‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 112 sur 162 · GRUMES TRAITEES SUR PLACE · texte numérisé non relu

GRUMES TRAITEES SUR PLACE

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sciage premier ébenisterie de détail usinage FAN (charronnage, etc.) rcauite finis) 50 % des fûts 15 % 35 %

Scieries. — La seule amélioration notable, essentielle d'ailleurs, car le rendement est passé du simple au double, consiste en l'emploi de scies rotatives ou à rubans, mues par un moteur électrique, pour le découpage de planches de toutes dimensions et de traverses sommairement taillées: les lattes, le charbon de bois et le bois rôpé pour gazogènes absorbent les chutes. Parmi les essences traitées, le chêne arrive au premier rang — 50 à 95 % selon les cas — le hêtre au second — 3 à 40 % — les résineux, au troisième. Les méthodes de séchage demeurent, sauf exception, rudimentaires : on procède par empilage, donnant à la longue des débits ressués.

Sur la carte, ces scieries, presque toutes fixes, apparaissent éparpiliées, avec toutefois une tendance à la concentration autour des voies ferrées de Châlons à Metz et de Paris à Strasbourg. Celle-ci s'était opérée entre 1920 et 1930.

Depuis lors se dessine un mouvement de décentralisation, favorisé par les progrès de la circulation routière. .

Des moyens limités, un pérsonnel réduit à cinq ou six ouvriers, rarement plus, des locaux fort souvent exigus et trop vieux, on conçoit que le pouvoir producteur de ces petits chantiers reste faible. Ils se contentent d'appro: visionner, par priorité, les vallages d'Argonne. Les plus importants expédient toutefois leurs excédents, les uns — Laheycourt, Sommeille, Revigny, Villers-

aux-Venis, Mussey — vers le Barrois, Commercy et Paris; les autres — Sainte-Menehould, Verrières, les Islettes, Dombasle, Autry, Grandpré, Vouziers, Ballay, Le Chesne Populeux — —tantôt vers la Champagne

crayeuse, Châlons, Rethel et Reims, tantôt vers la Meuse de Verdun, Stenay, Sedan ou Charleville.

Ebénisterie de détail. — Successeurs des artisans. de jadis, quelques charrons, tourneurs et menuisiers de village ou de bourg recoivent les commandes des agriculteurs et des exploitants forestiers locaux, leur procurant des manches d'outils, des tombereaux, des voitures fourragères, des charriots, des prolonges à bois et des chèvres pour le débardage. Mentionnons encore: le montage des jouets à Vienne-le-Château, celui des cageots à fruits à Beauzée, Le Chôâtelier, Aubréville et Grandpré, une

fabrique de machines agricoles — batteuses, semoirs — à Givry, une autre — faneuses — à Sainte-Menehould; elles occupent, à elles deux, une trentaine d'ouvriers.

Usines. — Elles sortent du cadre étroit où se confinent les précédentes

catégories d'ateliers. Certaines d'entre elles sont susceptibles de rivaliser, dans une large mesure, avec les entreprises de l'est de la France.

— Le groupe de la vallée de l'Ornaïin : Sommeille-Nettancourt, Pargnysur-Saulx, Sermaïze, Revigny, Mussey, Bar-le-Duc, s'est spécialisé, à proximité des débouchés ferroviaires, dans lé parquet et la traverse de chemin de fer. Il n'est qu'à demi argonnais, parce que situé à la périphérie des forêts du Bas-Pays, au nord, du Der et du Perthois, au sud.

— Sainte-Menehould et Vouziers, avec la charpente (plus de soixante ouvriers en deux établissements) passent, à l'occasion, des contrats soit à Vitry-le-François et Châlons, soit à Rethel et à Sedan.

— Aux Islettes, la Société Industrielle des Bois de l'Argonne, de création toute récente (1945), a pris un essor remarquable; premier pas vers de nouvelles réalisations, elle occupe, à des activités multiples, cent cinquante personnes environ. L'installation et l'outillage dénotent une technique avancée: l'électrification est totale; les sciures et les chutes sont, au maximum, récupérées et brûlées. Le sciage s'effectue par chariots ou scies à ruban de grande capacité. Le séchage, après ressuage à l'air libre, s'opère par fours sur fosses très homogènes, réalisant aussi une sensible économie de courantforce. La manutention intérieure se fait par rails, palans et wagonnets, ce qui permet de gros débits quotidiens. Les essences ouvrées comportent

60 % de chêne, 10 % de hêtre et 30 % de résineux divers, actuellement importés d'Allemagne. Le rendement, en 1946, atteignait déjà 8 à 10.000 m° annuels, soit 25 à 35 m° par jour de travail. La société écoule, par voie ferrée et camions, toutes sortes de produits: planches et lattes, lames et carreaux à parquets, bois de glissement de mines, menuiserie préfabriquée, meubles massifs décorés ou ouvragés. Sa clientèle fixe, forges et aciéries du bassin de Briey notamment, absorbe près des quatre-cinquièmes de la production

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