L'AIRE ET LES PLATEAUX CALCAIRES DE MONTFAUCON-D'ARGONNE
Avec l'Aire, nous abordons les limites orientales du massif gaizeux d'Argonne. Sur la rive gauche de ce cours d'eau, les facies de la pierremorte et du verlancier cessent en effet d'imprimer au modelé les formes massives des tables inclinées, ciselées de gorges profondes. Ici, la futaie
dense et continue subit un temps d'arrêt.
Du haut du belvédère de Sainte-Anne qui surveille le défilé de Clermont, la vue s'étend vers l'est sur les plateaux calcaires dont la surface monte en direction de la Meuse, sur le groupe des buttes de la Forêt de Hesse et, dans le lointain, sur la Tour de Montfaucon, autre observatoire jalonnant l'ancien front des qaizes. Au premier plan, l'Aire, rivière aussi rapide que l'Aisne est lente, ses terrasses couvertes de prairies et de terres labourées. |
Quittant Sainte-Anne pour Varennes et traversant le pont de Neuvilly, suivons la route nationale de Verdun à Vouziers. A l'ouest, une côte au profil alourdi, émoussé, une corniche précédée de petites croupes sur lesquelles étaient autrefois perchés les châteaux forts de Châtel et de Cornay. Mais, aux environs de Saint-Juvin, la physionomie d'ensemble n'est plus la même : les crêtes s'abaissent, l'Aire s'engouffre dans un goulet et s'enfuit vers l'Aisne de Senuc. La Bar supérieure coule de son côté vers ‘le nord dans un vaste champ d'alluvions. Aux portes du défilé de Grandpré, nous touchons un point sensible de l'histoire du partage hydrographique des bassins de la Meuse et de la Seine: la dissociation du système Aire-Bor- Agron et la capture de Saint-Juvin, décrite par Davis dès 1895.