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LA PROPRIETE, ET LA GESTION DU CAPITAL FORESTIER

Utilisé comme combustible, le bois de toute provenance constitue déjà un capital appréciable. Mais lorsque les chênes de la futaie fournissent à l'artisan ou à l'industriel une matière première remarquable, sa valeur s'en trouve considérablement augmentée. Pour que ce capital soit rentable, encore faut-il que les réserves réputées inépuisables soient convenablement gérées, que le propriétaire veille à leur renouvellement, à la qualité des essences.

Les surfaces boisées actuelles, qui assurent seules une certaine plusvalue aux terres deshéritées de la gaize, ne traduisent que très imparfaitement l'extension des forêts primitives. On sait peu de choses du rôle qu'ont joué, à l'origine, les masses denses, coupées de marécages et de tourbières, qui virent les premières installations humaines occuper le rebord des plateaux dominant les vallées principales. Si les Gallo-Romains y avaient établi leurs poteries et leurs verreries, puisant dans le bois voisin pour alimenter les arts du feu, il faut attendre le moyen âge pour assister à la scission entre le groupe central et ceux de Mazarin au nord, de Belval au sud. Les abbayes ont pratiqué des défrichements massifs, tout en favorisant la réunion d'immenses domaines d'un seul tenant. Avec le XVI siècle, la propriété monastique, partagée désormais

entre le moine, le seigneur et la commune naissonte, commence à s'émietter. Après plusieurs générations, on aboutira au morcellement moderne. .

Déjà sérieusement entamés dans leur superficie, les bois Dentout encore de leur valeur propre : manque de surveillance dans l'exerice du droit de coupe, demande exagérée de combustible par les industries du Val de Biesme ou de l'Aire. Pour parer à un appauvrissement général des futaies, une réglementation s' impose. Entreprise de bonne heure, elle ne deviendra

réellement efficace qu'à la fin du siècle dernier. r De nombreuses parcelles livrées à l'agriculture sont retournées à la forêt. La soumission de plus en plus étroite au régime forestier, la saine gestion des coupes, le repeuplement et la sélection des essences, l'acquisition par l'Etat de districts isolés en vue du regroupement des bois domaniaux, telles sont les bases de la politique récente suivie à l'égard des bois d'Argonne.

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