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IV. — Les buts de paix de nos producteurs

C'est pourquoi nous inscrivons en tête de nos buts de paix la protection efficace de nos

institutions èdotitiîhîqiiès et de notre production, contre ïisui choc en retour de nos adversaires et contre toide nouvelle infiltration insidieuse.

Nous connaissons trop leur manière de faire èi iiotis en avons trop souffert, les uns et les autres, pour ne pas considérer comme notre droit le plus élémentaire de garantir notre avenir contre leurs procédés d'invasion industrielle et de Dumping.

l)àns no:; sociétés modernes, là question économique prime toutes les autres et influence toutes 1er» autres. Cela est vrai non seulement pour la vie intérieure du pays, mais àiissi poulies rapports internationaux.

Pas une négociation diplomatique, pas une alliance, pas Un conflit, pas une giîerrë, (mèriie ei surtout celle-ci), pas un traité, où le facteur des intérêts économiques ne se soit trouvé déterminant ei prépondérant.

Ce sont les traités de commerce de 18(30, qui ont modifié toute la destinée du Second Empire et qui ont rendit possible son épanouissement industriel et politique de dix anfiées. C'est la clause commerciale du traité de Francfort, en accordant à l'Allemagne le traitement de la nation la plus favorisée, qui a pesé sur nos quarante dernières années, presque autant que l 'Alsace-Lorraine, et qui a fendu fatale la guerre actuelle, par ses conséquences directes et indirectes.

C'est la rivalité industrielle et maritime qui a mis l'Angleterre et l'Allemagne aux prises et les

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a séparées à' jamais. C'est aussi uriê question du même drdrë t[ûi a failli brouiller jadis les Etats-Unis1 et 16 Japo'ri. t)e même c'est elle qui nous a valu la haine de la Turquie et de là Bulgarie, malgré les services rendus; nous" avons fait de l'usure à lëttrs dépens et ils né nous l'ont pas p'arddniig.

A l'irivefSe, si l'Afiglëterrè et le TrariSvaal, si ht Russie et le Japon se sont si vite et si complètement réconciliés, c'est qu'il n'5r avait pas entre eux de conflits durables d'intérêts. Même phénomène se produit actuellement, pour des raisons identiques, entre nos anciens rivaux anglais et riotïs.

C'est îd q'uestioft économique en tout cas qui à dominé tbtité l'évolution logique de la guerre et Qtti a exigé sa prolongations C'est elle qui en a amené en somme la fin par épuisement et qui en consacrera lés résultats, sans oublier naturellement l'oeuvre magnifique de FoCh et de ses afmées.

Il est certain cjiiè l'avenir économique tient dâfiS les prebeciipatioiis de nos .ennemis la même place prépondérante que chez nous. Ils l'ont recottilll bien' des fois, et encore récemment dans dès déclarations officielles et parlementaires, où l'on peut constater une singulière baisse de ton sur les foddiliohtades du début, malgré l'ivresse momentanée de B'rest-Litowsk et de Montdidier.

Lé sujet Vraiment essentiel pour ettx, et sur lequel ils reviennent maintenant à chaque ins-

tant, depuis les notes Wilson, est celui des rapports économiques à instituer dans l'après-guerre entre les deux groupes de puissances. Au Reichstag, on a causé couramment de réformes démocratiques, Société des Nations, droit à la vie pour chaque peuple. Mais surtout on insiste, avec des larmes dans la voix, sur l'horrible action que commettraient les Alliés, en songeant à pratiquer un boycottage économique et financier de t'innocente Mittel-Europa.

Tout plutôt que cette perspective abominable. On rendra tout. Plus de conquêtes, plus d'annexions, plus d'indemnités, le droit à la vie pour tous et le libre-échange absolu. Que la camelote boche et que les espions commerciaux boches, très patelins, très repentants, très amènes, puissent surtout recommencer à fleurir sur le monde, ad majorent Dei çjloriam.

Et c'est précisément cela que nous ne voulons pas et ce que l'opinion publique ne permettra pas. ni chez nous, ni même chez les Américains, ni chez aucun de nos autres alliés.

Que messieurs les militaires et les diplomates nous pardonnent notre esprit réaliste. Nous s nmes surtout des agriculteurs, des commerçants, des industriels, et nous parlons en producteurs pratiques. Nous aimons la gloire certainement, et nous l'avons si bien prouvé depuis quatre ans que personne ne peut en douter. Seulement la gloire ne fournit pas le pain pour vivre, et nous voulons être assurés de pouvoir vivre

librement après la guerre et de pouvoir nous développer normalement, dans la limite de nos frontières et de nos amitiés.

Que les Allemands puissent vivre aussi chez eux, nous n'avons jamais prétendu le contraire, et nous n'avons aucune raison morale pour vouloir nous y opposer! Mais nous ne voulons pas qu'ils puissent jamais recommencer à nous envahir, pas plus par leurs produits que par leurs armées.

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