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D'autres bouches à feu, de modèle plus ou moins ancien, sont encore employées dans la défense des places ; nous en donnerons seulement la nomenclature :
Canon de 6 centimètres ;
Canon de 12 centimètres ;
Canon long de 15 centimètres fretté (employé aussi pour
les côtes) ; Canon en acier de l S centimètres ; Canon à manchon de 21 centimètres.
Canon court de IS centimètres, à âme en bronze durci; Obusier de 15 centimètres, pour tourelle.
Nous compléterons cependant les données fournies par le tableau, par quelques renseignements sur les facilités de transport et la nature des projectiles des pièces utilisées par rarlillerie lourde d'armée de campagne.
Ces pièces sont :
Normalement : le mortier de 21 centimètres et Tobusier de iS centimètres.
Éventuellement, pour des missions spéciales telles que la défense des positions fortifiées : le canon long de 15 centimètres et le canon de 10 centimètres.
Mortier de 21 centimètres. — Le mortier est en bronze à âme d'acier; un nouveau modèle en acier vient d'être adopté récemment, de poids et de mobilité sensiblement analogues.
Poids du mortier en acier 3,000 kilos.
Poids de laffût (sur roues de roule) . 2,090 — Poids de Tavant-train 520 —
Total pour la voiture-pièce. . 5,620 kilos
En raison de son poids, ce mortier n'est qu'exceptionnellement transporté sur son atTût ; on le place habituellement sur
un porte-corps, qui pèse 1,165 kilos.
Poids du mortier avec porte-corps . . 4,165 — Poids de raffut avec avant-train. . . 2,620 — Poids de l'affût sur roues de tir. . . . 1,920 —
ARMEMENT, HABILLEBiENT, MATÉRIEL. 533
Le mortier ne tire que sur plate-forme ; il emploie l'obus allongé 83, en acier, de 5 calibres, contenant 23*^,750 d'explosif 88 et pesant H6'',600 et Tobus brisant en fonte, de 3 calilibres, contenant S"^,700 d'explosif et pesant 83S300 (1).
La batterie de mortiers comprend :
4 mortiers sur chariots porte-corps ; 4 affûts sur avant-train ; 4 voitures pour bois de plate-forme ; M voitures de munitions ; i voiture-observatoire ; l chariot de batterie, une forge ; 4 fourragère, 2 fourgons.
Obusier de i^ centimètres. — La voiture -pièce pèse 2,565 kilos; Tobusier tire généralement sans plate-forme. Il emploie deux sortes d'obus :
a) L'obus brisant 88, en acier, de trois calibres, pesant 42^300, et contenant 4^500 d'explosif 88.
b) Un obus allongé 96, de cinq calibres, pesant 40 kilos, et contenant 7'',300 d'explosif.
La charge peut se fractionner en charges partielles.
La batterie d'obusiers comprend :
6 pièces attelées ;
42 voitures de munitions, 4 voiture-observatoire, 4 fourragère ; 4 chariot de batterie, 4 forge, 2 fourgons à vivres et à bagages.
Cano7i long de 15 centimètres :
Poids du canon 3,365 kilos.
— de l'affût 2,667 —
— de l'avant-train 550 —
Total pour la voiture-pièce. . 6,582 kilos.
(1) Le nouveau mortier, en acier, n'aurait plus qu'un seul type de projectile, un obus allongé 96, pesant environ 4iO kilos.
Le canon est transporté sur chariot à canon ; il lire sur plate-Forme et utilise Tobus 88 et un schrapnel pesant 41 '^,200.
La batterie comprend :
6 pièces sur chariots à canons ; 6 affûts ;
6 voitures de plates-formes ; 19 voitures diverses, dont 12 caissons et 2 fourgons.
Canons de 10 centimètres. — Cette bouche à feu est un canon long, en acier, à tir rapide, porté sur affût à bouclier ; ce dernier se place sur une plate-forme avec frein hydraulique.
Poids du canon 1,270 kilos.
— de raffut 1,290 —
— de l'avant-train 340 —
Total pour la voiture-pièce. . 2,900 kilos.
Le canon tire un obus renfermant 0^,753 d'explosif, et un schrapnel contenant 680 balles de plomb, pesant 11^,100.
La batterie comprend :
6 pièces ;
6 voitures de plates-formes ; 10 caissons de munitions ; i voiture-observatoire ; 5 voitures diverses, dont 2 fourgons.
Habillement^ équipement, — Les artilleurs à pied ont la même coiffure que ceux de campagne.
Leur tunique est de même modèle, mais porte en général les pattes d'épaule blanches ; le pantalon et la culotte sont du modèle général. Le bataillon saxon a la tunique vert foncé, les bavarois portent le pantalon bleu foncé.
Les bottes sont du modèle de Tinfanterie.
Les buffleleries (ceinturon et courroies de sac), sont généralement noires (blanches dans la Garde et en Bavière).
L^équipement de Tartilleur à pied ea campagne est le même que celui du fantassin (y compris le havresac et la tenteabri), mais sans outils portatifs.
30 instmction et règlements.
. L'instruction de Tartillerie à pied embrasse les matières suivantes :
La manœuvre i pied et le tir du fusil ; Le service et le tir des bouches à feu employées dans Tattaque et la défense des places et des positions fortifiées, ainsi que dans la défense des côtes. La construction de batteries et l'installation des bouches
à feu dans ces batteries ou sur les remparts ; L'équipement et l'outillage des bouches à feu en vue de de leur transport, notamment pour les pièces faisant partie de l'artillerie lourde d'armée de campagne, et, comme dans toutes les armes, la gymnastique et les théories.
La mise à exécution d'un programme aussi étendu, exige des exercices fréquents et très variés ; nous allons montrer comment ils sont répartis dans l'ensemble de l'année d'instruction.
Période cThiver. — Comme dans les autres armes, l'instruction se divise en deux grandes périodes : celle d'hiver, consacrée pour la plus grande partie à l'instruction individuelle, faite par petits groupes sous la direction de l'officier de recrues ; celle d'été, destinée à l'instruction de la troupe et aux exercices extérieurs.
L'instruction à pied est donnée dans Tarlillerie à pied, suivant un règlement dérivant directement de celui de l'infanterie, mais d'après un programme naturellement plus réduit. Elle comprend l'école du canonnier, y compris le maniement d'arme; l'école de peloton et de la compagnie en ordre serré et en ordre dispersé, et l'école de bataillon. Le titre du combat est considérablement réduit, car aux termes mêmes du
536 CHAP. VllI. — LES ARMES : ARTILLERIE A PIED.
Règlement « Tétude du combat ne sera poussé que jusqu'à la « compagnie inclusivement ; le combat de tirailleurs ne cons- « titue pas, en effet, pour Tartillerie à pied le but même de « l'instruction, et en général les canonniers ne feront usage « de leurs armes que pour protéger leur cantonnement, ou (( des convois en marche, ou repousser des attaques contre « les batteries en position » .
Le règlement de tir n'est également qu'une adaptation de celui de l'infanterie sur le même sujet; toutefois les tirs d'instruction présentent des « conditions » moins difficiles, et les tirs de combat n'ont lieu que par escouade et par peloton.
La présentation des recrues à la manœuvre à pied a lieu vers la fin de janvier; les exercices dans le peloton et la compagnie se poursuivent jusqu'à la fin d'avril.
La manœuvre d'artillerie est donnée en détail pour quatre types de pièces :
L'obusier lourd de campagne (de 15 centimètres) ;
Le mortier de 21 centimètres ;
Le canon de 10 centimètres ;
Le canon lourd de 9 centimètres ; Les trois premières de ces bouches à feu sont celles qui font partie de l'armement de l'artillerie lourde d'armée de campagne ; la manœuvre du canon lourd de 9 centimètres doit, aux termes du règlement, servir de type pour le service de la plupart des autres bouches à feu de siège et place. Celles-ci sont pour ainsi dire simplement mentionnées dans le règlement de manœuvres, et leur service n'est enseigné aux servants qu'après la fin de la période d'instruction individuelle (quand ils rentrent dans la composition normale de la batterie), et souvent même au cours de leur deuxième année de service.
La formation des pointeurs est poursuivie d'après les mêmes principes que dans l'artillerie de campagne.
L'enseignement théorique vient compléter les instructions spéciales faites à la manœuvre ; il est naturellement plus développé que dans les autres armes, en raison de la diversité et du nombre des matières à apprendre aux hommes.
L'exécution des diverses bouches à feu, les manœuvres du f usiJ et les mouvements de matériel qui se rapportent au transport, à la mise en batterie et au service des pièces-types sont continués jusqu'à la fin de la période d'hiver.
Celle-ci, en ce qui concerne les premiers soldats, consiste à reprendre les exercices de gymnastique, les manœuvres à pied et d'arlillerie et le tir à la cible. Vers la fin de cette période, ils exécutent, de concert avec les recrues, les mouvements de l'école de compagnie et de l'école de bataillon.
Période d'été. — La période d'été est consacrée aux travaux techniques exécutés par Tartillerie à pied soit par compagnie, soit par batailloo, soit même par plusieurs bataillons réunis.
Ils se succèdent, en principe, suivant la progression suivante :
Exercices de service en campagne;
Écoles à feu ;
Construction et armement des batteries ;
Manœuvres d'armement;
Exercices d'attaque et de défense des places.
Les exercices de service en campagne ont pour but de faire connaître aux bataillons d'artillerie à pied les opérations les plus simples qu'ils auraient à exécuter en campagne, soit comme troupe d'infanterie (escorte d'un convoi, défense d'une batterie), soit comme troupe d'artillerie. A ce dernier point de vue, les marches-manœuvres exécutées par les batteries employées en temps de guerre comme artillerie lourde d'armée de campagne, ont pris, depuis quelques années, une grande extension; elles sont faites avec l'aide des groupes d'attelages normalement attachés aux régiments d'artillerie à pied, renforcés par des chevaux de localion.
Les écoles à feu ont pour objet principal l'instruction de tout le personnel des batteries en ce qui concerne le tir proprement dit, l'observation des coups et la détermination des corrections à effectuer. En particulier, les plus anciens sous-
538 CHAP. Vllï. — LES ARMES : ARTILLERIE A PIED.
officiers des batteries doiveat être en état de diriger le feu de plusieurs bouches à feu réunies en batterie.
Les tirs comprennent :
a) Les tirs de pièce ou d'instruction dans lesquels les bouches à feu tirent chacune pour leur compte; les premiers tirs se font sur cibles pour bien montrer à tous en quoi consiste la précision du tir; une des séances doit se faire pendant la nuit;
b) Les tirs de batterie — ou de guerre — dans lesquels les batteries constituées à quatre ou six pièces tirent en se plaçant le plus possible dans les conditions de la guerre ;
c) Les tirs de plusieurs batteries, faits en prenant pour base une situation tactique qui amène le commandant du bataillon à concentrer le tir sur un même objectif.
Les écoles à feu sont faites sous la direction du commandant du régiment, qui règle la progression des tirs et la répartition des munitions; sur ces bases les commandants de bataillon et de batteries fixent toutes les dispositions de détail.
La durée des écoles à feu est de 27 à 28 jours, non compris le jour de l'arrivée et celui du départ; cette période est divisée ainsi qu'il suit :
a) Confection des munitions et construc-
tion de batteries 2 jours.
b) Tir (non compris le tir d'inspection). 15 —
c) A la disposition du régiment 5 —
d) Dimanches 3-4 —
é) Inspection (passée par l'inspecteur général ou l'inspecteur), y compris le
tir d'inspection 2 —
27 à 28 jours.
Vers la fin des écoles a lieu un concours de tir, auquel prennent part 4 sous-officiers et 8 canonniers par batterie. Le tir a lieu sur cible de 5 mètres de côté. Le sous-officier dont la pièce remporte le prix reçoit un insigne de tir; les
hommes reçoivent des prix en argent répartis entre les pointeurs et pointeurs servants des deux pièces qui ont le mieux tiré.
En outre, la batterie qui a obtenu les meilleurs résultats sur Tensemble de Tarme reçoit l'insigne dit Katserabzeichefij dans les mêmes conditions que celles données précédemment pour Tartillerie de campagne.
L'artillerie à pied possède à Wahn (près de Cologne) et à Thorn, sur la rive gauche de la Vistule, deux champs de tir à sa disposition exclusive. Certaines unités utilisent aussi parfois le camp d'instruction de Juterbog. EnGn, les bataillons qui participent à la défense des côtes exécutent des tirs à la mer (contre de vieux bâtiments ou des cibles, soit Gxes, soit remorquées à distance par des vapeurs) sur certaines côtes de la Baltique.
Le tableau ci- dessous donne la répartition des régiments pour l'année 1902, d'après la décision du 13 février 1902 :
Champ de tir de l'artillerie à pied de Thorn
Champ de tir de l'artillerie pied de Wahn
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N»3 et n°U..
N«2, I«r bataillon.
— II* bataillon.
— Ili* bataillon.