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aurait fallu occuper un périmèlre de 7 kilomèlrcs eiîvii Il ne pouvait le garnir qu'à raison d'un homme par métra courant, ce ((ui exposait sa ligne à être aussi facilementrompue par les assiégés que par les secours du dehors. Le fleiive, en la coupant en deux portions inégales qui oe pouvaient s'entr'aîder facilement, la rendait très faible, précisément du côté où elle aurait te plus h craindre.
Une fois maître des Tourelles, au contraire, Saliâl)ur; aurait sur la rive gauche une bonne position, facile à gardei avec peu de monde. Tel est au moins le résultai qu'il semtile s'être proposé d'obtenir tout d'abord. Plus tard,< sur l'autre rive, la ligne n'aurait plus qu'un développement (le -i kilomètres.
Nous nous bornerons à résumer les faits, qui soDt biei connus (1).
Le 12 octobre Salisbury arrive au faubourg du PortereaU; avec le comte de Suffolk, Jean Pôle, son frère, Scalea, Faucamlierge, le haîUi d'Évreux, Gray, Molyns, Ponyngs, Ross, Glasdall, Lancelot de Lisle, Gilbert de Halsall, Thomaa Guérard, Guillaume de Rochefort et les gens des villes de Paris, de Cliartres et de Normandie. Quels étaient ces gens (les villes de Paris, de Chartres et de Normandie dont parle la Chronique de la Pucelle, sans les faire connaître autrement? On serait tenté d'y voir des milices communales plutôt que des détachements des garnisons anglaises.
Les Orléanais avaient commencé le boulevard devant les Tourelles, et ils y besoignaient jour et nuit. Une partie du faubourg du Porlereau avait été abattue, le reste fut incendié le matin même, ainsi que l'église et le monastère des Augustins, qui étaient assez voisins des Tourelles. Les
(1) jMrnal du »iége. — Mossrnni.KT. -
— Clii-otii'ive de la fiHe du S Miat.
e de la Pueellg.
murailles n'en avaient pas été aballues. Faute de temps sans doute (1). Les Anglais purent s'y loger el organiser une bastille.
Il y eut là bientiit tics fossés profonds, des clôtures installées sur les talus, des canons el bombardes qui furent dirigés contre la ville et surtout contre les Tourelles.
Les Anglais tiraient aussi de la lurcie de Saint-Jean-le- Dlanc (levée défendant le terrain en amont des Tourelles contre les inondations) ; ils canonnaient la ville, ébranlaient les murailles; ils détruisirent les moulins du 13 au 17 octobre.
Pendant cette période les Orléanais firent de nombreuses irruptions sur la rive gauche, entre les Tourelles et Saint-Jean-le-Blanc.
Le boulevard devant les Tourelles avait été construit surtout avec des fascines. Les Anglais l'attaquèrent par la mine, et les assiégés conlre-minérenl.
Un assaut énergique, le -1\ octobre, dura quatre heures sans résultat. Les femmes orléanaises y montrèrent un vrai courage; quelques-unes prirent la lance. Les Anglais avaient des échelles. On jeta sur eux des cercles liés, des cendres chaudes, de l'buile bouillante. Il nous paraît donc impossible d'admettre pour ce boulevard les prolils qui ont été imaginés par quelques auteurs: escarpes non revêtues, parapets à terre coulante (2j : l'emploi des échelles est significatif.
(1) Chronique di" la Pucellf. — Celle «cpp lion faite i lu tfestruction du fatibntirt; <lu Porlereau n'est pas signalée par tous les chroaiqueui's. Dans tous tes cas, les bùltmenlE, plus ou moins ruinés, ont élé utilisés par l'ennemi.
(2) I/escarpe (paroi du fossé du cùté du défenseur) est perpendiculaire, si on la construit en pierre, en charpente, en fascines ; elle n une inclinaison qui permet toujours l'escnUde avec quelques elTorls, aans l'chelles, si, n'ayant pas ces revêtements, elle doit se
La mine fut reprise par les Anglais, el le 23 octobre ils n'avaient plus qu'à mettre le Teu aux étais. Les Orléanais incentlièrent eux-mêmes loul l'ouvrage, dont les malériaux et les abris eussent servi aux assiégeants, et se retirèrent lians les Tourelles, dont ils levèrent le pont.
Le fort était très ébranlé, et ne pouvait tenir longtemps. Le 24 octobre, les défenseurs t'évacuaient. S'il y eut un assaut, il fut peu énergique. Des arcUes furent ronnpues sur le pont : une ou deux près des Tourelles par les Anglais ; l'autre ou les autres par les assiégés, en avant d'un boulevard ou barricade, qui prit son nom de lu lielle-Croix, et qui doublait, en avant, la bastille Saint-Antoine.
Le jour même de l'occupation des Tourelles, alors que, de l'une de leurs fenêtres, il considérait Orléans, Salisbury fut atteint à la tête d'un projectile d'artillerie, sans qu'on ait pu savoir qui avait mis le feu à la pièce.
Transporte secrètement A Meung, il y expira, soit le 27 octobre, soit au plus lard le 3 novembre. Cet événement (levait avoir une grande influence. Salisbury était le commandant de toute l'armée; il était surtout le chef plus immédiat d'une notable fraction, responsable vis-à-vis d'elle, puisqu'il l'avait recrutée, de son bien-être, de sa solde el du succès, après lequel on entrevoyait toujours le pillage.
Nous avons dit que celle retenue de Salisbury ne parait pas avoir été ofliciellement dissoute: elle n'aurait été reformée en fraction^ plus petites qu'après l'expiration Ju service prévu.
Mais il y eut des désertions et peut-être une désorga-
mainlenir par la seule coliésion des lierres. De plus, les «l'oies liés, le;< cendres chaudcK, l'huile bouillaale, se jeltenl inalaisi'menl, à la volée, quand on est derrière un parapet en terre el dea laluB peii
inclinés.
nisalion morale dont on dut tenir compte en liaut lieu, pour éviter une tlislocalion effective.
BedforJ fut-il repris, relativement à Angers, des regrets dont nous avons parlé plus tiaul? Était-il nécessaire d'attendre de l'arlillerie ou des munitions dont on manquait? 11 eût été avantageux pourtant de poursuivre le premier succès ; de ne point quitter le siège en novembre pour y revenir, comme on te fit, au cœur de l'Iiiver ; de De point laisser aux assiégés un répit qui leur serait bien autrement utile, pour s'organiser, que nuisible en leur . faisant consommer leurs approvisionnements.
Quoiqu'il en soit, le S novembre, la plus grande partie de l'armée s'en alla prendre ses quartiers d'hiver à Jargeau, à Meung, à Beaugency el môme à Paris.
La Chronique de la fêle du 8 mai dit que 5,000 à 0,000 hommes furent laissés devant Orléans; le Jowniai du siV/çfc donne le chilfre de 500, qui parait faible, mais qui a été accepté par plusieurs auteurs. Les Anglais avaient peu à faire et peu à redouter, lis ne pouvaient songer à prendre la ville par te pont; par là non plus on ne pouvait leur reprendre les Tourelles ; et si d'Orléans on avait voulu en refaire le siège, en s'élablissant sur la rive gauche, ils seraient venus de Meung et de Jargeau en quelques heures. Leurs trois ouvrages étaient fort rapprocliés les uns des autres, el se prêtaient un mutuel appui.
Les Tourelles étaient protégées contre la ville pai' une barricade {ou boulevard) établie sur le pont ; de l'autre côté, par le boulevard, qui avait été miné el conlre-rainé, et qu'on avait restauré, il èlait tout à fait sous leur feu, mais indépendant, relié seulement par un pont-levis. Au delàélail la forte bastille des Auguslins, dont il a été déjà question. 11 ne parait pas que les assiégés, avant l'arrivée de la Pucelle, aient rien tenté de sérieux contre cet ensemble.
Le liuulevunl. ou (;uel, tie Saint-Jean-le-Gtanc ne fut établi qu'à la lin du siège (1). Les Anglais ne pouvaient en allendant luisser des canons sur la lurcie sanit les proléger par des défenses sufTisunLes. Les Tourelles d'ailleurs ne devaient pas être organisées pour tirer sur la ville : c'eiit été un contre-sens dans la construction; c'eût été aussi une Tante pour les assiégeants d'y mettre, sans nécessité, des canons qui eussent pu être démontés par les projectiles deslinés ï battre les murailles. Le boulevard qui était au midi, et la bastille des Augustins étaient masqués^ ■ et n'avaient sur la ville que des vues obliques. Il est doDC ] probable que les vestit);es d'ouvrage signalés h l'Est des Tourelles et sous leur commandement immédiat étaient la batterie ou une des batteries établies de ce côté (3).
Au moment où \a majeure partie de l'armée du siège se relirait dans les villes voisines, on se préoccupait de ta j renforcer. L'envoi de deu\ petits dclactiements, tirés de HoucD et de Gaillard, ne peut avoir d'autre but.
LIÊTACIIEUENT DE Ik GXRMSON DE tlOtlE». — Il eSt SOIM '
les ordres de Tbomas Dolitie (ou Dowe), et. tiré de lai troupe que commande Bicbard Cursua (Ourson, Cursum).
(1) Cependiint la Chronique de la Pucelle (p. 265) daaue comme un programme arrêté dans les conseils des chefs que des bastilles seraient organisées âSaint-Pryvé et A Saint-Jean-le-Itlanc, tout comme aui AuigOiEtlnE, et gi'indement forliliées, avant que l'on ne mtt le ûËge sur l'iulre rive. Et il (aul convenir que c'était là une focm rationnelle de s'assurer les résultsts déjà acquis, mais i condition de donner à ces ouvrages, assez éloienùs des Tourelles, la forée nécessaire.
(S) V^noHAUiHROMAGKËsi. — H. Jollois, p. 5d, y voit la tr«ce d'un caHap. A celte place, i 300 mêUes de la baelille Saint-Antoine et de la barricade Uelle-Croii, il eût été bien exposé au feu des asmégén, nolablemunt plus, en raison de la dislunce, que ne le fUi-ent les ouvrages de la rive droile.
Celui-ci n'est que le lieulenanL ou l'un des lieulenanls du capitaine «les ville et poni iJe Rouen, Bichnrd Beauchamp, comte de Dainbinalle et de Warwick, qui, sous ce dernier nom plus connu que les autres, s'est acquis une si triste célébrité dans le procès de Jeanne d'Arc, hicliard Cursun se qualilie écuyer el clief de 3 autres hommes d'armes à cbeval, y compris le contrôleur, 2 à pied et :!/* archers (1), Bn 1439 et t-WO, il sera capitaine des ville et l'orleresse de llonlleur avec "10 lances ou demilances el 60 hommes de Irail ; en juin de celle dernière année, une partie de sa troupe fera avec Talbot le deuxième siège d'Flarileur (2).
Le délachemenl qui nous occupe ne comprenait qu'une lance à cheval et 3 archers. (Documents 19 It 24.) Il est porté < au siège devant Orléans depuis le 9 novembre; 1 ce qui veut dire seulement qu'il fut dirigé sur l'armée du siège, et canionné, sans doute, dans une des villes de la Loire. Le 10 mai, U est k Meung. et le 5 juin h Beaugency, sous le conimandemenl supérieur de Talbot. Jean de Ghalillon et Collin de Louvenan l'y passent en revue ; ce qui prouve que les habitudes de régularité administrative n'étaient point oubliées chez nos ennemis, quels que fussent les événements.
Il est étonnant que d'une garnison comme devait ôtre
(1) Lu coiD]Kisition de \» tronpe de Cureun est donnée par Ea quiUance du 38 avi'il 1429. (Document 19.) On doit penser que ce n'est pas loule la garnison de Houeii, bien qu'il soit difficile de déterminer l'elfeclif total de celle-d, avec des documents peu conconlnnts el au milieu de chan),'ement^ incessants. Elle en est une traction noiable, sans doute. Le chileau i ua garnison spéciale.
|2) Ordre de paiement du il mai 1440 en Taveui' de Cursun, et quittance du même du 30 juin. Les deti\ pièces sont de la cullection parliculiùre de M. bouclier de Molandon.
cênè de Rouen, renforcée encore par la Iroupe du bailliage, on n'ait pu distraire que celte fraclîon minuscule, et qu'on ait élc obligé de la garder si longtemps. Il est vrai que Itouen avait une liante importance, une grande étendue, avec une tète de pont à défendre.
Détachement de la garkisom de Gaillaud. — La garnison de Gaillard (Chflteau-Gnillard) est, depuis \^'i\, sous les ordres de Guillaume Biscliopston (Bisliopston), chevnlier, et comprend -l autres bommcs d'armes à cheval, 2 à pied et 14 arcliers. Elle envoie au siège d'Orléans 1 lance et 3 arcbcis, qui font leur montre pour le départ le 15 novembre (document 25), et restent absents de Gaillard au moins jusqu'au "lH décembre.
Enire le dépari du gros de l'armée et son retour, le :J0 décembre, il n'y eut que des incidents secondaires se rapportant lou.s à la rive gauche.
Le plus important est l'urrivce de Talbot et de Scales, le 1'' décembre, avec 300 hommes, des vivres et des canons. Le combat d'artillerie en devint plus vif entre les Tourelles, la turcie Sainl-Jean-le-Blaneel la ville.
Le <i décembre, les Anglais tentent l'assaut du boulevard Gclle-Croix ; le belfroi d'Orléans donne l'alarme, et l;s assaillants, découverts, se retirent.
La rive droite est libre. Les Orléanais en profitent pour détruire, comme nous l'avons dit, les faubourgs de ce côté, et les .\nglais n'y trouveront que des ruines.
Garnison des Todhelles. — Une partie de celte gar-, nison, qui pendant sept mois resta une menace vivante en face des Orléanais, nous est donnée en détail par une série considérable de documents do diverses dales (n»* 26
& 36). Le second d'entre eux parait indiquer clairement
que le, véritable clief n'était pas Glasdall, comme le disent les chroniqueurs, mais Molins.
Guillaume Molins (Molyn=!, Moleyns. le seigneur de Moulias), chevalier, avait au siège une retenue de 20 iiommes d'armes et 60 arcliers. appartenant aux 400 lances. Il péril en défendant les Tourelles contre Jeanne d'Arc (1).
Guillaume Glasdall (Clasidas, Glassidal, Classedas, Cassedag, appelé par les Orléanais Glacidas) (2), écuyer, a reçu les terres de Gacé, assisté aux batailles de Gravant et de Verneuil, pris part à l'expédition d'Anjou en 142â, et est actuellement bailli d'Alençon. De l'avis des contemporains, bien qu'il soit d'un rang social inférieur à celui de beaucoup de capitaines anglais et simple écuyer, le commandement de toute la rive gauche n'est pas au-dessus de ses mérites et de son courage. Il se noya en regagnant les Tourelles, après en avoir défendu le boulevard, et fut pleuré par Jeanne d'Arc. Son corps, rapporté à l'aris, y fut exposé pendant huit jours h l'église de Saint-Merry, puis conduit en Angleterre.
Le 2 décembre, sa retenue, qui faisait partie des 200 lances de Normandie, était de 30 bommes d'armes et de 80 archers à cheval, tous aux Tourelles.
Le 23 décembre, celte troupe et celle de Guillaume Molins semblent n'en faire qu'une seule sous le commandement de ce dernier, qui est chevalier et cité le premier sur la montre. Cependant, c'est Glasdall qu'on entend me-
(1) La Chroniqite de la Putelle dit qu'il fut fait prisonniei'; M< de Beaurepaire parle d'un Guillaume de Moleyns présent & la joarniSe de la compûsition d'Évreuï, vers la lin d'.ioill 1429.
(S) Le héraut Berrï. — Jean Chahtier, — Journal du siège. BSkUREPURS. — Stevenson. — Le Bourgeois de Paius. — Glasdall e«t aussi capitaine de Fresnay- le- Vicomte.
nacerles Orléanaises de morl, répondre à Jeanne par des insultes. On ne peul aJmeUre qu'il fut le commnndunl particnlier du fort des Tourelles, car c'élail le réduit de cet ensemble d'ouvrages, et c'était à Mnlins d'en ôtre le chef. On en vient à penser qu'il était, pour emplotfer une [pression triviale, mais moins triviale encore que le per-
inage lui-même, le forl-en-gueule de la bandi'.
La troupe entière était de tô lances et (le î20 archers, dont 17 employés au dehors, peut ôtre dans un poste peu éloigné, et 4 absents; il en reste 9!). Nous donnons les ^oms des hommes d'armes. (Document 27.) I Thomas Cyiïard, écuyer, est bailli de Mantes au com- Sienceraenl d'août 1428, avec une troupe de police lerriloriale de 2 hommes d'armes, lui compris, et 18 archers. [I périt dans la Loire en déTendant les Tourelles (1).
De la troupe de son bailliage, il a emmené l'homme l'armes et quelques archers, et leur a adjoint plusieurs
itres hommes de guerre ; en sorte que sa retenue aux Wrelles est de 12 lances et 96 archers. (Documents 28