‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 13 sur 81 · I. Jargon · texte numérisé non relu

I. Jargon

Ce mot a, en ancien français, un sens très général, s'appliquant également au gazouillement des oiseaux et au bavardage des hommes ; mais dès le xni" siècle, on le trouve, en ancien provençal, désigner le langage des voleurs : (( Gergons, vulgare trutannorum », dit le Donat Proensal. De là, l'anc. esp. girgonz, mod. gerigonza, port, giringonza (xvi" siècle), abrégé en gira (xvin'' siècle), giria. La variante ancien-provençale gergou (à côté de girgou, girgo) est également la source de l'esp. jerga et de l'it. gergo, dial. zergo, jargon : Gergone se trouve dans Sacclietti (xiv* siècle) et gergo dans Salvini (xvn^ siècle).

En français, jargon, au sens d'argot S ne remonte pas au-delà du xv" siècle. Voici quelques témoignages :

i/laC. Lettre de rémission de Rouen (Ducange, s. v. duplicilas): « Lequel Nobis dit au suppliant... que il avoit trouvé son homme ou la duppe, qui est leur manière de parler et que ilz nomment iargon, quand ilz trouvent aucun fol ou innocent qu'ilz veullent décevoir par jeu ou jeux et avoir son argent. »

i455. Procès des Goquillards de Dijon : « Et est vray que lesdits compaignons ont entreulx certain langaige de

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