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LE TROUPEAU DE BOVINS ETAT ET DENOMBREMENT

Plus de vingt têtes de bétail par kilomètre carré. — Dans le seul arrondissement de Saïinte-Menehould, il y en avait en 1946 près de 15.000 vaches laitières, bœufs, taureaux et élèves, se répartissant comme suit :

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— communes des bordures crayeuses et de la craie ........ 5.100 — — des pidteour \gutenxs. ee den eu 1.758 — —- du val de l'Aisne et du Bas-Pays ............ 8.050

Nombreuses dans cette circonscription qui déborde sur la Champagne, les bêtes à cornes le sont aussi dans le reste de l'Argonne proprement dite : 3.000 par exemple autour de Sommeille-Nettancourt, plus encore au confluent de l'Aire et de l'Aisne, entre Saïnt-Juvin et Challerange: au total, dans l'ensemble de la région se trouvent rassemblés plus de 32.000 bovins. L'importance du troupeau ressort également de l'évaluation des densités par zones, plus significatives que les chiffres absolus qui risquent de fausser les idées, car ils ne font pas toujours entrer en ligne de cause les conditions favorables à l'élevage ou non.

secteurs | Sainte-Menehould - Vouziers Varennes

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Bordures crayeuses Pays de Triaucourt Plateaux gaizeux (ouest) Val de l'Aisne Plateaux de la Fournelle Val de l'Aisne Bordures crayeuses Plateaux gaizeux (est) Val de l'Aire Confins lbanes

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densités

À ne considérer que les seules moyennes, la place tenue par l'Argonne dans le cheptel français ne serait que secondaire, puisque la densité pour la France entière est de l'ordre de 30 têtes par km’. En réalité, il convient de distinguer trois divisions noturelles, entre lesquelles apparaissent de sérieuses différences : les bordures champenoises et lorraines, les vallages et leurs abords, les districts forestiers enfin.

— Les communes de la craie ont, à quelques exceptions près, les indices les plus faibles. À l'arrière des talus de Valmy et de Bourcq ou sur leur front, les parcelles cultivées prédominent. Le paysan ne dispose que de rares pâturages peu étendus, limités aux fonds des vallées des affluents de l'Aisne, Auve, Tourbe, Alin par exemple, et entrecoupés de plantations de peupliers. Ailleurs, dans les plaines de Suippes et de Sainte-Marie à Py, des parcs ont bien été aménagés à la périphérie des villages ou autour des grosses fermes isolées, mais les adductions d'eau rendues nécessaires par la nature perméable des sols se sont révélées coûteuses. On remédie à cet inconvénient en pratiquant la culture des plantes fourragères, ce qui permet de laisser une partie des bovins séjourner plus longtemps à l'étable. Mais ici, où rien ne prédispose à un élevage intensif, le bétail est clairsemé. Il en est de même, dans une certaine mesure, pour les plateaux calcaires arides de Lavoye, de Montfaucon et de Buzancy.

— La densité augmente rapidement et vient à dépasser presque partout celle de la France, lorsque l'on pénètre, au sud de l'Argonne, dans le Bas- Pays de Givry et de Triaucourt. Sur les grasses prairies de l'albien comme sur celles des alluvions modernes ou anciennes de la Chée, de la Vière, de l'Ante et surtout de l'Aisne naïsante, elle atteint désormais des taux beaucoup plus élevés, supérieurs en tous cas à ceux des confins crayeux

où la moyenne n'était que de 17 et le maximum de 30 à Gratreuil. Dans les herbages de Sommeille, de Noyer-le-Val et de Laheycourt sont concentrées, à proximité d'une coopérative laitière, plus de 50 têtes par unité de surface., Au pied des corniches gaizeuses, ‘entre Triaucourt, Waly et Elise, elles ne sont guère moins denses. Citons : Passavant, 56 — La Chemin, 45 — Villers, 42 — Eclaires, 38. Si nous suivons le cours de l'Aisne vers l'aval, cette zone privilégiée se prolonge, étalée sur une bande de 5 à 12 km de largeur, avec Verrières, 42 — Vienne-la-Ville, 48 — Lançon et Grandham, 56. Mais la répartition des bêtes à cornes n'est plus déjà aussi uniforme; ainsi: Sainte- Menehould, 10 — Autry, 21 — Servon-Melzicourt, 19. S'il existe maintenant des écarts appréciable d'une commune à l'autre, cela ne veut pas dire que le troupeau, fort de 525 têtes à Sainte-Menehould et de 220 à Servon, soit moins important que dans les villages voisins, loin de là. Les inégalités proviennent de la place qui lui est réservée dans l'économie et de la disproportion évidente entre les territoires communaux. À Lançon et à Verrières, les pâturages couvrent, de part et d'autre de l'Aisne, les trois-quarts, voire la quasi-totalité des sols, les activités pastorales y sont prépondérantes. En revanche, la plupart des autres localités ont des terres plus vastes et plus variées, situées à cheval sur la rivière (prairies), sur les collines du vallage crayeux (cultures), sur les coteaux argilo-limoneux encadrant la vallée (cultures, prairies, vergers), et sur les plateaux gaizeux (forêts). Ceci explique la variation des densités du simple au quadruple selon les lieux. Néanmoins, la moyenne est encore comprise entre 20 et 30, grâce en particulier à la région de Grandpré, Senuc, Challerange et Savigny qui, par ses indices — 40 à 50 — s'apparente au pays de Triaucourt; vers Vouziers, même approximation, le domaine de l'élevage, toujours*centré sur l'Aisne — 40 — s'étendant aussi bien aux plaines de Monthois et d'Attigny — 35 — qu'aux clairières des Alleux, de Maison-Rouge, du Chesne-Populeux et de La Croix-aux-Bois — 23. Le cas de la vallée de l'Aire, en amont de Grandpré, est en tous points semblable à celui de l'Aisne. Notons à titre d'exemple : Châtel-Chéhéry, 20 — Aubréville, 38 — Froidos, Lavoye et Nubécourt, 30. :

— De Futeau à Vienne-la-Ville, les prairies se succèdent presque sans interruption, échelonnées d'abord à l'est de la Biesme puis, à partir de la Harazée, sur les deux rives de ce cours d'eau. Elles sont maintenant, avec la forêt, un des éléments fondamentaux des paysages animés, de mai à octobre, par la sortie et la rentrée du troupeau. Ici, cependant, les indices peuvent passer sans transition d'un extrême à l'autre. Ou bien le territoire communal exigu ne comporte que quelques hectares boisés, alors ils demeurent supérieurs à 30: Futeau et le Neufour, 60 — Le Claon, 50 — Les Islettes, 32; ou bien les pâtures n'occupent qu'une très petite partie des sols, ici un dixième, là un vingtième, alors, ils s'effondrent : Florent, 8 — Vienne-le-Château, 5 — La Chalade, 2. Entre Saint-Rouin et l'Aire, un minimum : Beaulieu, 0,5.

Les densités absolues, telles que nous les avons calculées jusqu'à présent, en prenant pour bases les surfaces totales, expriment assez fidèlement l'importance qu'il convient d'accorder au cheptel des vallages de l'Argonne. En revanche, pour traduire sa valeur exacte dès que l'on s'approche des limites de la forêt ou que l'on en franchit les lisières, il faut surtout mettre en évidence les surfaces réellement utiles, exploitables, celles sur lesquelles peut paître le bétail pendant les six mois de la bonne saison, celles qui fournissent une abondante provende et des réserves pour l'hiver. Si nous déduisons donc les superficies considérables abandonnées à l'arbie non seulement en val de Biesme, maïs encore partout où elles se trouvent en majorité — ceci concerne avant tout les plateaux gaizeux au centre, les secteurs de Belval, de Belnoue et des Argonnelles au sud de l'Argonne —

A — Densité des bovins dans le centre et le sud de l'Argonne, année 1946 (arrondissement de Ste-Menehould ; cantons de Triaucourt et de Clermont, partiellement). Un point représente une tête de bétail par km°

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