‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 24 sur 81 · I. Fr.-Michel voit dans aristoffe l'italien arista, épine · texte numérisé non relu

I. Fr.-Michel voit dans aristoffe l'italien arista, épine

a. Vhomonyme mouchique, chandelle (Chauffeurs, 1800) est tiré de mouche, action de moucher les chandelles.

3. Terme passé dans le langage populaire et dans les patois : Poitou baluchon, mobilier de peu de valeur; Pas-de-Calais baluchon, paquet d'effets ou de linge (« n'est usité que depuis la construction du chemin de fer, » Edmont).

ÉLÉMENTS ORIGINAUX 5l

pitancher, id. {Jargon, 1728 : de là, bourguignon pitainche, boisson, La Monnoie), trimancher , cheminer {Jargon, 1728). de trimer, id. [Ibid.).

Ajoutons le suffixe ois, fréquent dans l'argot ancien : comtois (de comte) et syrois (de sire), à côté de matois (de mathe) et narquois (parallèle à narquin) ; pilois, conseiller, juge {Vie, iSgG), pour pilier; et ime (cf. anc. fr. grandime), dans toutime, tout (T7e, 1596 : bier sur le toutime, c'est aller à toutes intentions ; Jargon, 1628, p. 21 : pour fouquer la morphe à toutime les argotiers).

Les patois affectionnent également anche (cf. en français, avalanche, terme d'origine suisse) et plus souvent ange : lorrain coutange (coût, dépense) ; poitevin mollange {houe liquide), parlange (langage), sounange (sonnerie) ; lyonnais tiranchi (tirailler). Ce suffixe est fréquent dans le mourmé ou argot savoyard : frottianchi (frotter), fremianchi {fermer) , vendianchi (vendre). Le langage populaire parisien lui préfère ance (cf. aidance, service, Vidocq) : accueillance (accueil), doutance (doute), etc *.

On rencontre également dans les patois les suffixes aque (cf. picard boulaqae, petit amas de filasse = petite boule), ique (cf. fr. bourrique, d'origine dialectale^ à côté de pouliche), oque (cf.

I . Le suffixe argotique anche répond à uncha de la gcrmania et du calao, par exemple dans ce dernier : cabnmcha (cabra), linguncha (lingua), testuncha (testa).

fr. ejfiloqae, à côte de effiloche), et principalement uche (cf. fr. crapuche, gueiiuche, merluche, perruche) .

D'autres suffixes de l'argot ont été obtenus par voie analogique. Les suivants ont été abstraits des noms propres :

ÊME (cf. Angoulême, Bohême, etc.) : durême, fromage [Jargon, 1628 : duresme), propr. le dur, comme le fourb. durengo (Val Soana dilrenc), id. * : rougéme, écu (Bouchet, III, i3o : ils appellent un escu un rougesme), propr. rouge, d'après la couleur.

GO (cf. Pélago, Sainte-Pélagie, d'où Saint-Lago, Saint-Lazare, Parigo, Paris, Versigo, Versailles) : labago (là-bas), lago (ici), Ilalgo (Italien), mendigot (mendiant), etc., suffixe familier à l'argot moderne.

MAR (cf. Frémard, Guiremard, Jacquemard, etc.) : bossemar (bossu), guichemar (guichetier, déjà Chauffeurs, 1800), etc., suffixe très familier à l'argot moderne 2. Il était à la mode a Paris, vers i83o, de se servir de cette désinence, en disant épicemar (épicier), boulangemar (boulanger), cafémar (café), etc. « C'était de l'esprit dans ce tempslà 3. »

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