UNE LENTILLE PRINCIPALE ET QUELQUES LAMBEAUX
La place exacte des qgaizes se circonscrit désormais dans les séries infracrétaciques entre les argiles noirûtres qui couronnent le gault et les sables verts supérieurs. Mais la transition lente des facies d'encadrement laisse à penser que les problèmes posés par la stratigraphie sont loin d'être résolus. Avant toute préoccupation de date et d'origine, ils nous incitent à préciser la physionomie particulière des gaizes à l'intérieur de leur domaine. :
__ En quittant la Champagne crayeuse nous pressentions déjà, du haut des talus de Valmy, un changement radical dans les paysages :
— au delà d'un bocage aux collines moutonnées se développe un plateau uniformément revêtu d'un manteau forestier vert sombre et coupé de rares encoches par lesquelles s'échappent les affluents de la rive orientale de l'Aisne; ;
— même impression, les reliefs en plus, sur la côte face à la Lorraine où la puissance des nouvelles assises dépasse partout 40 mètres, sur la corniche latérale où la roche s'arrête brutalement devant le bas-pays argileux de Triaucourt;
— à la surface des plans inclinés les routes nationales ne montent que très lentement en direction de Clermont, donnant ainsi une idée inexacte des dénivellations réelles. Dès que l'on s'écarte de ces chemins faciles, il. arrive de rencontrer toute une suite de profondes vallées aux versants couverts de chênes et dont l'encaissement maximum atteint 100 mètres dans les gorges les plus accusées:
— détaché fort en avant des frontons de l'Aire, le bourg neuf de Montfaucon est bôti sur les flancs d'un piton au sommet gaïzeux, tandis que des pointements de cette roche figurent encore à Vroïl sur la carte des dépôts de la rive droite de l'Ornain.
Nous définirons donc le domaine de la pierre d'Argonne comme formé essentiellement d'une lentille principale qu'agrémentent vers l'est des lambeaux témoins essaimés jusqu'à la Meuse et que prolonge vers le sud un frêle pédoncule.