‹ L'argot musicalChapitre 17 sur 34 · PRELUDE XXIII · texte numérisé non relu

PRELUDE XXIII

pour V instrumentiste qu'un crincrin, une raquette, un jambonneau, une souricière ou un sabot.

Les pianomanes seront considérés comme exerçant un métier à marteau et leur instrument sera qualifié irrévérencieusement de tapotoir, de pétrin et de chaudron.

77 est à remarquer que le peuple a choisi les instruments de percussion métalliques pour exprimer dans son argot les périodes de la folie. La calotte de la cloche ayant reçu du fondeur le sobriquet de cerveau, V encéphale humain fut assimilé à une cloche frappée par le Destin et V homme fut ainsi condamné à avoir martel en tête, à recevoir un coup de marteau, à être timbré, toqué et à battre la campane sur tous les tons.

Pour créer leurs argotismes , toutes les classes de la société se pillent mutuellement leurs vocabulaires techniques, ce qui pourrait donner quelque apparence de raison à ceux qui considèrent encore l argot comme la langue des voleurs.

Les chapeliers se sont emparés du violon et de l'accordéon des musiciens, les boulangers et les apothicaires leur ont emprunté leurs flûtes, les cuisiniers leur ont soustrait leur timbale, les brodeurs leur tambour et les tailleurs leur sifflet d'ébène.

Les vétérinaires font harper et pianoter les chevaux et les cochers de fiacre leur font jouer de la musette ; les joueurs font de la musique, annoncent

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