‹ L'armee anglaise vaincueChapitre 12 sur 86 · MINEURS ET TIIAVAUÏ DE MINE · texte numérisé non relu

MINEURS ET TIIAVAUÏ DE MINE

Parmi les moyens d'action de l'attaque et de la déreoM il Taui citer les mines et contre-mines. Cet art est très ancien (1); le feu grégeois y fut employé (comme substance incendiaire) ; mais on n'y ulihse pas encore la poudre comme explosif. On creuse des galeries en les soutenant au fur et à mesure de leur avancement à l'aide de coiïrages et d'étais. Si on ne peut ainsi se Trayer une voie d'accès dans la place, on se contente de faire écrouler le rempart en incendiant le système d'étayage (2).

L'assicgé pratique des contre-mines, et on se livre des combats souterrains.

Un curieui exemple en est donné par Monstrelct, à

(1) BotTâtiif:. — Gustave Hue.

(3) C'est le procédé de destruction qui Tut usité sï souvent pour les églises. Un sapait les piliers à leur bnsc, aprùs avoir £laji}, on brillait les étais.

[iropns du sioge Je Melun en 1420 (1) : t Du cûlé du roi d'Angleterre Tut faile mine sous la vitle jusque près des murs. Les assiégés cnnlreminérent, el In raine fui efiondrée {sans âouti- percée du bout, el ficn crevée au plafond); et il y eut des deux partis grand poussis de lances. El adono, du côté des Anglais, fui faile une barrière dedans ladite mine, en laquelle combattaient ensemble contre deux daulpbinois (partisans du dauphin, c'esl'à-dire de Charles Vil), le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne, en poussant de lances l'un contre l'autre ; et depuis en continuant allèrent plusieurs cbevaliers et ècuyers combattre à la dite mine. Desquels y furent faits cbevaliers, de Tbâtel dudit duc de Bourgogne, Jean de Homes el Robert de Hamines. >

Évidemment cette mine était devenue non le lieu d'incidents de guerre ordinaires, car les assiégés eusKent tout tenté pour tuer ou Faisir par la force ou In ruse les deux chefs ennemis, mais un champ clos, où la lutte était soumise aux lois complexes que la chevalerie avait faites en mallère de combats singuliers. On trouve au siège d'Orléans des exemples analogues, mais non dans les mines, de rencontres partielles, avec des conditions prévues h l'avance ; nous avons cité celui des pages.

Tous ces épisodes font bien voir que la guerre n'était encore nullement dégagée de cet esprit d'individualisme que la grande portée des armes, les gros effectifs el la discipline qu'ils nécessiteut, paraîtront tuer peu à peu. La chevalerie française en a été, et en sera bien des fois la victime. Cet esprit se transformera, mais sans disparaître, surtout en France ; el comme il restera Loujours des bras vigoureux el des âmes bien trempées, on verra, sans parler

(1) MossTRELET, I. 1, cliQp. 236. Édîlion Bucijon, IV, 26û.

lie mainles provocations iodividuelles, Hes rois gagoer OQ HéremJre leur couronne l'épée S la main, et, pour l'IioODeur (le la valeur rrani,'aise, des chefs d'armée combaltre parfois au premier rang (1).

On sail que le corps lie Salisbury renfermait dix mineors. C'est par des travaux souterrains considérables que les Anglais amèneront les assiégés à abandonner le boulevard qui précède les Tourelles.

Dés le commencement de Janvier 1429 (n. st.), Blac Uèmon, qui se qualifie maître mineur de l'Ost du Roi, et un autre maître, son compagnon, payés tous deux comme lances à cbeval, ont sous leurs ordres 18 mineurs augmentés bientôt de 10 autres (document 25). Cependant on ne voit pas que l'enceinte d'Orléans, sur la rive droite, ait été attaquée par la mine. Les Orléanais ont dû se préoccuper de ce danger. Il est impossible de contre-mioer partout, et au milieu des mille bruits qui se produisent, de distinguer par l'oreille seule si le mineur de l'assiégeant s'approche des murailles. Dans les endroits où ce péril était à craindre, on plaçait des vSses remplis d'eau;

(1) Sur celte tendance du Français de tous les temps à assumer pour soi ou pour un petit nombre tous les risques cl tout l'honnaur, tendance qui lit perdre queltjues batailles et en fit gagner beaucoup d'autres, voie le Siège d'Harflcuf déjà cité. L'auteur de la publication ne tend & rien moins qu'à attribuer A une déloyauté insigne du roi d'Angleterre la victoire remportée à Azincourl sur la chevalerie française. D'après une Chronique Normande inédite des régnes de Charles VI et de Charles VJI : a Tant procura le roy Henry par trêves avecques les seigneurs de France qu'il n'y auroit que les nobles qui combatissent, et lui fut accordé. Adonc le roj Henry i-etourna â ses gens et leur dist l'appointement, en disant qu'il les anoblissait tous. Adonc se comballirenl tous les Anglais contre les nobles de France, et ne se combattit point le menu peuple d« France. Ainsi les François, par ce mnien, perdirent la

les rMes de ta surface trahissaienl les ébranlements du sol(l).

Les assiégés (iécouvrireol bien qu'un mur avait été percé en partie, mais on avait travaillé du dedans vers le dehors ; on cria i la trahison peut-olre trop légèrement.

Les Anglais ne pouvaient, pour joindre la ville, partir en galerie de mine de leurs boulevards, c'est-â-dire d'une distance de 500 ou 600 mètres ; et il ne parait pas qu'ils aient occupé d'une façon permanente et solide aucun point intermédiaire. S'ils avaient amorcé une mine de plus près, les assiégés auraient fini par le découvrir et quelque rude combat se fût livré en cet endroit. Ils avaient bien eux aussi des mineurs ; mais on ne voit pas qu'il y ait eu de guerre souterraine.

OCCUPATION nB LA RIVE GAUCHE.

Avec une armée plus nombreuse, Salisbury eût, sans doute, tenté de suite l'attaque de vive force sur l'enceinte, ' ou couronné au moins par un investissement immédiat la manœuvre enveloppante quil venait d'exécuter de loin. Mais pour répartir ses troupes autour des Tourelles et de la ville à la distance où furent les bastilles de l'Ouest, il lui

(I) Compte de forteresse de la vilte d'Orléans, 1128-1430 (n. st.). — Mandement àa 3 juillet 1430. — f» 45, v". — Vayé i à Naudin Bouchard pour un bassin A laver, une aiarre <éqiierre) et un pion à maçon, pour savoir si on minait durant le siège, 4 ëcus d'or; A 14 s. 8 d. p. chaque écu, valent 58 s. 8 d. p. b — Ce syslèioe de vases pleins d'eau fui employa à Caen. (Siège de Caen, par L. Pur-

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