Grès de Pologne à sidérolithique
Les échantillons connus sont toujours rares, isolés et disséminés dans la partie gaizeuse ou anciennement gaizeuse de l'Argonne, à l'exception du Vouziérois. Ils se situent surtout sous les remblaiements de Pologne et de Beauchamp, c'est-à-dire au fond des vallons où ils ne peuvent être considérés comme en place. Mais ils ont aussi accès aux plateaux de Lavoye,
non loin des crêtes du portlandien.
Ce sont des grès très durs dont la taille n'excède jamais celle d'une
brique. Leur poids spécifique se range parmi les plus élevés. Extérieurement,
ils se présentent comme des blocs contournés aux arêtes tantôt vives, tantôt cannelées, qui pourraient avoir été burinées par les vents (1). Meuliérisées à la périphérie où abondent en outre des alvéoles semi-circulaires de 5 à 8 mm de diamètre et remplies, selon le substratum, de sables gaizeux ou d'argile rouge, ces roches ne sont pas homogènes : des veines ferrugineuses de teinte rouille, voire même de petits noyaux, colorent souvent une masse blanchâtre et compacte de grains de quartz clastique que cimente intimement une pâte amorphe exclusivement siliceuse:; plusieurs d'entre elles renferment, en leur centre, des poches contenant du sidérolithique. Ces vacuoles à demi comblées et dont la section moyenne mesure de 1,5 à 4 mm on la forme soit d'une virgule, soit d'un tronc de cône.
Nous pourrions avoir affaire ici à de vieux produits éluviaux remaniés, à des facies continentaux comparables à ceux qui ont été signalés aux abords des massifs anciens et, notamment, de l'Ardenne voisine (2). Leur origine: une consolidation à partir de matériaux grossiers provenant de séries siliceuses plus anciennes, lavées et partiellement décomposées en arênes sableuses par le ruissellement; leur âge: indéterminé, car il peut être oligocène, éocène ou même plus récent encore. Retenons provisoirement ces hypothèses.