LE BOIS DE FEU
Fournir du combustible pour satisfaire à ses besoïins propres et pour entretenir dans la mesure du possible un commerce profitable avec l'extérieur, telle est la principale destination et la plus importante en quantité que l'Argonne réserve aux produits de ses taillis et de sa futaie.
En 1912, Daubrée estime que les quatre cantons forestiers par excellence, Sainte-Menehould et Clermont, le Chesne et Grandpré, livrent en bois de feu les trois-quarts de leur production totale. Dans le détail, les pourcentages varient suivant les lieux, le mode de propriété, les traitements sylvesires, la répartition des acquéreurs :
A l'exception du secteur de Grandpré où leur superficie est d'ailleurs minime les districts domaniaux, Lisle comprise, donnent proportionnellement moins de büûches, de rondins et charbonnette que les deux autres catégories de propriétaires. Ils doivent cette situation aux rotations plus longues des taillis, au régime de la futaie claire qui favorise les essences destinées à l'œuvre. En revanche, les forêts communales où particulières affectent au chauffage 80 à 85 % de leurs coupes, avec un maximum de 9 pieds abattus sur 10 dans les bois des Princes, de Florent et de Belnoue. |
Les statistiques portant sur les cantons du Chesne et de Vouziers, ne lui accordent déjà plus, quel que soit le possesseur, une place aussi exclusive. Deux faits expliquent que le taux moyen s'abaïisse ici aux environs de 65 %: *
— Entre 1875 et 1910, diverses sociétés ont acquis, à Boux, sur les biens privés, d'assez vastes étendues boisées, d'où elles retirent, pour les exporter, les grumes, les écorces dures.
— Durant la même période, la plus forte partie de la consommation régionale est. absorbée par les ateliers de la tuile, les fonderies, les verreries,: aux Îslettes, l'une de ces dernières exigera annuellement et iusqu'en 1935, plusieurs milliers de mètres cubes de combustible, chaque fonderie, des cubages supérieurs encore (1). Presque tous localisés dans les vallées de l'Aire ou de la Biesme, ces établissement pourvoient à leur approvisionnement en puisant dans les futaies voisines ét en forêt de Belval où ils possèdent des intérêts immédiats.
Il est donc compréhensible qu'en 1912 on utilise moins de bois de feu
(1) Jusqu'en 1914.
à Quatre-Champs qu'aux Islettes ou à Apremont, le taux anormalement bas du canton de Clermont coresspondant aux futaies claires de Beauchamp, à la hêtraie du Claon. |