CURE
Figure 24 : tableau II.
Si nous examinons le cas des communes du val de l'Aire, la diminution joue ici simultanément sur les tables calcaires où les friches augmentent de moitié et sur les-affleurements albiens (argile et sables verts) de la vallée. Les cultures ne persisteront que sur les limons argileux des plateaux ou sur ceux qui bordent la route Chaumont- Varennes-Grandpré. Il est compréhensible qu'en aval de Varennes, à Chôâtel-Chéhéry et à Saint-Juvin
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elles aient, avec les terrasses un peu plus fertiles, moins régressé qu'à Rarécourt ou à Froidos. Finalement, dans les quatre cantons considérés : Triaucourt, Clermont, Varennes et Grandpré, les labours ne figurent plus sur les registres que pour 1/3 du cadastre, leur recul ayant été, en moyenne, de 50 % entre 1900 et 1920, de 10 % entre 1920 et 1940.
Collines du vallage de l'Aisne. — Devant les pertes subies par les cultures, celles-ci prennent figure d'une zone où se groupe l'agriculture actuelle. Certes, les prairies ont pris, surtout depuis 1900, quelque extension à son détriment, se réservant les sols les moins productifs: alluvions gréveuses, cailloutis de Monthiers et du Châtelier, argile rouge compacte avec sources à bouillons de Braux-Saint-Remy et d'Elise. Néanmoins, la plupart des communes du vallage retournent encore près de la moitié de leurs terres : Villers-en-Argonne, 48 % — 58 en 1850 — Daucourt, 45 % — 65 à la même date. Dans le Vouziérois, les taux seraient parmi les plus forts de toute l'Argonne : vingt villages ont conservé en cultures 50 à 55 % de leur territoire.
Deux remarques cependant :
— La première a trait aux plaines d'inondation de l'Aisne et de ses affluents de la rive gauche. Il y a un siècle, les fonds de l'Ante et de l'Auve par exemple, étaient livrés aux cultures maraîchères entrecoupées le quelques emblavures, d'oseraies, de chanvrières. Aujourd'hui, la lande marécageuse à ajoncs a de nouveau envahi la vallée basse que l'on a plantée de peupliers. Sur les rives de l'Aisne, les herbages se succèdeni presque sans interruption.
. — La seconde porte sur la « zone rouge » où l'on s'est nettement orienté vers l'élevage, au lendemaïn de la guerre de 1914-1918. À Servon-Melzicourt, en 1850: 1478 ha cultivés: en 1914: 1388; en 1924: 857, soit une réduction de 40 % qui s'est opérée rapidement, même sur les limons argileux, au. profit de la prairie.
Héritiers et continuateurs de l'œuvre accomplie par les abbayes et les communes naïissantes, les exploitants modernes ont réussi à faire, des terres franches, le point de concentration de l'agriculture présente.