CHAPITRE X
Le Crédit Agricole
Z. — Les premières Caisses rurales. — H. Le Crédit agricole Syndical. — ///. Les Caisses Agricoles et la Banque de France. - — IV. Les Caisses Régionales. — V. Le Crédit collectif à long terme. — VI. Le Crédit individuel à long terme. — VIL L'Avenir du Crédit agricole.
De tous temps le problème du crédit agricole a vivement préoccupé en France non seulement les intéressés, mais encore les pouvoirs publics. Dès 1840, et jusqu'à nos jours, on trouve des initiatives nombreuses, des études approfondies de la question, des projets de lois multiples et d'ailleurs contradictoires, voire même des réalisations partielles ou incomplètes, suivies bientôt d'échecs retentissants.
Malgré cette abondance de docteurs spécialistes, (Léonce de Lavergne, Wolowsky, J.-B. Josseau, Tourret, Labiche), et peut-être même à cause d'elle, la question n'avait pas fait un pas à la veille des syndicats agricoles. Bien plus les meilleures bonnes volontés étaient découragées
et n'étaient pas loin de considérer le problème comme insoluble (1).
On s'était obstiné en effet jusque-là à tourner le dos à la véritable solution et à persister dans une voie où l'on ne pouvait rencontrer qu'une impasse. On cherchait le crédit agricole uniquement dans la direction du crédit réel, la terre elle-même devant former le gage naturel préalable sur bonne hypothèque que l'on croyait nécessaire; l'on organisa ainsi, dès les lois du 28 mai et du 10 décembre 1852, le Crédit foncier de France. Personne n'avait osé proposer le crédit personnel, c'est-à-dire le crédit sans gage, basé uniquement sur la confiance.
Ce crédit-là est pourtant le seul qui puisse rendre des services, parce qu'il est le seul à être véritablement du crédit, comme l'a fait très justement remarquer Léon Say. C'est le seul, en outre, qui puisse être mis à la portée de celui qui en a le plus besoin, — le petit agriculteur.