II. — Actions internes
Une stricte démarcation s'impose ici entre les langages dont le but est de rester secrets, et les parlers populaires ou patois. Les uns et les autres exigent un traitement à part.
. I . — Langues secrètes
Nous avons indiqué à diverses reprises l'intluence de l'argot d'un côté sur le breton des nomades de la Basse-Bretagne, et d'autre côté sur le bellaii du Ilaut-Jura. sur le mouriné de la Haute- Savoie et sur le terratsa de la Tarentaise. A ces parlers spéciaux on pourrait ajouter le ccinuP des
1. Voir, sur ce parler, l'ouvrage posthume de Mzier du Puilspelu, Le Lillré de la Grand' Côte, Lyon, 1900, et Ad. Nachet, Glossaire des Gones de Lyon, d'après M. Toulinonde (= Tout le Monde) et les meilleurs auteurs du Gourguillon et de la Grand'Côte, Lyon, 1907. Je dois la connaissance de ces ouvrages à robligeantc indication de M. Clédat. — ^oir également C. Latreillc et L. Vignon, « Les grammairiens lyonnais et le français parlé à Lyon à la fin du xviii' siècle », dans les Mélanges de philologie offerts à F. Hrunot, iQoi, p. aoj-aoy.
INFLUENCE DE l' ARGOT 26 I
ouvriers en soie lyonnais, qui a servi en quelque sorte d'intermédiaire enti'e l'argot proprement dit et le patois lyonnais, exceptionnellement riche en réminiscences argotiques. Le canut remonte à la fin du xvm'' siècle. Il fait son apparition aux alentours de la Révolution. Les artisans lyonnais se créent alors un langage hybride, mélange de termes techniques, d'argot, de français et de patois local. Après avoir alimenté le théâtre populaire, il s'est aujourd'hui à peu près fondu dans le patois lyonnais.