‹ L'armature sociale;Chapitre 44 sur 98 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le Fédéralisme Syndical Ouvrier

7. — Les Syndicats Ouvriers en 19i^i. — 77. Les Fédérations de Syndicats ouvriers. — 777. Les Bourses du Travail. — IV. La Confédération Générale du Travail. — Y. La rivalité du Parti socialiste et de la C. G. T.

Par la multiplication même des moyens de transport et des relations de toute espèce, par l'activité croissante des militants socialistes ou cégétistes, il n'est plus guère aujourd'hui de zone du territoire ou de compartiment économique qui n'ait été touché et modifié profondément par la propagande syndicale.

Même les professions ou les catégories sociales qui paraissaient devoir être les plus réfractaires sont venues, elles aussi, au syndicalisme : les ouvriers agricoles du Àlidi, les bûcherons du Cher, les femmes de tous métiers, les travailleurs à domicile, et en outre, des professions libérales, telles que médecins, journalistes, professeurs libres, voire même des employés et' petits fonctionnaires de l'Etat. On a vu des syndicats de médecins et de fonctionnaires affiliés à la C. G. T.

Cette rapide concentration syndicaliste est le fait le plus remarquable des quinze dernières

années. Elle représente actuellement une force sociale de premier ordre, traitant de puissance à puissance avec l'Etat, terrorisant le pâle syndicalisme patronal, entretenant des relations diplomatiques prudentes avec le syndicalisme agricole, et disputant avec succès aux socialistes l'autorité dans leur propre parti.

Le Ministère du Travail a publié des chiffres qui sont significatifs de l'ampleur croissante du mouvement. En 1884, il n'y avait que 68 syndicats ouvriers officiellement déclarés, sans indication du nombre des adhérents. En 1910, on en compte 5.260 avec 977.350 adhérents. Au 1er janvier 1914, ils sont 4.846, mais avec 1.026.302 adhérents, dont 89.364 femmes (1).

Dans l'agriculture la proportion des syndiqués ouvriers est très faible, (2,08 0/0). Ils ont en effet à leur disposition leurs syndicats agricoles spéciaux, et ils en usent très largement. Mais dans l'industrie et le commerce la moyenne de syndiqués ouvriers atteint 18,5 0/0.

Les effectifs des syndicats ouvriers sont très variables suivant les circonstances, (grève heureuse ou malheureuse), et suivant aussi les professions et les localités. Les syndicats naissent, meurent, renaissent, lluctuent perpétuellement, passant parfois du simple au double, et parfois aussi diminuant de moitié. Ils sont exceptionnellement de plusieurs milliers d'adhérents, (mi-

•1 Voir statistique *n appendice, pajf« 410.

l'armature sociale 2«il

rteurs, cheminots), mais plus fréquemment ils groupent à peine quelques dizaines de membres. Naturellement ce sont les petits syndicats qui sont de beaucoup les plus nombreux.

Page 1