‹ L'argot musicalChapitre 16 sur 34 · XXII PRELUDE · texte numérisé non relu

XXII PRELUDE

rhum, museau de chien, do bémol, charivarius, donner du mou à sa chanterelle, faire du contrepoing, jouer en scie, jouer du haut-bois, jouer du bas-son.

Fier de ses grands crûs, le Français devait fatalement inventer l'harmonica bachique afin dP entonner, de flûter, de se rincer la cornemuse et de se raboter le sifflet à tire-larigot.

Le Français sceptique s'empresse de rire de tout de peur d'être forcé d'en pleurer. L'idée même de la mort grimace d'une façon grotesque en son argot macabre: le tapin avale ses baguettes, le violoniste dévisse son archet, l'organiste crève son soufflet, le trombone crache son embouchure, le notaire décroche ses cymbales, ce qui n'empêche pas les croque-notes de s'incliner respectueusement devant la boîte à violon.

On voit que l'argot est une langue essentiellement poétique, riche en images et en allégories pittoresques.

Un prisonnier y ayant remarqué qu'en sciant ses fers, sa lime reproduit le mouvement de l'archet d'un violoniste y appellera cette opération jouer du violon.

Par contrey un violoniste empruntera au vocabulaire des corps de métiers cette expression qui caractérisera le jeu de son instrument : scier du bois, et la poussière de sa colophane deviendra du bran de scie.

Transformé en prison préventive à l'usage des tapageurs nocturnes, le violon lui-même ne sera plus

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