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CHAPITRE VI

Les Syndicats Patronaux

/. — Les premiers Syndicats patronaux. — //. Les Syndicats patronaux de 18SI à 191 'i. — ///. Leur action Politique et Sociale. — IV. Leur action Commerciale. — V. Leur action Technique et Corporative.

Les syndicats patronaux n'apparaissent que vers 1845 et ne prennent une certaine importance qu'après la Révolution de 1848.

Jusque-là, — et à l'inverse de ce qui s'est produit pour les ouvriers avec leurs Amicales et leurs Mutualités, — on ne rencontre guère de groupements patronaux à tendance permanente et générale. On trouve seulement des accords temporaires et partiels d'entreprise à entreprise, d'un caractère strictement privé, d'objectif restreint, et qui n'ont laissé aucune trace dans l'histoire.

Celte inaction s'explique très bien par la torpeur économique de l'époque. On n'eut pas besoin de faire intervenir les rigueurs de la loi Le Chapelier et en fait, elle n'eut à être appliquée qu'une seule fois, — au moment de sa promulgation.

Cependant, ceux qui avaient eu intérêt à supprimer les communautés professionnelles et qui pouvaient en redouter le retour, la haute finance et le grand négoce, continuèrent à faire leur police eux-mêmes, avec une vigilance constante. Nous les avons vus arrêter net sous l'Empire et sous la Restauration deux tentatives de renaissance corporative; il en fut de même sous Louis- Philippe pour un dernier essai à tendances de socialisme chrétien, préconisé dans les ouvrages de Sismondi, Bûchez, Villeneuve-Bargemont, La Farelle.

Quant au capitalisme lui-même, la loi Le Chapelier ne le gênait nullement. N'avait-il pas à sa disposition, (et très légalement), pour ses conciliabules et ses ententes, les Chambres de Commerce, les Comités des Arts et Manufactures, les grands conseils d'administration, sanctuaires réservés, de la spéculation, de la banque et de la grande industrie, où le vulgaire ne pouvait pénétrer.

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