‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 16 sur 81 · Blesquin · texte numérisé non relu

Blesquin

La Vie Généreuse, de iôqG, est accompagnée d'un dictionnaire en langage blesquin ou blesquien

I. Ce sens se trouve également indiqué chez d'Hautel (Dictionnaire du bas-langage, 1810) : « On dit aussi baragouin par sobriquet d'un homme qui se hâte trop en parlant, ou dont les idées et les paroles sont confuses et obscures : c'est un vrai baragouin. »

avec l'explication en vulgaire. Cette épithète dérive de blesque, forme normanno-picarde de blesche, mercier, propr. sot, niais, ou qui se prétend tel pour mieux attraper les autres. C'est ainsi que arguche signifie à la fois argot et niais (Milan zergon, scaltrito, furbo), répondant à mourmé, l'argot savoyard, rapproché du genevois moiirme, stupide.

Blesquin répond d'ailleurs exactement à jobelin, son synonyme : le Jargon ou Jobelin du Maistre François Villon (1489), et dans une farce contemporaine {Ancien Théâtre, II, 899) :

Je n'cntcns point son jobelin ; Parle il françoys ou latin ?

Le sens primordial en est également niais (anc. fr. jobe, jobelin, niais, dupe), comme c'est aussi le sens probable de son autre synonyme bigorne : (( Les Archisupposts de l'Argot qui enseignent le jargon à rouscailler bigorne », lit-on dans le Jargon de 1628 (p. 24). Le provençal bigorno signifie de même : sot, stupide.

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