SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE BIENFAISANCE DE L'ÉTAT DE LA LOUISIANE
ÇA M. F. Gaillardet, irédacteur en chef du Courrier des États-Unis, à New-York.
« Nouvelle-Orléans, 20 août 1842.
« Monsieur,
« Nous vous écrivons avec une double reconnaissance pour vous dire merci au nom de la France et au nom de ses fils habitant la Louisiane.
« Nous savions, Monsieur, que dans cette ville de New-York, qui est comme une sentinelle américaine tournée vers notre patrie, nous avions une tribune élevée pour répéter nos joies comme nos plaintes, nous savions que nous avions un écrivain toujours
prêt à combattre pour nous avec une plume incisive comme la pointe d’une épée
« Cette tribune, c’est votre journal ; l'écrivain, c’est vous!
« Aussi votre premier article, si bienveillant pour notre société, si clair et si précis dans l'exposition de notre organisation et de nos ptincipes, fut pour nous une garantie nouvelle de votre indépendance, de votre patriotisme, et nous l’accueillimes avec gratitude.
«Un journal sans talent, comme sans publicité, le Crescent City, a voulu jeter de la boue à notre belle France, qui n’a pas seulement compté des Vatel, mais de rudes hommes de guerre, qui préludèrent aux gloires de notre immortelle République en cimentant de leur sang la liberté américaine.
« Vous avez souffleté de toute votre colère de Français cette impertinente catilinaire dirigée contre la grande nation. Merci pour ellel
« Le Crescent City [nous avait calomniés aussi, nous qui sommes groupés pour une œuvre proclamée sainte par tous les peuples civilisés, pour une œuvre de bienfaisance ! Cette accusation vous a dicté une page qui traduit admirablement l'indignation dont nous avions frappé le journal provocateur. Merci pour nous!
« L'attaque du Crescent City n’a pas arrêté le développement de notre société de bienfaisance; car c'est au nom de plus de quatre cents Français, mem-
bres de cette association, qui date d’hier, que nous vous écrivons, pour vous féliciter de votre patriotisme comme Français et de votre talent comme écrivain.
« Agréez, Monsieur, l’assurance de la considération très distinguée de vos dévoués compatriotes.
« J. Rifflard, trésorier ; J.-N. de Pouilly, membre du comité directeur ; Prospère Barousse, membre du comité directeur; A. Barberot, membre du comité directeur; Dubourg, président de la section des Hautes-Pyrénées (premier président); Borde ainé, président de la section de la Gironde; Gramoliz, président de la section du Gers; pour P. Auvray, C. Thomas, secrétaire de la section du Bas-Rhin, en l'absence du président; Hy. Escousse, président de la section de la Seine; Madeline, président de la section du Calvados ; Æ, Goudchaux, président de la section du Rhône;
« Ch. Ammel, président de la section des Hautes- Alpes (Secrétaire général). »