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de laquelle les républicains des États-Unis cessèrent ■"ésintéresser des affaires de TEurope.
DStention quelque peu égoïste de Washington, a, dans la diplomatie américaine, une tendance Tvention, appuyée sur cette maxime : que olat est un devoir des croyances politiques des croyances religieuses. De là, les encouîuts donnés par les États-Unis aux diverses étions européennes, et notamment à celle des ;;delà, leurs tentatives d'achat d'un port dans pel, encouragées par la Russie, qui a cherché, longtemps, dans la marine américaine, une :ontre les marines d'Angleterre et de France, es insurgés Polonais ont -ils été les seuls qui point trouvé de concours aux États-Unis, par e cette alliance entre deux gouvernements si its d'origine, et qui est une nouvelle preuve ; extrêmes se touchent.
é, qui avait été Tâme de la conférence d'Osvenait de rentrer à Madrid, lorsqu'il fut invité, ) tous les membres du corps diplomatique, à donné par le marquis de Turgot, ministre de !, à l'occasion de je ne sais quel anniversaire il. Il s'y rendit avec sa femme et son fils, qui on premier secrétaire. M"® Soulé passait au e celui-ci devant un groupe de cavalière, lorsentendit le duc d'Albe dire à ses amis : « Voici erite de Bourgogne qui passe. » Je ne sais si a été réellement dit à l'intention de M°** Soulé,
mais ce ne pouvait être qu'une allusion à son apparence physique; car si elle était aussi belle et forte que Georges dans la Tour de Nesle, c'était une honnête femme, que jamais la médisance n'avait même effleurée. Mais elle ne le comprit pas ainsi, e fils alla aussitôt demander raison au duc d'Al l'insulte qu'il avait adressée à sa mère. Une renc fut décidée.
En apprenant ce qui s'était passé, Soulé dem; de son côté, réparation au marquis de Turgot, prétendit rendre responsable de l'outrage fait i femme dans son salon par le beau-frère de son m; Le marquis eut beau protester de son innocence ne put dissuader Soulé que cette scène était un monté contre lui par ou pour les Tuileries. On voulu, en l'insultant, plaire à l'empereur et à l'i ratrice, qui le regardaient comme un ennemi d( la malheureuse issue de sa présentation à l'Éb Bizarre et curieux effet des idées préconçues !
Le double duel eut lieu, sans résultat fâcl entre le duc d'Albe et le fils Soulé; mais avec balle dans le genou pour le marquis de Turgot, en demeura boiteux le reste de ses jours.
Ce. regrettable conflit rendit difficile la préser la cour de Madrid de Pierre Soulé qui, d'autre ne trouvant pas chez le général Marcy le vigoi appui qui lui avait été promis, demanda son ra et, pour attester la fermeté constante de son atti aux yeux de la jeune Amérique, publia sa corres
dancc diplomatique avec le cabinet de Washington. Elle lui fit honneur ; mais il n'avait pas réussi : et pour les partis politiques le succès est tout.
N'ayant plus son siège au Sénat, où il avait dû être remplacé, Pierre Soulé rentra dans une obscurité relative jusqu'au jour où éclata la guerre de la sécession. Fidèle à la ligne de conduite qu'il s'était tracée, en repoussant Tépithète de désunioniste que lui avait jetée Henri Clay, disparu depuis lors dans la tombe, il chercha tant qu'il put à maintenir la Louisiane sur le terrain de l'Union. Sa popularité en fut compromise; mais s'il avait cru devoir retenir ses compatriotes tant que deux ou trois États seulement avaient proclamé leur séparation, il ne crut plus avoir le droit de lutter contre l'entraînement général quand neuf États formèrent une confédération nouvelle. La révolte se transformait en révolution.
Lorsque les péripéties de cette lutte gigantesque, mais inégale, entre quatre millions d'hommes d'un côté et trente de l'autre, amenèrent les flottes et les armées du Nord devant la Nouvelle-Orléans, et que la soumission fut devenue inévitable, Soulé reçut des autorités le mandat d'aller traiter de la capitulation. Il accepta cette pénible mission et la remplit avec autant de dignité que de patriotisme. Mais [l'amertume dont son âme était remplie déborda dans la proclamation qu'il fut pareillement chargé de rédiger pour recommander aux Orléanais la résignation aux décrets du destin. Le vaincu s'y redressait une der-
nière fois pour jeter à la face du vainqueur les reproches les plus sanglants sur l'impitoyable rigueur de la répression.
Le général Butler était particulièrement atteint par cette malédiction des mourants, il ne le pardonna pas à Soulé, et voulut humilier son orgueil en l'astreignant à je ne sais quel serment, que celui-ci refusa. Alors le général Butler le fit arrêter et conduire au fort Lafayette, dans la baie de New-York. Mais le président Lincoln, plus équitable et tenant compte à Tancien sénateur de l'esprit de modération dont il avait fait preuve dans le mouvement insurrectionnel de la Louisiane, lui rendit la liberté, à la condition de s'éloigner des États-Unis jusqu'à nouvel ordre.
Soulé se-réfugia à la Havane; et comme ce n'était point un homme qui pouvait rester inactif, il forma, avec une société de capitalistes et d'armateurs, le projet d'affermer toutes les douanes maritimes du nouvel empire du Mexique. Ce fut dans ce .but qu'il fit divers voyages à Mexico, et non dans celui d'y organiser, comme on l'a dit, une vaste émigration de planteurs des États du Sud. Ce dernier projet était l'œuvre d'un M. Gwin ; mais ni l'un ni l'autre de ces plans ne put aboutir avec les indécisions de ce pauvre empereur Maximilien.
Soulé put enfin rentrer à la Nouvelle-Orîéans, et le barreau retentit encore plus d'une fois des rugissements de ce lion devenu vieux, mais toujours fort et majestueux. Il fallut, pour abattre entièrement cette
nature si vaillamment trempée, une série de malheurs domestiques, succédant aux malheurs publics avec une rapidité véritablement inouïe.
Il perd tout à coup sa femme, encore jeune, qu'il aimait comme la plus digne et la plus dévouée des compagnes! Peu de temps après, son fils unique, marié à une charmante créole des plus anciennes familles de la Louisiane, et père de deux enfants en bas âge, est atteint d'aliénation mentale. Sous le poids de ses douleur-s privées et de ses angoisses patriotiques, le vieux tribun lui-même sent sa raison s'affaisser; cette grande intelligence se trouble, cet homme de tant d'énergie, de cœur et de talent, devient fou ! Il était dans cet état de prostration physique et morale depuis plus d'un an, lorsque la mort clémente est venue l'achever en 1870. Dieu lui fit la grâce de ne pas le rendre témoin des désastres de la France. Son fils le suivit dans la tombe en 1878.
Cette vie, livrée de si bonne heure aux agitations de la politique, commençant par l'exil, atteignant à la plus haute fortune dans la plus grande des Républiques, et finissant dans l'abandon et la folie, révèle à un degré rare, et la puissance de l'esprit humain et sa fragilité. Elle démontre aussi, d'une manièi:e frappante, tout ce qu'ont de décevant ces luttes de parti dans lesquelles se consument inutilement, pour eux-mêmes et pour leur pays, tant d'âmes inquiètes et d'esprits aventureux dans le Nouveau-Monde comme dans l'ancien.