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III. __ Nos ressources économiques et financières

Nous aurons en tout cas le temps de voir venir •! nous ne risquons pas de nous trouver acculés, au lendemain de la paix, à la lamine ou a la disette financière.

Il y a encore beaucoup d'argent liquide dissimulé en France, même en ce moment, surtout dans les campagnes et parmi les producteurs agricoles, qui vendent tout ce qu'ils veulent et au plus haut prix.

Cet argent ne se cachera pas toujours! Il faudra bien qu'il sorte et qu'il s'emploie, car il ne pourra rester longtemps improductif. Or les emplois à choisir ne pourront plus être qu'intérieurs, au moins pendant les huit à dix premières années: nos capitalistes se trouvent suffisamment étrillés par les résultats de leurs énormes et absurdes placements à l'étranger, (près de quarante-cinq milliards, on le sait), pour n'avoir pas envie de recommencer de sitôt.

Sur les quelques cent milliards que la guerre coûtera vraisemblablement à l'Etat, (après déduction des dix à quinze milliards prêtés à divers :;liiés et de ce qui a été dépensé à l'étranger), il restera quelques cinquante à soixante milliards qui auront été gagés dans le pays et qui seront à réemployé]- par leurs bénéficiaires, constituant une masse respectable pour nos disponibilités immédiates d'après-guerre, et pour

notre premier fonds de roulement économique.

Pour l'utilisation fructueuse de ces capitaux, les débouchés ne manqueront pas en effet.

Sans parler de plusieurs éléments normaux de progression industrielle intérieure, nous aurons à nous partager la quote-part qui a déjà échappé aux mains de nos ennemis défaillants, — c'està-dire tout ce qu'ils importaient chez nous, ou ce qu'ils fabriquaient chez nous. Or, cette quotepart n'est point négligeable, puisqu'elle se chiffrait en 1913 par 13 milliards pour leurs exportations, et par 7 milliards environ pour les fabrications intérieures. Au total, quelque 20 milliards de plus de production, à répartir tout de suite entre les alliés.

Notre fabrication globale devra d'ailleurs s'accroître dans des proportions encore plus considérables, dès la seconde ou la troisième année, pour répondre à l'augmentation certaine de la consommation générale. Les lois biologiques veulent en effet qu'une ère de grande prospérité et de réalisations intensives suive toujours les grandes catastrophes.

Ainsi la sève monte à gros bouillons dans les arbres mutilés et vient bientôt cicatriser la blessure et pousser des jets vigoureux.

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