‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 34 sur 162 · MATE · texte numérisé non relu

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azoïques. La structure en est grossière et le ciment, siliceux. De place en place, on rencontre encore quelques grès du même type, armés en leur centre d'un noyau lourd et compact autour duquel gravitent des grains peu roulés, mais aisément détachables;

— blancs ou grisôtres, plus résistants et d'un poids spécifique plus élevé, tels se présentent les grès de Pologne (2 à 30 kg), aux facettes cabossées. Extérieurement : des alvéoles comblées par des sables gaizeux; interieurement : de multiples vacuoles remplies de sidérolithique aux concrétions de teinte rouille;

— une gangue argilo-gaizeuse enrobe quelques galets roulés de 5 à . 15 cm de diamètre. Leurs tissus serrés, blancs ou gris-bleu, sont sillonnés de veines quartzeuses régulièrement disposées. Ces grès de La Thibeaudette — le nom est celui d'une ferme proche des Islettes — portent ici les traces d'une longue usure; À ;

— quatrième espèce visible à Pologne, près de la route de Saint-Rouin : un quartzite-grès apparenté à celui que nous retrouverons constamment dans le bassin de l'Aire, se reconnaît à son profil contourné, à ses coloris très vifs, roux et brun-rouge, aux zébrures filiformes de quartz enfin qui le bariolent en tous sens. :

Les QUARTZ blancs-laiteux, ovoïdes et polis par un fort roulement, sont, au même titre que les grès avec lesquels ils cohabitent à l'état libre, une des caractéristiques fondamentales du dépôt. S'il est exceptionnel de recueillir des amandes du poids d'une livre et plus, les éléments fins dominent. La fréquence de ces cailloutis, dont la section n'excède pas 1 à 5 cm, doit être tenue pour un fait d'ordre général.

La composition du gisement se modifie sensiblement au fur et à mesure que l'on s'avance dans la vallée moyenne. Entre les courbes de niveau 200 et 235 disparaissent progressivement trois des variétés contenues dans les lits voisins du confluent. Les quartz se raréfiant à leur tour, seul subsiste l'horizon gréseux de Châtrices. Groupés en chapelets de quinze à vingtcinq et toujours placés à la base du remblaiement, ses blocs d'un demi à un quart de mètre cube obstruent parfois le cours du ruisseau.

À la cote 230, un CONGLOMERAT de moindres dimensions (0,20 X 0,10 X 0,05 m) est logé dans une cavité de l'encoche. Une pâte brune réunissant des sables grossiers et des débris anguleux sertit, en un solide bien cimenté, des quartz ovoïides et des petits grès de Châtrices. Sur les faces rugueuses de cette pierre non roulée, mais défà partiellement désagrégée, sont plaquées des taches vertes, rouges et violettes. L'existence de telles brèches — il ne s'agit pas d'un exemplaire unique dans la région — est d'une impor- ’ tance capitale puisqu'elle suppose de profonds remaniements de certaines formations siliceuses de l'Argonne.

De l'altitude des sources (235 m) à celle des festons du plateau de la Guillemine (250 m), la haute vallée sèche présente une suite de trous d'extraction indiquant l'emplacement occupé jadis par des grès plus volumineux encore que ceux des autres parties du ravin. Descellés à l'aide de la barre à mine puis transportés à quelques kilomètres de là, ils furent taillés et utilisés par les moines de Beaulieu lors de l'édification de leur abbaye. Sur les bas-côtés de l'unique rue du village comme au milieu des champs environnants, on peut voir de gros blocs de Châtrices, paraissant intacts, non roulés et percés de quelques alvéoles superficielles. Il n'est malheureusement plus possible d'en fixer la provenance précise. Alignés au nombre de vingt environ de part et d'autre du thalweg et sur toute la longueur de ce dernier, les anciens logements circulaires de Pologne sont à demi comblés par des éboulis gaizeux, rognons ou graviers arrachés aux

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