‹ L'armée allemande; étude d'organisationChapitre 103 sur 192 · TROUPES DE CHEMIN DE FER. S · texte numérisé non relu

TROUPES DE CHEMIN DE FER. S

et Lobourg, près de Magdebourg. Une section, chargée du tracé, précédait de deux ou trois journées, les compagnies chargées de l'infrastructure. Celle-ci était réduite au minimum par l'utilisation, aussi complète que possible, du terrain naturel ; les autres compagnies suivaient et terminaient la voie. La vitesse de construction fut de 12 kilomètres par jour en moyenne (1).

En 1897 eut lieu un exercice du même genre, entre Juterbog et Sichartsdorf. La vitesse de construction a été de 10 kilomètres par jour, malgré un terrain coupé qui a nécessité rétablissement d'un grand pont et d'un certain nombre de ponceaux. La ligne a servi au transport de tout un matériel de siège, environ 300,000 tonnes.

La partie de Tinstruction technique qui concerne plus particulièrement l'exploitation des voies ferrées se donne dans le chemin de fer militaire, qui constitue le domaine de la sectioa d'exploitation.

Il semble, dans ces conditions, que la brigade de chemin de fer doive être spécialisée dans les travaux de construction et de destruction, et servirait, en cas de guerre, à constituer les compagnies de construction et les compagnies d'ouvriers, tandis que la section d'exploitation fournirait les éléments des compagnies d'exploitation.

Les troupes de chemin de fer possèdent les mêmes règlements généraux que les bataillons de pionniers. Leurs règlements techniques comprennent :

Anleitung xur technischen Ausbildung der Rekruten der kôniglichen preussischen Eùenbahnbrigade (Instruction pour l'enseignement technique k donner aux recrues) 1898 (n*est qu'une description des outils et du matériel employés par les troupes de chemin de fer).

Anleitung zur Herstellung von Unterbau fur VoUbahnen dûrch Eisen' bahntruppen (Instruction pour rétablissement de Tinfrastructure des lignes à voie normale) 1899.

(I) Voir Revue militaire de ^Etranger, 2« semestre 1895, page 493.

ST4 CHAP. VIII. — ARMES r TROUPES DE COMMUNICATIONS.

ArUeitun§' zum V&Ugen von Oàerbau durth Eisenbahntruppeu (lofllrac tioa pour rétablissemeDi de la superstructure)^ de 1897..

Anleitung zum Verlegen uou Weichen durch Eùenhahntrufpen (Instruction pour rétablissement des aiguilles) i898.

Anleitun§ zum JBersteilung van Tiefboàrbrurmen durch Eisenbeûintmppen (InstevctLoa pour le forage des pmtB\ 1904.

Militât Eiânibahm Ordnur^ (BègloflMBl. pour Les transports militaires par chemin de fer) du !•' avril 4899.

1'' l^oupes de MëgnphSe.

Ckrfémisation ei effectif. — Le serrice de la télégraphie militaive fut confié^ jusqu'en 18d9', aox troqpes de pioamers.

Il était dirigé sous l'autorité de rinspecteur général des ingénieurs et des pionniers, par un officier supérieur ayant le rang et les attributions d'un commandant de régiment, et portant le titre d'inspecteur de La. télégraphie imlitaife.. Sou autorité s'exer^it pricMipaleinent sur rÉGoli& de télégraphie militaire de Berlin, qui disposait pour son service, particulier de la 5^ ccrni pagaie des pionniers de la Garde.

L'École* de télégraphie militaire, dirigée par un magor, donoait chaque année l'ioslructioû spéciale sur la télégraphie militaire à un certain Dombre d'officiersy sdttSroffîeiieFs et soldats, détachés des bataillons de pionniers, et des; régiaieDls de cavalerie.

Ce personnel, de retour à son corps, constituait un cadre d'instructeurs chargés de formep un certain nonahre de télégraphistes, suivaoJt les besoins de la mobilisation.

De plus, dans diaque grande place forte exiatait,. dès le temps de paix, un détachement de télégraphistes ayant pour chef un officier ingénieur, et eomposé en majeure partie de troupes d'infanterie.

La Bavière, avec FÉcoIe detélégraphFe de Bhmich, possédait une organisation analogue.

La loi de 1899 ne se contenta pas de placer sous Fautorité de l'inspecteur des troupes de communications le service de la télégraphie naiUtaire avec le faihtle inoiyaa de troupe

TROUPES n£ TELEGRAPHIE. 575

(5« compagnie des pioûDiers de la Garde) dont il disposait ; elle créa véritabteineolj les troupes de télégraphie. Trois bataillons pirussieoa englobant les imités saxonnes et wurtembergeoises, ek aae compagnie bavaroise, constituèrent les nouvelles- formations placées sous l'autorité de l'inspecteur des troupes de télégraphie ; l'École de télégraphie militaire eut son rôle diminué, elle reçut le nom d'École de télégraphie de cavalerie^ el n'ent plus à instruire- que le personnel détaché des régiments de cavalerie et quelques officiers de l'artillerie à pied (4).

Par contre, le service de la télégraphie dans les placés n'incombe pas aux nouvelles unités de télégraphie; les pionniers assureront comme par le passé, la liaison ées ouvrages entre eux par télégraphie électrique ou optique ; de même l'artillerie à pied établira la communication avec les batteries et leurs annexes par télégraphe ou par téléphone.

La Bavière a simplement créé une compagnie spécîate de télégraphie en 1901, mais a laissé,, comme par le passé, le service de la télégraphie sous la dépendance de l'inspecteur du corps des ingénieurs et des forteresses de l'armée bavaroise.

L'organisation des troupes de télégraphie résultant de ces nouvelles dispositions est actuellement la suivante :

L'inspecteur des troupes de. télégraphie dépend directement de l'inspecteur des troupes de communications. Aux termes de la décision du 27 mars 1899, « il a le rang et Tes c< attributions d''un commandant de régiment. Son action « s'étend sur toutes les questions concernant la télégraphie « militaire et les pigeons voyageurs (2). Il est le supérieur « direct des bataillons de télégraphie et dirige leur instreea iiou militaire! et techniq^ue ».

(1> L'orgBnisatiea efc Is* HUe de TÉfiole de télégraplûadeettiraleria ont été donaës «a Gfaifnlra Yl: Acokan

{%) Voir inènM cbupiÈre, page 546v 1» moilificatiûiiA ap9)QrtèeB par lai création, au !«' avril 1902, de la se^ticn éi«etnikt«chiui|,afit da Gomitô dos> ingénieurs.

Les troupes de télégraphie comprennent :

1® Inspection des troupes de télégraphie (Berlin) :

Bataillon de télégraphie n* 1 (à 3 compagnies), Berlin. La 3* compagnie est une compagnie saxonne ; le détachement de télégraphie wurtembergeois compte à ce bataillon. Enfin, l'École de télégraphie de cavalerie est également rattachée au 1" bataillon ; Bataillon de télégraphie n« 2 (à 3 compagnies),

Francfort-s/-Oder ; Bataillon de télégraphie n« 3 (à 3 compagnies), Coblentz ; 2^ Compagnie de télégraphie et École de télégraphie de cavalerie bavaroises (Munich).

L'effectif total des troupes de télégraphie comprend,

d'après le budget :

50 officiers (1);

-«-ou j * j * I 165 sous-officiers;

1518 hommes de troupe dont \\^k^ h

La répartition de ce personnel par nationalité a été donnée au Chapitre I«' (2).

Les troupes de télégraphie ne disposent pas, en temps de paix, de chevaux de troupe, mais des groupes d'attelages, spécialement destinés aux bataillons de télégraphie, sont respectivement rattachés aux bataillons du train de la Garde (Berlin), n* 3 (Spandau), n® 8 (Ehrenbreitstein), et stationnent dans les garnisons des bataillons de télégraphie.

L'École de télégraphie de cavalerie doit être également

(1) Les officiers proviennent pour la presque totalité du corps des ingénieurs et pionniers, quelques-uns sortent de l'infanterie et quelques lieutenants des troupes de chemin de fer. Pour assurer, au moins en partie, le recrutement des officiers de troupes de télégraphie au moyen d'éléments instruits dans les bataillons mêmes de télégraphie, le budget de 1902 a prévu la création de 9 enseignes (dont 8 en Prusse et 1 en Saxe), soit i par compagnie de télégraphie.

(2) Voir Chapitre I" : Effectifs budgétaires, page 54.

TROUPES DE TELEGRAPHIE.

pourvue d*un groupe d'attelages d'effectif moindre que les précédents.

Les tableaux suivants donnent la composition :

D'un bataillon de télégraphie prussien ; De la compagnie de télégraphie bavaroise.

La composition des groupes d'attelages sera indiquée à propos du train.

Bataillon de télégraphie prussien à 3 compagnies.

OfGcier supérieur, commandant. . . .

Capitaines

Lieutenants en i"

Lieutenants

Médecins

Payeur

Armurier

Feldwebel

Vize-feldwebel

Fïhnrich

Sergents

Sous-officiers

Tambour-major

Aspirant-payeur

Rengagés.

Gefreite

Simples soldats

Infirmiers (soldats ou sous-officiers) OuTriers

OBSBBYATIONS.

(a) Dont 1 k l*«Ut*Ba|or da bataillon.

(b) Dont talUon.

i'adJaUDt 4e ba-

Soit, en résumé, pour 1 bataillon de télégraphie à 3 compagnies :

45 officiers, 2 médecios, 2 employés, 50 sous-officiers, 402 hommes.

CompRgn'iB de tél^raphîe bavaro/so.

Capitaine '

Lieutenants en i" ou UejUeoaots

Payeur .'..

Fefdwebel

Vize-leldvebeL

Sergents

Soas-ofûcicrs

Rengagés

Gefreite

Simples soléats.

OuTrier

Infirmier (soldat oa sous-offieier),

EFFECTIF

OBSBBYATlOirS.

Soit en résumé, pour la compagnie de télégraphie bavaroise :

5 officiers, 1 employé, 18 sous-officiers, 452 hommes.

Armement, habillement, équipement. — L'artoement, Thabillement et l'équipement des troupes de télégraphie sont les mêmes que ceux des bataillons de pionniers de. la Garde pour le 1«' bataillon, des bataillons de la ligne pour les deux autres.

Les pattes d'épaule de la tunique et du manteau portent simplement des foudres en drap jaune.

Instruction et règlements. — Les bataillons de télégraphie appliquent les mêmes règlements d'instruction militaire que les troupes de chemin de fer.

La manœuvre à pied, la gymnastique, le tir constituent les bases de cette instruction qui est donnée surtout pendant la période d'hiver, aussi bien pour les anciens soldats que pour les recrues. L'instruction individuelle, pour ces derniers, doit être terminée vers la fin de janvier.

L'instruction technique comprend tous les détails de la télégraphie militaire (électrique et optique) et de la téléphonie. Elle débute par la manipulation des appareils, l'établissement de lignes télégraphiques, la construction de ponts légers.

TROUPES d'a^rostation. 879

Elle est complétée par des exercices de pose de lignes et la participation aux manœuvres d'automne. Cette participation est prévue par la décision du 27 mai 1899 ; elle doit être ré^ glëe par l'inspecteur général des troupes de communications, d'accord avec le commandant de corps d'armée« Elle est, d'ailleurs, recommandée par le règlement sur le service en campagne qui autorise chaque corps d'armée, partant pour les manœuvres, à constituer des fractions de section télégra^ phique de corps d'armée ou d'armée, pour employer ces unités dans des conditions se rapprochant, autant que possible, de celles de la guerre.

On peut indiquer, en dernier lieu, comme exploitation permanente militaire, le réseau télégraphique de Berlin, qui relie les casernes et les principaux bâtiments militaires. 11 ne comprend pas moins de 46 stations télégraphiques et est dirigé par l'officier supérieur, chef de la section électrotechnîque du* comité des Ingénieurs.

Les règlements d'instruction militaire des troupes de télégraphie sont ceux des troupes de chemin de fer. Les règlements techniques comprennent :

TeUgraphen-BavrOrdnung (Règlemeut sur la construction des lignes télégraphiques) de 4877. •

Vorschrift fur die Handhahung des Dienstes auf Feld-telephon stationen (Règlement pour l'exécution du service dans les stations téléphoniques de campagne) 1801 •

S» Troupes d'aérostation.

Organisation et effectifs. — La première troupe permanente d'aérostatîon fut créée en Allemagne en 1884 ; elle ne comprenait que trois officiers et une trentaine dTiommee tirés de l'infanterie, et le nom qui lui fut donné, « station d'expériences », semble indiquer que son rôle était plutôt de procéder & des essais que de constituer le noyau d'une fol'mation de guerre.

Compagnie de tô/égraph/e bavaro'ne.

Capitaine '

LieutenanU en i" ou UejUeoaots

Payeur :

Feldwebel

Tize-leldwebei

Sergents

Soas-officiers

Rengagés

Gefreite

Simples soMats.

OuTrier

Infirmier (soldat on sons-offieier).

EFFECTIF

OBSBlYATlOirS.

Soit en résumé, pour la compagnie de télégraphie bavaroise :

5 officiers, 1 employé, 48 sous-officiers, 452 hommes.

Armementj habillement^ équipement. — L'armement, Thabillement et l'équipement des troupes de télégraphie sont les mêmes que ceux des bataillons de pionniers de. la Garde pour le 1^' bataillon, des bataillons de la ligne pour les deux autres.

Les pattes d'épaule de la tunique et du manteau portent simplement des foudres en drap jaune.

Instruction et règlements. — Les bataillons de télégraphie appliquent les mêmes règlements d^nstruction militaire que les troupes de chemin de fer.

La manœuvre à pied, la gymnastique, le tir constituent les bases de cette instruction qui est donnée surtout pendant la période d'hiver, aussi bien pour les anciens soldats que pour les recrues. L'instruction individuelle, pour ces derniers, doit être terminée vers la fin de janvier.

L'instruction technique comprend tous les détails de la télégraphie militaire (électrique et optique) et de la téléphonie. Elle débute par la manipulation des appareils, l'établissement de lignes télégraphiques, la construction de ponts légers.

TROUPES d'aérostation. 579

Elle est complétée par des exercices de pose de lignes et la participation aux maûoeuyres d'automne. Cette partiel patiou est prévue par la décision du 27 mai 1899 ; elle doit être réglée par l'inspecteur général des troupes de communications, d'accord avec le commandant de corps d'armée« Elle est, d'ailleurs, recommandée par le règlement sur le service en campagne qui autorise chaque corps d'armée, partant pour les manœuvres, à constituer des fractions de section télégra^ phique de corps d'armée ou d'armée, pour employer ces unités dans des conditions se rapprochant, autant que possible, de celles de la guerre.

On peut indiquer, eu dernier lieu, comme exploitation permanente militaire, le réseau télégraphique de Berlin, qui relie les casernes et les principaux bâtiments militaires, 11 ne comprend pas moins de 46 stations télégraphiques et est dirigé par l'officier supérieur, chef de la section électrotechnîque ducomité des ingénieurs.

Les règlements d'instruction militaire des trbupes de télégraphie sont ceux des troupes de chemin de fer. Les règlements techniques comprennent :

Teleqraphm-BaurOrdnung (Règlement sur la construction des lignes télégraphiques) de 1877. •

Vorschrift fur die Handhabung des Dienstes auf Feld-telephon stationen (Règlement pour l'exécution du service dans les stations téléphoniques de campagne) 1891.

8« Troupes d'aérostation.

Organisation et effectifs. — La première troupe permanente d'aérostatîon fat créée en Allemagne en 1884 ; elle ne comprenait que trois officiers et une trentaine dTiommefl tirés de l'infanterie, et le nom qui lui fut donné, « station d'expériences », semble indiquer que son rôle était plutôt de procéder & des essais que de constituer le noyau d'une formation de guerre.

En 1886, celte troupe prit le nom de section (faérosiiers et Tut rattachée au régiment de chemin de fer ; son effectif fut porté, en 1894, à 6 officiers et 140 hommes. ♦ Enfin, la loi de 1899 décida que les troupes d'aérostation comprendraient, au total, un bataillon prussien (à deux compagnies) et la section bavaroise (dont la création remontait à 1890). Le bataillon prussien était immédiatement subordonné à rinspectiou des troupes de communications et ne dépendait plus du l*' régiment de chemin de fer que pour les questions concernant les tribunaux d'honneur, les fonds de secours, etc.

La section bavaroise compte au I*' corps bavarois et dé- •pend, au point de vue technique, de rinspecleûr du corps des ingénieurs et des forteresses de l'armée bavaroise.

La création, au 1" octobre 1901, d'une compagnie prussienne, comme dernière mesure d'application de la loi de 1899, a conduit à la composition suivante, pour les troupes d'aérostation :

Bataillon prussien à deux compagnies (Berlin); Section bavaroise (Munich).

L'effectif total de ces troupes est de : .

16 officiers,

oA^ , j , j .( 34 sous-officiers,

397 hommes de troupe, dont},,.^ .

Un groupe d'attelages a été constitué pour le service du bataillon d'aérostiers prussien ; rattaché tout d'abord au. bataillon du train de la Garde, il est passé, depuis le 1^' avril 1902, au bataillon d'aérostiers, tout en conservant le même personnel et le même mode de recrutement.

Le tableau ci-dessous donne la composition du bataillon prussien et de la section bavaroise :

TROUPES d' AÉROSTATION. 881

Effectifs de paix des troupes cT aéroat/ers.

Onicier sopérieur, commaDdant

Gapitaiaea

•ATÀlLtOM

pruMlra (« eoapa-

•BCTION

bavaroiM.

OBSERVATIONS

(a) Dont a profeaaaiirs.

(») Dont i aiUaUBt.

Lienteoanta en 4*' et lieutenants

Médecins

Payeur

Chef d'atelier ! \

Armurier

Feldwebel

Vizf-feldwebel ! . . .

Sergenls

Sons-orâciers . . .

Aspirant-payeur

Renaacés.

Gcfreile

Simples soldats

OuTriers

Infirmiers (soldats ou sous-offieiers)

Soit, en résumé :

Pour le bataillon prussien : 13 officiers; i médecin, 3 employés, 38 sousofficiers, 264 hommes.

Pour la section bavaroise : 4 officiers, 1 médecin, 1 employé, 14 sousofficiers, 81 hommes.

La composition du groupe d'attelages sera indiquée à propos du train.

On voit, par ce tableau, que le bataillon d'aérostiers prussien comprend trois capitaines professeurs; il constitue, en efîet, un centre d'instruction pour les officiers qui auront à assurer le service de l'aérostation dans les places fortes, les états-majors, etc.

Depuis 1898, la section d'aérostiers de Berlin recevait, le !•' octobre de chaque année, une dizaine d'officiers de toutes armes qui venaient y suivre un cours spécial d'une durée d'un an; ce chiffre a été porté à quinze en 1902; en outre, elle admet tous les ans, le 1" avril, pour une période de trois mois, un grand nombre d'officiers de différentes armes. Les premiers reçoivent une instruction technique relativement complète et sont exercés aussi bien aux ascensions en ballon

libre qu'en ballou captif. L^enseignemeilt donné aux seconds est limité à ce qui concerne l'emploi des ballons captifs.

Cette instruction, donnée à Berlin et qui vise plus spécialement la guerre de campagne, est indépendante des cours et exercices pratiques qui ont lieu dans les places fortes, avec la participation des officiers et des troupes de la garnison, sous la direction des officiers appartenant ou* ayant fait un stage aux aérostiers.

Armemeîit. — Habillement. — Matériel. — Les aérosUerS; sont habillés et équipés comme les pionniers, mais portent le shako des chasseurs de la Garde au lieu du casque à pointe.

Leur signe distinctif consiste en la lettre L, placée sur les pattes d'épaule.

Ils sont armés du mousqueton, de.rartiilerie à pied..

Les aérostiers emploient deux sortes de ballons :

a) Le ballon sphérique pour les ascensions libres ;

b) Le ballon cerf-volant {Drachen ballon) qui permet lesascensions captives, même lorsque la vitesse du vent (audessus de 10 mètres) les rend difficiles pour les ballons sphériques.

Le ballon cerf-volant a la forme d'un cylindre allongé terminé par deux hémisphères (longueur 14 mètres, diamètre 6 mètres) ; à la partie postérieure est fixé un gouvernail en forme de chenille qui a pour but de maintenir la tête du ballon contre le vent. Un ballonnet intérieur peut être gonflé d'air, de manière à conserver au ballon sa rigidité.

Le mode de suspension de la nacelle et le système d'attache du c&ble amènent le ballon à prendre une position oblique, qui lui permet de s'élever, dans une certaine mesure, sous l'action du vent.

L'inconvénient de cet appareil est de ne pouvoir effectuer d'ascension libre, la position oblique n'étant maintenue que grâice au point d'appui fourni par le c&ble. Ce dernier est en fils d'acier dé 5™*^ et a une longueur de 1000 mètres.

Le gonflement des ballons se fait au moyen du gaz hydro*

TROUPES D*AÉROSTAnON. 583

gène comprimé à 150 atmosphères dans des cylindres; ceux-ci sont transportés sur des voitures attelées à six chevaux, à raison de douze récipients par voiture; six de ces voitures sont nécessaires pour gonfler un ballon.

La section d'aérostiers de campagne emmène comme matériel :

2 voitures d'agrès J

12 voitures à gaz > attelées à 6 chevaux ; 1 voiture-treuil ) qui constituent Téchelon de combat et, en plus, au train régimentaire :

1 fourragère à 4 chevaux ;

1 fourgon à vivres à 2 chevaux ;

4 fourgon à bagages.

Le personnel comprend :

à) Comme aérostiers :

5 officiers (dont le capitaine de la section), 12 sous-

offîciers, 95 aérostiers ; b) Comme personnel auxiliaire :

2 officiers (du train), 1 médecin, 1 vétérinaire, 7 sous-

officiers, 54 soldais du train, 1 infirmier, 1 maréchal ferrant.

Soit au total : 7 officiers, 1 médecin, 1 employé, 170 sousofficiers ou hommes.

Les chevaux sont au nombre de 124, dont 22 de selle, 402 de trait.

Le matériel et le personnel sont répartis en 2 pelotons, comptant chacun 6 voitures à gaz, soit dans chaque peloton le matériel nécessaire pour 1 gonflement; les aérostiers peuvent prendre place sur les voitures, à raison de 5 par voiture.

Les voitures vides sont ravitaillées en gaz au moyen de convois spéciaux, dits « Gaskolonnen », par échange de récipients. Un de ces convpis marche en principe avec le 1®' éche-

Ion des colonnes de munitions ; il contient le gaz nécessaire pour 2 gonflements.

Le projet de règlement du 17 octobre 1901, admet que l'observation sera difficile au delà de 7 kilomètres ; le ballon, dans les circonstances favorables, pourra s'élever jusqu'à 1000 mètres ; mais une hauteur de 600 mètres sera généralement suffisante en campagne. La nacelle, par un temps tranquille, peut contenir 2 officiers.

Enfin, ce même règlement prévoit l'emploi des aérostiers dans les sièges, soit pour l'attaque, soit pour la défense ; ils utiliseraient soit des ballons captifs, soit des ballons libres.

Instruction et règlements, — Les aérostiers ont un règlement particulier, portant la date du 17 octobre 1901 (Exerzir Règlement fur Luftschiffer). Il comprend cinq parties consacrées respectivement à la manœuvre à pied, à la manœuvre du ballon, à la manœuvre de la section attelée, à l'emploi du ballon en campaigne, aux formations pour les revues et défilés.

La manœuvre à pied (y compris le maniement d'armes), est « limitée à ce qui est nécessaire pour l'instruction de l'homme isolé, le maintien de la discipline, les exigences du service de garnison et des revues ». La manœuvre en ordre dispersé comprend la formation de la ligne de tirailleurs, la marche en avant par bonds successifs et même l'assaut. Ces prescriptions paraissent en légère contradiction avec la recommandation, placée en tête du règlement, « de ne pas perdre « de vue dans l'instruction du combat à pied, que les aéros- « tiers n'utilisent en général leur arme que pour leur défense « personnelle, celle du ballon ou des voitures ».

La manœuvre du ballon commence quelques semaines après l'incorporation des recrues, dès que celles-ci ont fait quelques progrès dans l'instruction individuelle. Les hommes sont exercés aux différentes fonctions dans les groupes nécessaires au service du ballon (\),

(i) Le règlement prévoit 7 groupes savoir : groupe du ballon (2 sous-

TROUPES d'aérostation. 588

La manœuvre de la section attelée ne comprend que les mouvements nécessaires pour passer de la formation de rassemblement à la marche en ligne ou en colonne par voiture ou inversement. Elle concerne plutôt le détachement du train affecté à la section, que les aérostiers proprement dits.

L'instruction du tir est donnée d'après le règlement de l'artillerie à pied.

L'instruction technique des aérostiers est complétée chaque année par la participation de détachements d'aérostiers aux manœuvres les plus importantes, notamment aux manœuvres impériales.

Enfin, sur le polygone de Tempelhof, les aérostiers se livrent à diverses expériences, telles que la transmission des renseignements d'un ballon captif au sol à l'aide du téléphone, ou l'établissement de communications au moyen de la télégraphie sans fil.

YII. — Le Train.

1<> Organisation et efléctiiiB.

Commandement. — Inspection du train. — Jusqu'en 1890, les formations du train dépendaient des commandants de corps d'armée, au point de vue du commandement territorial et de l'administration et d'une inspection spéciale dite « du train », pour les questions de personnel et les affaires techniques.

Un ordre de Cabinet du 20 février 1890, supprima l'inspection du train (tout au moins en Prusse), et la remplaça par une Inspection « des dépôts du train ». Les bataillons

officiers, 38 hommes), du gaz (1-12), de la nacelle (1-4), du treuil (1-4), du téléphone (1-4), d'avant-garde pour préparer la marche du ballon (1-4), et enfin i groupe de réserve ou haut-le-pied (1-iO), soit au totaf S sous-officiers, 76 hommes.

586 CHAPn»B. vm. — les abmes : train.

étaient rattachés aux brigades d'artillerie et dépendaient coBopIètement des commandants de corps d'armée. L'Inspection des dépôts du train ^ relevant directement du ministère de k gues're, n'avait d'action que sur le personnel et le matériel des dépôts.

Lors de la création de la Direction générale du matériel en 4898-99, l'Inspection des dépôts du train .passa sous sa dépendance, au même titre que l'Inspection des dépôts d'artillerie.

Quatre organes nouveaux portant le titre de Directions des dépôts du train, servirent d'intermédiaires entre rinspection et les dépôts ; la situation des bataillons du train par rapport au commandement, n'était pas changée : ils dépendaient toujours du commandant de corps d'année par l'intermédiaire des brigades d'artillerie.

L'ordre de Cabinet du 16 juin 1899, qui plaçait les brigades d'artillerie sous les ordres des commandants de division, a modifié cette organisation ; les pouvoirs des commandants de corps d'armée sur les bataillons du train sont restés les mêmes, mais les droits des généraux commandant les brigades d'artillerie, sont passés à l'inspecteur et aux directeurs des dépôts du train. C'est ainsi que, en ce qui concerne les congés et les punitions, les directeurs des dépôts ont sur les commandants des bataillons les attributions d'un chef de corps, et l'inspecteor celles d'un général de brigade.

L'action de Tinspecteur et des directeurs des dépôts du train ne s'étend pas seulement dans le domaine de l'administration, mais dans toutes les branches du service; aussi, une décision récente (13 juillet 1902) a mis les termes en concordance avec les faits, en remplaçant respectivement les roots d'inspecteur et directeur des dépôts du train par inspecteur et directeur du train.

Aux termes mêmes de la décision du 16 juin 1899, Tinspecteur du train est chargé :

• « à) De rinspection des directeurs du train, et de rétablisse sèment des feuilles du personnel ; « b) De la détermination des prescriptions permettant d'ob-

ORGAinSlTION ET EFFECTIFS. S87

« tenir runiformité dans le service du traio et dans TiDstruc- (t tion des officiers.

<r II doit passer TiDspection des bataillons dn train noe fois n par an, en faisant coïncider j s'il y a lieu, cette inspection a avec la revue du matériel d'exercices.

«c Le résultat des inspections et les prescriptions de toute « nature concernant le service du train, doivent être adressés « par l'inspecteur du train au général commandant le corps « d'armée. »

Quant aux directeurs, ils .ont sur les bataillons du train qui tiennent garnison dans leur arrondissement, les pouvoirs d'un véritable chef de corps.

« lis sont chargés :

« à) De la conduite, de l'instruction et de la surveillance « de l'exécution du service dans les bataillons du train.

« Ils les inspectent deux fois par an, savoir :

« Au printemps : conduite des voitures, manœuvre à pied, « gymnastique, instruction théorique*;

« A l'automne : exercices de formations du train sur le « pied de guerre.

« Le résultat des inspections (dont Tune coïncide avec la « visite annuelle du matériel) fait l'objet d'un rapport adressé « au commandant de corps d'armée.

De plus, les drrecteinrs doivent développer chez les ofBciers l'instruction professionnelle, -au moyen de travaux d*hiver, conférences et manœuvres sur la carte.

Ils établissent les feuillets du personnel des commandants des bataillons du train et, par Tîntermédiaire de Tinspecleur du train, transmettent au commandant de. corps d'armée toutes leurs propositions en faveur des officiers du train (sauf ceux des dépôts) (1).

L'Inspection du train est actuellement confiée à un colonel

(i) Voir au Chapitre IX, { YIII : Directum généntle do nwtériel, les attributions de l'inspecteur, des directeurs et des commandants des bataillons du traÎB, en ce qû concerne les dépôts du train.

du train ; elle comprend deux majors et un lieutenant (adjutant).

Les directeurs du train sont des lieutenants-colonels ; ils sont assistés d'un officier (major ou capitaine) et d'un capitaine (ou lieutenant) adjutant.

L'ensemble de l'organisation prussienne peut se résumer ainsi :

Inspection du train (Berlin).

(Dépend de la Direclion générale du matériel).

DépAto.

l KOnigsberg.

1" Direction du train (Danl-fl", V«, VI» et Xlh corps J Posen.

zig) l d'armée: ) Breslau.

' Dantzig.

I Berlin.

iSErg.

Rendaburg:

Munster.

3. Direction du train (Cssel). ( 'ëo' n,,'?;,;,^:..:..:;:} grm"""*"'-

A * ' /r n fVlI-, VIIK X- Cl XIM Eh

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-fXlV%XV«, xvi«etxvm«( ,1 corps d'armée i

Cassel.

Carlsnibe.

4« Direction du train (Stras- fXlV%XV«, XVI« et XVIllM Strasbourg.

bourg) [ corps d'armée ) Forbach.

Darmstadt.

Dans les pays autres que la Prusse, les bataillons du train dépendent des commandants de corps d'armée ; les commandants des bataillons du train dirigent en même temps les dépôts du train correspondants.

La Bavière qui avait adopté, en 4872, l'organisation prussienne et placé les dépôts du train sous la dépendance de l'Inspection de l'artillerie et du train, créa, en 1889, une inspection du train*; celle-ci disparut en 1892, et les dépôts du train furent rattachés à l'Inspection bavaroise de l'artillerie à pied. Lors de la suppression de cette dernière inspection, en 1901, les dépôts passèrent sous la dépendance d'une Direction des dépôts de l'artillerie et du train, relevant directement du ministère de la guerre.

En Saxe, les dépôts du train de Dresde et de Leipzig,

relèvent de la Direction du matériel du ministère de la guerre saxon.

En Wurtemberg, le dépôt de Ludwigsbupg dépend de la section de l'armement du ministère de la guerre wurtembergeois.

Le nombre des unités. — Effectif budgétaire. — Le nombre des bataillons du train s'est accru en raison des augmentations successivement apportées à Tefifectif des troupes allemandes par les différentes lois militaires : en règle générale, à chaque carps d'armée est rattaché un bataillon du train.

De plus, le nombre des compagnies de chaque bataillon qui était de 2 en 1874, a été progressivement porté au chiffre de 3 par bataillon (sauf pour le 3' bataillon bavarois, qui compte toujours 2 compagnies).

Une innovation importante fut introduite par voie budgétaire en 1891-92; ce fut la création de groupes d^attelages^ constitués au moyen de chevaux de gros trait ; ils étaient destinés exclusivement aux troupes de Tartillepie à pied, mais étaient rattachés aux batailjons du train.

Les essais faits à cette époque, amenèrent l'autorité militaire à demander, dans le projet de loi de 1893, la création d'un groupe d'attelages par régiment d'artillerie à pied « aOn de permettre à cette arme d'être employée conjointe- « ment avec les troupes de campagne ».

Le Parlement refusa les crédits nécessaires, mais l'autorité militaire ne se tint pas pour battue et reprit en détail la demande rejetée en bloc. C'est ainsi qu'aux deux groupes d'attelages créés en 1891-92, dans les XIV® et XV* corps, vinrent s'ajouter successivement :

2 groupes en 1895-96, rattachés au IV® et au XI® corps

(en môme temps le groupe du XIV® corps passait au XVI® corps) ;

3 groupes en 1897-98, affectés au VI® et au XVII® corps

et à un corps bavarois (en même temps le groupe du XI® corps passait au VIII®) ; 2 groupes en 1899, affectés au III® et au XVIII® corps.

890 CHAPITRE ym. — lbs abmbs : train.

Un ordre de Cabinet du 2i mars 1902, a rattaché les groupes d'attelages prussiens à des régiments d'artillerie à pied (4) ; mais, jusqu'à nouvel ordre, rien n*est changé dans le recrutement, la remonte, etc., de ces groupes et leur commandement est toujours exercé par un lieutenant du train, spécialement désigné par l'Empereur.

La Bavière a pris, en juin 1902, une mesure analogue.

La loi de 4899 amena la constitution de groupes d'attelages pour les troupes de communications, savoir :

3 groupes destinés à chacun des trois bataillons de télégraphie; i groupe pour l'École de télégraphie de cavalerie ; 1 groupe pour le bataillon d'aérostiers. Ce dernier groupe a été rattaché au bataillon d^aérostîers, par l'ordre de Cabinet du 21 mars 1902, comme il vient d'être dît pour les groupes destinés à Tartillerie à pied.

Actuellement, les troupes du train comprennent, en temps de paix :

a) 23 bataillons du train ^ savoir :

Le bataillon du train de la Garde ; Les bataillons du train n" 1-19 (dans ceux-ci sont compris les bataillons saxons (n«* 12 et 19), le bataillon wurtembergeois (n* 13); Les 3 bataillons bavarois (2).

Les bataillons sont à 3 compagnies, sauf le 3« bataillon bavarois qui n'a que 2 compagnies.

Ils portent le numéro de leur corps d'armée ; en plus de leur numéro de série générale ils peuvent porter un numéro distinct rappelant le contingent dont ils font partie (2® bataillon du train saxon n^ 19), ou le nom de la province dont ils tirent leur recrutement (bataillon du train rhénan, n» 8).

(j) Voir même chapitre : L'artillerie à pied, page 526.

(2) Le 1" bataillon du train bavarois a été augmenté, le !«' octobre 1902, de 9 hommes (dont 2 sous-officiers) et 14 chevatjx pour le service de la compagnie de télégraphie et de la section d'aérostiers bavaroises.

ORé^AICISATIOK ET EFFECTIFS.

b) 14 groupes (Tatteiafes^ savoir :

9 destinés à l'artillerie à pied et rattachés à des régiments de cette arme ;

3 aux troapes de télégraphie, rattachés aux bataillons da train de la Garde et n*« 3 et 8 ;

1 à rÉcole de télégraphie de cavalerie, rattaché au bataillon de la Garde.

1 au bataillon d'aérostiers, rattaché au bataillon d'aérostiers. •

L'effectif total du train, en y comprenant tous les groupes d'attelages, est d'après le budget, de : 331 officiers (f) ;

o ooo u j X j ^ U >804 sous-officiers ;

8,238 hommes de troupe dont ifi a^a h •

5 , 0S5 chevaux de troupe.

(i) Les officiers du train se reerutent suivant les règles générales en TÎgaenr dans Tarmée allemande, et à titre exceptionnel parmi les officiers de réserve. Les officiers d'autres armes peuvent paseerdans le train par permutation.

IVaprès les annuaires prussiens, saxons ou bavarois pour 1901, la i^artiUon des officiers par grade et par emploi, est la suivante:

a) Dans les inspections ai direclitns du train

TOTAUX

b) Dans les bataillons

e) Dans ies dépôts

Totaux

Dans ces chiftpesBe sont pas compris ks officiers (lue dizaine environ) employés dans le oorps expéditioonaire de Gbioe. , Par contre» 10 lieutenants (dont 8 d*infaiUerie et 2 de cavalerie) sont détachés dans le train ponr y faire le service.

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