‹ L'argot musicalChapitre 15 sur 34 · PRELUDE XXI · texte numérisé non relu

PRELUDE XXI

les vestiges de la langue de nos vieux poètes, proscrite depuis longtemps par l'internationale des corps savants.

Quand le peuple fait un emprunt, c'est toujours au fonds social, quelque mot qu'il trouve plaisant de détourner de son sens propre. Cest ainsi que, pour composer son argot, il a puise' à pleines mains dans le vocabulaire de Part enchanteur avec lequel il se trouve journellement en contact, la musique.

Cest au peuple que revient la gloire d'avoir créé Fhomme-orchestre dont les pieds sont des boites à violon ; les jambes, une paire de flûtes ; le ventre, un bedon, renfermant une cornemuse ; le contraire, un basson ou une contrebasse ; les mains, afcsharpions ; les oreilles, une paire de cymbales; les dents, des touches de piano; le nez, un trombone, une trompette ou un tuyau d'orgue , selon les besoins; la langue, un grelot ; et les cheveux des baguettes de tambour.

Et les voleurs, se rencontrant avec Pascal, ont eu un trait de génie en synthétisant dans leur argot sinistre tous les éléments de cette instrumentation bizarre, et en créant leur pronom personnel: mon orgue, ton orgue...

Cest par son argot que se trahit le caractère distinctif d'une nation.

Le Français goguenard et friand d* équivoques se retrouve tout entier dans les argotismes suivants : Instruments de persécution, trio laid, prix de

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