IV. — Les Syndicats Généraux et le» Syndicats Spécialisés
A l'inverse, il existe en marge de cette classification toute une autre série de groupements, qui ont rendu de très grands services et qui méritent de durer. Ce sont les Syndicats généraux spécialisés dans certaines branches de la production agricole.
Le Syndicat central des Agriculteurs de France, créé à Paris dès le 7 juin 1884, s'est donné pour mission principale : 1° de favoriser la vente des produits agricoles; 2° de centraliser les demandes d'achat de machines, engrais, semences. En 1900, il comptait déjà 14.000 adhérents, répartis sur tout le territoire, France et Colonies.
il a organisé les services suivants : engrais, génie rural, semences, produits divers, bétail, librairie agricole, produits coloniaux, placement du personnel agricole, achat et vente de propriétés rurales, bureau des assurances, etc. La vente des produits agricoles de toute nature
constitue sa section la plus remarquable» semences et plants, vins, cidres, fruits, fourrages, pailles, bois de chauffage, surtout la vente du bétail, pour laquelle il a organisé depuis 1886, un service complet à la Villette.
Au 1er janvier 1908, son chiffre global d'aif aires atteignait 105 millions et demi de francs. Le taux de ses prélèvements pour couvrir ses frais généraux est inférieur à 2 0/0. Tous les autres profits et remises sont distribués intégralement aux ayants droit. Ses dirigeants les plus connus sont Dehérain, Prosper Gervais, Daniel Zolla.
Le Syndicat économique agricole de France, fondé et présidé par Kergall, directeur du journal la Démocratie Rurale, a pris pour programme exclusif la propagande en faveur des intérêts généraux agricoles* vis-à-vis des pouvoirs publics, du Parlement, des administrations, des divers syndicats et de tous les groupements sociaux ou économiques de toute espèce.
Cette propagande, qui est nettement régionaliste et antiétatiste, s'exerce par tous les moyens: journaux, livres, brochures, réunions et conférences, pétitions, vœux et délibérations, action électorale, pression politique et sociale, interventions parlementaires* etc.. Elle a, par conséquent, conservé un caractère plutôt politique et n'a qu'un intérêt corporatif restreint.
Le Syndicat pomologique de France fut fondé à Rennes, en 1891, et il a pris très vite une grande extension. L'industrie du cidre ne se lo-
calise pas, en effet, à nos provinces de l'Ouest, mais elle intéresse 65 départements. Le Syndicat pomologique a pour objet « l'étude et la vulgarisation des progrès techniques et des améliorations pratiques relatifs à la culture et à la protection des arbres, à la fabrication des cidres, poirés et eaux-de-vie. » Il distribue gratuitement à ses membres des greffons des meilleures variétés de pommiers, recherche les débouchés, organise des concours et des congrès, défend les intérêts économiques de la profession.
On trouve encore un certain nombre d'autres syndicats généraux moins importants, mais cependant vivaces, parmi lesquels il faut citer le Syndicat général des Bouilleurs de cru, (baron de Mackau), le Syndicat des Eleveurs de chevaux pur sang, (Edmond Blanc), le Syndicat des Forestiers et Sylviculteurs.
N'oublions pas enfin la très intéressante série des syndicats, (tant locaux que régionaux), qui se sont spécialisés dans une seule branche de culture ou d'industrie agricole. Ils sont extrêmement nombreux et prospères et participent à tous les caractères du meilleur syndicalisme agricole, bien que la statistique officielle les classe, — on ne sait trop pourquoi, — parmi les syndicats industriels patronaux.
Les Syndicats viticoles forment une importante catégorie de ces syndicats spéciaux. Ils pullulent dans les pays vignobles, (Beaujolais, Gironde, Midi, côtes du Rhône), où ils ont rendu
les plus grands services pour la lutte contre le phylloxéra et pour la reconstitution des vignes. Dans le Midi, ils ont, en outre, joué depuis quelques années un rôle marquant sous l'égide de la Confédération Générale des Vignerons, dans la défense des cours de vente et le relèvement des prix et de la qualité.
Les Syndicats horticoles sont très répandus dans les banlieues des grandes villes, pour la production des fruits, fleurs, légumes, primeurs, arboriculture et culture maraîchère. Ils s'occupent surtout, et très efficacement, de la recherche des débouchés en commun et de la stabilisation des cours de vente. Citons, parmi eux, comme syndicat-type, Y Association professionnelle de Saint-Fiacre, à Paris (Paul Blanche-
iMAIN).
Notons encore les Syndicats d'Elevage, les Syndicats Betteraviers, les Syndicats Laitiers, et parmi eux, les Fruitières et Fromageries, avec le fameux Syndicat de Poligny (Jura).