‹ L'aristocratie en Amérique [microforme]Chapitre 19 sur 49 · COMMENT MES CENSURES FURENT ACCUEILLIES · texte numérisé non relu

COMMENT MES CENSURES FURENT ACCUEILLIES

Mes lecteurs se demanderont probablement comment les censures que je me permettais dans mon journal furent accueillies par le public. Par les résidents français, et par les étrangers européens, en général, elles furent vivement applaudies. Elles répondaient à leurs pensées secrètes. C'était une revanche de leur patriotisme trop souvent froissé. Les encouragements et les abonnements m'arrivèrent de toutes parts, de la Louisiane aussi bien que du Canada, du Mexique aussi bien que de l'île de Cuba. Dans le public américain, il se forma deux courants opposés. Les Natifs, parti qui commençait à se constituer par l'absorption des Whigs, crièrent au scandale et me traitèrent d’impertinent. Comme on n’osait pas et qu'on ne pouvait pas demander mon expulsion, on me menaça par des lettres

anonymes de me lyncher et de mettre à sac mon imprimerie. Mais je fus défendu par des hommes politiques éminents de la société américaine qui reconnaissaient la justesse de mes critiques et leur utilité, lors même qu’elles eussent été exagérées.

Entre autres témoignages de sympathie, je reçus la lettre suivante du comité de la société Française de bienfaisance de l’État de la Louisiane, que j'avais vengée des insinuations calomnieuses du journal américain de la Nouvelle-Orléans, dont j'ai parlé plus haut.

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