Blesquin
La Vie Généreuse, de iôqG, est accompagnée d'un dictionnaire en langage blesquin ou blesquien
I. Ce sens se trouve également indiqué chez d'Hautel (Dictionnaire du bas-langage, 1810) : « On dit aussi baragouin par sobriquet d'un homme qui se hâte trop en parlant, ou dont les idées et les paroles sont confuses et obscures : c'est un vrai baragouin. »
avec l'explication en vulgaire. Cette épithète dérive de blesque, forme normanno-picarde de blesche, mercier, propr. sot, niais, ou qui se prétend tel pour mieux attraper les autres. C'est ainsi que arguche signifie à la fois argot et niais (Milan zergon, scaltrito, furbo), répondant à mourmé, l'argot savoyard, rapproché du genevois moiirme, stupide.
Blesquin répond d'ailleurs exactement à jobelin, son synonyme : le Jargon ou Jobelin du Maistre François Villon (1489), et dans une farce contemporaine {Ancien Théâtre, II, 899) :
Je n'cntcns point son jobelin ; Parle il françoys ou latin ?
Le sens primordial en est également niais (anc. fr. jobe, jobelin, niais, dupe), comme c'est aussi le sens probable de son autre synonyme bigorne : (( Les Archisupposts de l'Argot qui enseignent le jargon à rouscailler bigorne », lit-on dans le Jargon de 1628 (p. 24). Le provençal bigorno signifie de même : sot, stupide.