‹ L'Argonne et ses borduresChapitre 66 sur 162 · LE BAS-PAYS ENTRE AISNE ET ORNAIN · texte numérisé non relu

LE BAS-PAYS ENTRE AISNE ET ORNAIN

La région des sources de l'Aisne possède sans contredit une certaine unité physique. Celle-ci provient autant de la nature des roches — séries tendres de l'infracrétacique souvent voilées par les alluvions anciennes recouvertes d'argile —, de l'absence totale de reliefs — peu de contrastes entre les collines mollement ondulées et les vallons marécageux —, que de l'indécision même du drainage dans la « trouée » de Triaucourt, dans les grands bois de Belval ou des Argonnelles, et enfin dans les plaines de Revigny.

Les bordures méridionales de l'Argonne ont des limites précises: au nord, où le massif des gaizes se termine brutalement; à l'est, où les tables calcaires se relèvent en direction de l'Aire;: à l'ouest, où le talus des craies paraït mieux dessiné qu'à Valmy. Vers le sud, en revanche, aucun accident de terrain notable ne permet de distinguer l'un de l'autre les bassins de l'Aisne et de l'Ornain. Un bombement anticlinal coupe bien par le travers la subsidence de Givry, mais il a été, au début de l'ère quaternaire, enseveli sous les nappes à graviers. On conçoit aisément que, dans ce « Barrois Mouvant » surveillé à l'horizon par la Tour de l'Horloge de Bar-le-Duc, la formation du réseau hydrographique : sens des écoulements à l'origine, systèmes de captures et partages finaux, ait fait l'objet de plusieurs interprétations contradictoires.

Page 1