‹ L'argot ancien, 1455-1850, ses éléments constitutifs, ses rapports avec les langues secretes de l'Europe méridionale et l'argot moderne. Avec un appendice sur l'argot jugéChapitre 53 sur 81 · Bas-langage · texte numérisé non relu

Bas-langage

Il est à peine besoin de dire un mot du poissard, genre contenu tout entier dans les œuvres de Vadé et de l'Ecluse, parues en 1796. C'est au fond le bas-langage parisien de la fin du xvnr siècle, augmenté de quelques termes d'argot, tels que solir, vendre, poussier, argent, pivois, vin, etc. Voici, comme spécimen, ces trois vers de la Pipe cassée de Vadé (vers la fin du chant III) :

Des gnillcs ! Via ce qui faut faire.

Faut les solir cheuz l'tapissier.

Hé puis partager le poussier.

Quant au parler populaire proprement dit, remarquons qu'après avoir alimenté dans le passé le vocabulaire de l'argot, il a subi, à son tour et de nos jours, une forte influence argotique. Les soldats et les ouvriers ont été les principaux fauteurs de cette pénétration. Comme cette influence s'est faite sentir principalement après i85o, il suffît ici de l'avoir indiquée.

I. Victor Henry (Lexique étymologique du breton, au mot bigria) voit dans ce bigria, qui signifie « braconnier », un dérivé du terme argotique pègre, gucuserie. Dottin ajoute avec plus de raison en note : cf. Mayenne bigre, mauvais garnement. En français, bigre est l'altération euphémique de bougre.

INFLUENCE DE l'aRGOT 263

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