‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 113 sur 162 · VALEUR ECONOMIQUE DES BOIS · texte numérisé non relu

VALEUR ECONOMIQUE DES BOIS

Quelles conclusions porter sur les étapes qui nous ont conduit de la forêt naturelle, à l'aurore des temps historiques, aux objets manufacturés du XX’ siècle ?

Le capital, c'est-à-dire l'arbre sur pied, demeure une rente incontestable, même après les saignées exagérées du passé, du XIX° siècle et des deux dernières guerres. Aujourd'hui, une stricte réglementation des réserves de haute futaie, appliquée par l'administration des Eaux et Forêts et volontairement observée par les particuliers encore libres de leurs coupes, évitera seule le retour de délabrements encore mal résorbés.

Céramistes gallo-romains, souffleurs de verre et tuiliers du Moyen-Âge, ateliers et usines des temps modernes: fonderies, forges, briqueteries, verreries ont absorbé d'énormes quantités de bois jusqu'en 1920. L'électricité a, depuis lors, libéré chênes et hêtres d'un lourd tribut. On a heureusement renoncé à leur emploi comme combustible industriel et cette décharge devrait permettre à l'Argonne d'atteindre un juste équilibre dans sa gestion, à condition que celle-ci soit raisonnable. D'ores et déjà, la contrée dispose d'un excédent de stères qu'elle exporte régulièrement.

Reconstruite sur les ruines d'un vieil artisanat à l'issue d'une période critique durant laquelle presque toutes les grumes étaient envoyées au dehors, la jeune industrie du bois débite, façonne et usine sur place une bonne partie des meilleurs fûts. Elle revalorise ainsi, sur le plan de l'intérêt régional, le capital permanent, tout en assurant le maïntien des bûcherons et d'une population ouvrière réadaptée.

L'Argonne semble avoir franchi un cap difficile; elle doit pouvoir compter sur sa forêt, même incomplètement restaurée.

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