‹ L'armée allemande; étude d'organisationChapitre 174 sur 192 · I. — Marine Impériale allemande · texte numérisé non relu

I. — Marine Impériale allemande

Contrairement à ce qui existe pour l'armée de terre qui est formée de la réunion de divers contingents, la marine allemande est une pour tout l*Empire et est placée sous les ordres immédiats de TEmpereur.

La marine allemande a pris un développement considérable, surtout depuis 4898^ grâce à Taction personnelle de l'empereur Guillaume II ; nous résumerons les lois successives qui ont régi son organisation depuis celte époque et donnerons sa situation actuelle, résultat de Tapplication des premières dispositions de la loi de 1900.

Iioi du 10 avril 1898.

En 1897, la flotte allemande comprenait, abstraction faite des bâtiments-écoles et des navires sans valeur militaire :

j 12 cuirassés d'escadre (Lim'tfwcAi^.

20 cuirassés . . ( g cuirassés gardes-côtes (Kûslenpanzerschi//).

(1) Cet appendice est dû à la coliaboration de M. le capitaine Brissaud- Desmaillet, de l'État-major de l'Armée, et de M. le lieutenant de vaisseau de Reinach-Wcrth, tîc rÉlat-major général de la Marine.

^^ r 10 grands erouears.

•^«'*'«°'»-{23^iU croiseur».

^^ . .„ ( '77 ao-dessoos de 900 toonetox.

86 torpilleur».} g ^„^^^

L'effectif des équipages et troupes de marioe s^élevait à 18,138 hommes, dont 1072 ofBciers.

L'empereur Guillaume II estimait que cette flotte ne pouvait assurer, en temps de guerre, la protectioa des côtes allemandes et sauvegarder, en temps de paix, les intérêts germaniques d'outre-mer; mais le Parlement se montrait décidé à refuser toute augmentation.

Dans le courant de l'automne 1897, deux événements opportuns démontrèrent TinsufCsance des forces énumérées ci-dessus. Ce furent : l'emprisonnement d'un sujet allemand à Haïti et le meurtre de deux missionna'ures allemands dans le Chantoung.

Le gouvernement profita de l'émotion causée par ces deux incidents pour soumettre au Parlement une loi sur Taugmentation de la flotte. D'après l'exposé des motifs, la marine de guerre allemande devait être assez forle pour résoudre rapidement les conflits avec les puissances lointaines et obliger une puissance militaire de premier ordre à consacrer, en cas de guerre européenne, des effectifs considérables au blocus des côtes allemandes.

Par la loi du 10 avril 1898, dite loi du sexermat marilime, le nombre des navires que TAliemagne devait posséder au !•' avril 1904, abstraction faite des torpilleurs, canonnières, bâtiments-écoles, navires pour services spéciaux, comprenait :

a) Gomme unités de combat :

1 navire amiral de la flotte ;

2 escadres de 8 cuirassés chacune;

2 divisions de 4 cuirassés gardes-côtes chacune ; 6 grands croiseurs) , « .. j u * j.u

16 oetits — y ^^^^ combat d Europe ;

3 grands croiseurs ) , ^,,,^.

iO petits — 1 P^"** ^® service à;rétranger.

b) Comme imités de réserve :

2 cuirassés d'escadre, pour la flotte de combat d'Europe.

3 grands croiseurs ) , . ^ ...

4 petiU croiseurs i 1^°"' '*^ '*''"*« ^ l'étranger.

Au total : 19 cuirassés d'escadre, 8 cuirassés gardes-côtes, 12 grands croiseurs, 30 petits croiseurs ; Soit 69 navires de guerre.

Il y avait donc lieu, en tenant compte des unités existantes au i^^ avril 1898, de prévoir la construction, avant le /®' avril 1904, de ;

7 cuirassés d'escadre ; â grands croiseurs ; 7 petits croiseurs.

L'effectif total des équipages et troupes de la marine devait être porté à 26,637 hommes, dont 1598 officiers.

L'exécution de ce programme commença aussitôt après la promulgation de la loi et, en avril 1900, la flotte comptait au total :

En service ou en achèvement à flot 58 navires

En construction , . 10 —

Il ne restait plus qu'un navire à commander. L'effectif des équipages s*élevait à 22,645 hommes, dont 1471 officiers.

Divers événements politiques (Samoa ; saisie de paquebots allemands par les Anglais, au début des affaires transvaaliennes) démontrèrent bientôt au Parlement qu'une attitude passive sur mer ne convenait nullement à une nation puissante, que l'Allemagne devait pouvoir intervenir dans tous les conflits possibles et qu'il fallait enfin protéger à tout prix, d'une manière efficace, le commerce, l'industrie et les lignes de navigation dont l'importance allait croissant d'année en année. Un nouveau projet, nettement offensif, fut donc présenté en 1900 au Parlement. « L'Allemagne, disait l'exposé

des motifs, doit posséder une flotte de combat assez poissante pour imposer même à la nation la plus forie sur mer une crainte salutaire. » Le gouveroemeot demanda dans ce but : 1^ deux doubles escadres formées de cuirassés de la plas grande valeur possible, assistées de Taccessoire indispensable en croiseurs et torpilleurs ; 2^ une augmentation notable (6 grands et 7 petits croiseurs) de la flotte, dite de VÉtranf/n\ flxée par la loi de 4898, à 6 grands croiseurs et 14 petits.

Le Parlenjent accepta en gros les augmentations demandées par le gouvernement, sauf celles relatives à la flotte, dite de VÉtranger.

Loi du 14 juin 1900.

La loi du 14 juin 1900, dite iP augmentation de la flotte,

complément de la loi du sexennat, fixait les effectifs ainsi qu'il suit :

a) Bâtiments de combat des mers d^ Europe :

2 cuiras8<^8 amiraux;

4 escadres de 8 cuirassés chacune ; 8 grands croiseurs ; 24 petits croiseurs.

b) Bâtiments en service à ^étranger :

3 grands croiseurs ; 10 petits croiseurs.

c) Bdtiments formant matériel de réserve :

A cuirassés ;

3 grands croiseurs ;

4 petits croiseurs.

Au total : 38 cuirassés, i4 grands croiseurs, 38 petits croiseurs.

Ces effectifs devaient être réalisés en 1917. En outre, la loi stipulait, comme la loi du sexennat, que les navires devaient être remplacés :

Les cuirassés d'escadres et coirassés gardes-côtes, après 25 ans Les grands croiseurs ~ 20 —

Les petits croiseurs — 20 -^

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