-Unis), l'autre le câble via Madère. La communication entre Buenos-Ayres et Londres est établie actuellement en quarante-cinq minutes environ, alors que la moyenne était encore de cinq heures il y a quelques années.
Téléphones. — Le téléphone fonctionne également dans la capitale ainsi que dans les principales villes, Rosario, Côrdoba, Santa Fé, Tucuman, Mendoza, etc. Buenos Ayres communique avec Montevideo (200 kilomètres) et Rosario (305 kilomètres), et bientôt même
248 L'ARGENTINE AU XX e SIÈCLE
avec Bahia Blanca (704 kilomètres). Les deux compagnies « Union Téléphonique du Rio de la Plata h et « Coopérative Téléphonique », qui fonctionnent à Buenos-Ayres, représentent un capital de 2 772000 piastres or et 661 400 piastres papier, respectivement. Tous ces faits, que nous ne faisons que signaler en passant, indiquent que l'Argentine s'est assimilé tous les progrès industriels, jusque dans leurs derniers perfectionnements. Nous pouvons même indiquer, comme preuve de cet esprit progressiste, que des essais de télégraphie sans fil sont actuellement faits, afin de communiquer à longue distance avec les paquebots arrivant ou partant de Buenos Ayres.
Suivant le dernier recensement effectué dans la ville de Buenos Ayres, le 18 septembre 1904, sous la direction de M. Albert B. Martinez, — et dont les résultats n'ont pas encore été publiés, — il existait 8 877 établissements industriels, s'adonnant à la fabrication d'articles divers. Leur capital et la valeur de leur production, ainsi que le nombre des ouvriers et la puissance des moteurs, sont exprimés par les chiffres de la page suivante.
On voit que ce sont les industries de l'alimentation, du vêtement et de la toilette qui absorbent la partie la plus importante du capital industriel total, car elles figurent toutes deux avec le chiffre de 16 millions de piastres ou 16 p. 100 de la somme globale. L'industrie dès tissus, cuirs et peaux occupe le second rang avec 14 millions de piastres ou 14 p. 100 du total. Celles qui ont pour objet les métaux et leurs annexes occupent la troisième place avec 13 militons de piastres.