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V. — L'expansion syndicale sous la troisième République

La guerre de 1870, la chute de l'Empire et les événements de la Commune vinrent encore une fois influer sur le mouvement.

Mais, contrairement à ce qui s'était produit pour nos précédentes crises nationales, celle-ci

ne fît que le ralentir momentanément, jusqu'en 1875, sans le supprimer et sans le modifier dans son essence. La formule syndicale définitive était trouvée en effet et elle avait passé les bégaiements du premier âge. La période préparatoire du syndicalisme ouvrier est close désormais; il entre dans la phase des réalisations méthodiques, du développement normal et enfin de l'épanouissement complet.

Dès 1875, du reste, le gouvernement républicain, aussitôt sa victoire affirmée sur les partis monarchiques, se montre nettement favorable aux chambres syndicales. Il fait plus que les tolérer, il les encourage, pour pouvoir les opposer au collectivisme renaissant et à la Fédéraiion socialiste des Travailleurs.

Il y a même au Ministère un bureau officiel de l'Union des Chambres syndicales ouvrières, dirigé par Barberet. Ce bureau recense en 1875, 135 syndicats; en 1881, on en compte 500 avec 60.000 membres. Parmi les nouveaux groupements, on remarque les mineurs du Pas-de-Calais, les employés de commerce parisiens, les verriers d'Aniche, les mégîssïers d'Annonay, les peintres céramistes de Limoges, les mécaniciens de la Seine.

Les tendances de la plupart de ces syndicats sont toutes pacifiques et strictement professionnelles. Protection des apprentis, création de bibliothèques, de bureaux de placement, de commissions mixtes d'arbitrage, de coopératives,

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désir avoué d'éviter les grèves, voilà ce qu'on ontre dans leurs statuts.

La loi de 1884 consacre, nous l'avons vu, la reconnaissance légale des syndicats. Bien que les ouvriers aient ftjfet té ail début de la mépriser, tout comme les patrons, malgré les très grands avantages qu'elle leur concédait, ils n'en ont pas inoins subi très rapidement son empreinte, par la force des choses, — toujours comme dans le clan opposé.

L'action syndical est venue bon gré mal gré se concentrer autour du texte légal, sachant très bien en utiliser toutes les dispositions pour obtenir les plus grands effets de propagande, tant au point de vue des intérêts strictement professionnels qu'au point de vue de l'agitation révolutionnaire pour la suppression du capitalisme.

De 1884 à 1911, jusqu'à la guerre, nous assistons à la diffusion croissante des syndicats dans tous les métiers, les uns après les autres, et dans toutes les régions, puis à leur concentration très remarquable en fédérations professionnelles, en Bourses du travail et enfin la fameuse Confédération Générale du Travail (C. G. T.).

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