LES ORDINAIRES
et généralement un ordinaire spécial pour les sous-officiers, dans chaque bataillon, régiment de cavalerie et groupe d'artillerie. L'ordinaire doit assurer aux hommes trois repas par jour, le matin, à midi et le soir. A cet effet, l'unité administrative perçoit les allocations en argent, et délivre aux parties prenantes les aliments préparés.
La gestion de l'ordinaire est confiée à une commission comprenant :
i capitaine, président, 1 lieutenant, 2 sous-officiers dont un secrétaire, et quelques soldats.
Le capitaine dispose des recettes et fixe les dépenses. Les recettes proviennent des allocations en argent, du produit de la vente des issues et des économies réalisées sur la cantine ; les dépenses ne doivent porter que sur l'achat des vivres et des matières ou objets indispensables à la gestion de l'ordinaire.
Les achats de denrées se font soit directement chez les fournisseurs, soit par marchés passés par la commission. 11 est interdit de traiter avec un seul entrepreneur pour l'ensemble des fournitures.
Le payement se fait toujours sur factures à la caisse du payeur de l'unité; cet employé doit également procéder à la vérification des cahiers d'ordinaire.
Le lieutenant doit être à même de remplacer le capitaine président, dans le cas où ce dernier s'absenterait momentanément. Il est chargé de surveiller spécialement le service des cuisines et de veiller à l'emploi des fonds mis à la disposition du sergent secrétaire pour les achats directs.
La préparation des repas se fait sous la surveillance du sergent secrétaire, qui doit veiller à la propreté des cuisines et à régale répartition des aliments.
Les repas du matin et de midi doivent toujours être des repas chauds. Le repas du soir peut être chaud ou froid. Il est servi froid surtout en été et, dans ce cas, il peut être distribué peu après le repas de midi. Les jours de fête, ou en cas d'exercices se prolongeant au delà de l'heure du repas de midi, celui-ci et le repas du soir peuvent être réunis en un seul repas plus substantiel.
• Gestion des fonds, — Les fonds de l'ordinaire constituent, dans l'unité, une véritable masse gérée par le payeur. Ces fonds peuvent être consacrés non seulement à payer les dépenses courantes de raliraentation, mais encore à créer une réserve d'approvisionnements. Le règlement prescrit, eu effet, que des avances décomptées à raison de 625 francs par centaine d'hommes vivant à l'ordinaire peuvent être faites à la commission d'ordinaire, sur l'avis du chef de corps, pour constituer dans des conditions avantageuses des approvisionnements pour l'hiver. Ces avances se compensent au fur et à mesure des consommations : elle doivent être intégralement couvertes au !•' août de l'année suivante au plus tard.
Les économies réalisées sur l'ordinaire ne doivent servir qu'à améliorer l'alimentation et à acheter de menus objets de vaisselle : elles ne doivent pas dépasser 1 fr. 25 par homme.
Comptabilité. — Les compagnies, escadrons, batteries, n'interviennent dans la comptabilité des ordinaires que pour fournir chaque jour, à la commission, l'effectif de leurs rationnaires.
Ces effectifs, reproduits et totalisés au cahier d'ordinaire, servent de base au décompte des denrées fournies par la commission et consommées par les unités. Les consommations sont reproduites en sorties au registre d'entrées et de sorties de la commission d'ordinaire, ce registre est mensuel. Enfin, il existe un registre-inventaire du matériel de cuisine.
Ces registres sont tenus par le sous-officier secrétaire de la commission, qui perçoit de ce chef une indemnité de 2 fr. 50 par mois et par centaine ou fraction de centaine d'hommes vivant à l'ordinaire.
Cas particuliers. — L'administration se réserve le droit de distribuer aux troupes, à titre remboursable, certaines denrées : café, sel, poivre, légumes secs, conserves de viande et de légumes. Le remboursement par les corps s'effectue en fin de trimestre.