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CHAPITRE VII

Les Syndicats Ouvriers

/. — Les débuts du Syndicalisme ouvrier en Angleterre. — //. Les Trade-Unions. — ///. Les Mutualités et les Amicales eh France jusqu'en 18i8. — IV. Les premières Chambres Syndicales de 18ï8 à 1870. — V. L'Expansion Syndicale Sous ta Troisième République.

Comme pour les patrons, le mouvement syndical ouvrier est relativement récent. Il ne remonte guère plus haut que le début du xix' siècle en Angleterre et la monarchie de juillet en France.

On a voulu chercher ses origines beaucoup plus loin, dans le compagnonnage de l'ancien régime, ces sociétés secrètes de la franc-maçonnerie ouvrière, mais le compagnonnage n'a jamais été très répandu à aucune époque et il s'est toujours limité aux métiers du bâtiment ou de l'habillement, (enfants de maître Jacques, du père Soubise, gavots), restant très exclusif, très fermé, peu efficace. Il constituait beaucoup plutôt d'ailleurs une mutualité qu'un groupement d'action professionnelle. Né à l'ombre des anciennes corporations, et malgré son opposition avec elles, il relève des mêmes principes, et il devait subir même décadence.

L'idée syndicale moderne, telle que nous l'avons définie, n'apparaît au contraire qu'à la mort des vieilles corporations, et même plus de cinquante ans après leur mort en France. Encore mieux que pour les syndicats patronaux, les auteurs de la chute des corporations sont précisément ceux qui ont fait naître involontairement les syndicats ouvriers, eux aussi. C'est donc toujours le capitalisme que nous retrouvons comme cause originelle.

L'invention de la vapeur, l'introduction du machinisme dans toutes les professions, l'avènement de la grande industrie, la grande concentration financière devaient fatalement avoir une très forte influence sur le sort matériel et moral du travailleur.

L'ouvrier, dont la valeur professionnelle perd tout intérêt avee le machinisme, n'est plus une individualité, niais un vulgaire rouage dans l'immense atelier, et souvent un rouage interchangeable. « A quoi sert d'employer à ces métiers des homnies de sens, avait dit déjà Jean-Jacques Rousseau. C'est une machine qui en mène une autre. » Pour le chef d'industrie, il ne compte plus que comme rendement, c'est-à-dire comme quantité de travail effectif, et comme prix de revient, c'est-à-dire comme quantum de salaire.

« Les souffrances communes, dit Georges Renard, l'agglomération dans d'immenses usines devaient donner bien vite aux ouvriers le senti-

ment de la solidarité qui ressort de cet entassement, et leur faire comprendre qu'ils avaient mêmes douleurs, mômes intérêts, mêmes aspirations. La discipline rigide qui leur était imposée leur enseignait, par la leçon des choses, les vertus de l'organisation et du groupement et les conduisait tout naturellement à l'idée de l'association professionnelle. »

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