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CHAPITRE IV

L'Aristocratie intellectuelle et TÉgclise.

Une société qui a en elle de tels principes d'évolution n'est point destinée à périr.

Qui dirigera sa venue encore incertaine, son évolution encore confuse? Les principes analysés plus haut, quelle autorité précise les appliquera à l'état social actuel? En un mot, qui organisera la démocratie contemporaine?

La démocratie est la matière même de la société moderne. L'esprit scientifique fécondé par le sentiment religieux en est le principe de vie. Mais toute vie supérieure suppose une haute organisation. Si notre démocratie veut vivre, il faut qu'elle s'organise, c'est-à-dire qu'elle se donne ou qu'elle reçoive une direction. Où trouverat-elle cette direction, sinon dans le gouvernement des meilleurs, c'est-à-dire dans une aristocratie,

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Notre génération aura pourtant vu s'accomplir entre l'Eglise et le Siècle un essai de rapprochement qui mérite la considération. Non plus de la voix sans écho d'un prêtre, mais de la bouche infaillible du Pape, sont tombées les paroles de paix. Le Vatican a rompu avec une politique séculaire. Il s'est détourné des rois pour se tourner vers les républiques; il a délaissé les princes de la terre pour saluer les opprimés des deux mondes. Envolée au delà des vieux dogmes, la pensée de Léon XIII s'est venue poser, colombe annonciatrice de paix, sur les inquiétudes modernes. Les événements qui déterminèrent cette révolution dans la conduite de la papauté n'ont pas été moins singuliers. Ce n'est pas de la catholique Europe, c'est de la protestante Amérique qu'est arrivé jusqu'au Saint-Père ce souffle de rénovation. Tandis qu'en notre continent le catholicisme dégénéré se flétrissait, il recouvrait vie et sève au delà des mers. En traversant l'air libre de l'Océan, il s'était défait des vieilles haines et des vieux despotismes ; en atteignant les rivages de l'indépendance, il retrouva en lui l'écho des paroles du Christ. Quinze millions de nouveaux catholiques se sont ralliés

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l'Eglise? Un catholicisme qui fera bon marché de la révélation et des dogmes, qui admettra l'exégèse et la critique des textes, qui renoncera à la domination temporelle, ne sera-t-il pas plus réformé que le protestantisme lui-même? Avec quelque souplesse que Ton glisse sur cet obstacle, ridée de miracle est contraire aux principes de la science. Si Dieu a révélé les vérités essentielles à l'homme, à quoi sert la science? Elle n'est plus qu'un divertissement. La révélation supprime le mystère suprême du monde : elle ravale la métaphysique et la science à n'être plus que des jeux de l'esprit.

Si l'Eglise veut vivre avec la science autrement que par un compromis sans noblesse, il lui faudra renoncer à sa légitimité dogmatique. Et par ailleurs, si elle veut pénétrer intimement la démocratie, il lui faudra s'ouvrir à toutes les âmes qui souffrent et qui rêvent. Elle ne sera plus dès lors qu'une grandiose organisation de la morale évangélique. Son ministère sera d'entretenir dan& la race humaine les mouvements sacrés de la pitié, de la charité et de l'amour, pour lesquels sont morts ses précurseurs et ses fondateurs. Revenue ainsi à sa sublime origine, elle sera la grande missionnaire de la solidarité religieuse entre les hommes.

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et toutes les femmes s'inclineront-ils un jour enfin devant les mêmes symboles de THomme- Dieu? Que l'Eglise exauce le vœu du siècle, qu'elle fasse la paix véritable, et le siècle ne reniera plus rÉglise !

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