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ARITHMÉTIQUE RELIGIEUSE

Dans les établissements d'instruction pour le premier âge, dans les salles d'asile, on apprend le calcul aux enfants avec des abaques ou des bouliers; ce sont des appareils formés d'un cadre à dix tringles, sur chacune desquelles sont enfilées dix petites boules; c'est le procédé le plus élémentaire pour compter. Les Chinois se servent encore de cet appareil, qu'ils manient avec une grande dextérité et qu'ils appellent Souan-Pan; les Russes l'appellent Schtote. On en trouve différents modèles, déjà anciens, dans les galeries du Conservatoire des Arts et Métiers; quelques-uns d'entre eux, doués d'une forme complètement symétrique par rapport à un axe transversal, servent peut-être encore et servaient assurément autrefois, à certains jeux de combinaison et de hasard.

Ne dirait-on pas que la religieuse qui égrène son rosaire fait le compte de ses prières avec les lignes du boulier détachées de leur cadre et réunies en couronne? Une miniature de VHortus deliciarum, manuscrit du xii'' siècle, qui appartenait à la bibliothèque de Strasbourg, représente l'Arithmétique sous la figure d'une femme tenant à la main un chapelet à grains ou olives enfilées deux fois dans leur épaisseur; cette image est reproduite dans le dix-neuvième volume des Annales de la Philosophie chrétienne.

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