‹ L'armee anglaise vaincueChapitre 16 sur 86 · ESCORTES DES CONVOIS · texte numérisé non relu

ESCORTES DES CONVOIS

Chartres (1) était une bonne position stratégique, une base d'opération commode pour l'armée de siège.

Les Bourguignons s'en étaient emparés en 1417, avec la complicité d'une partie de la population. Les opposants, tant gens d'église que nobles et bourgeois, furent dépouillés de leurs biens, bannis et leurs héritages donnés. Ils se réfugièrent h Orléans, ce qui était lien fait pour entretenir une rivalité assez naturelle entre les deux cités. En 14.18, la ville fut remise aux Anglais. Elle se rallia une des premières au Traité de Troyes. Le Daufihin voulut ta reprendre en 1421. Défendue par le Bâtard de Tbien (2) et autres, envoyés de Paris, elle fit appel à Henri V luimême, qui vint  son secours et que le Dauphin n'attendit pas. C'est à cette occasion que le roi d'Angleterre fit une apparition sous les murs d'Orléans.

{i) Chronique de la Pueelle. — BUtoire de Chartret, par E. de LÉpjNois. — Eure-el-Loir, par Doublet de Boisthibault. — Souvenir) de Jeanne d'Arc au pays Chartrain, par M. Lucien Meulet, Métiioires de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, t. H, — Histoire du Dunoig, par l'abbé Bordas.

(2) Le bâtard de Thien (Tliiau, Thiaui) aurait été quelque temps capilaine de Chartres. Il était sous les ordres de Fastolf dans le coQvoi de février. Envoyé avec Ranipston vers Janville au seconra des troupes anglaises, il se trouva près de Fastolf â Palay, et quilta le champ de bataille avec lui. (MoNSTREt.ET. — Wavkln.) En 1433, étant bailli de Meaux, il fut exécuté par ordre du comte de Richeraond, après la prise de la ville. L'année suivante, par ordre d'Henri VI, aa veuve, NicoUe de Morrenoble, reçut un secours de vingt Baluts d'or, comme étant bannie et réduite à la mendicité.

En 1i23, SulToIk en était gouverneur. Le comte de Fois, Jean rie Grailly, avait vainement essayé de la reprendre; elle devait faire retour au roi en 1432 seulement, grAce surtout à Florent d'Illîers.

Entourée de bonnes murailles (*1), au milieu d'un pays riche et fertile, au point d'aboutissement d'un grand nombre de routes importantes, elle tenait les déhoucliés vers Orléans d'une partie do l'Ile-de-France, ainsi que de la Normandie, du duclié d'Aleuçoa et du Maine.

En cas de besoin, mais l'éventualité n'était guère à prévoir, on pourrait battre en retraite aisément sur Paris, ou même sur Rouen, directement et en évitant la capitale. Celle-ci était beaucoup plus loin, et on n'en pouvait surveiller Blois, qui était au Daupliin.

La patriotique place de CiiAteaudun était bien un peu trop près de la route de Chartres à Orléans, mais Chtlleaudun et son cliâleau étaient difiiciles à prendre (2).

Chartres était gouverné par Hue de Prez (ou des Prés), ccuyer, bailli depuis 1423, frère d'Etienne, écuyer du duc de Bourgogne, qui avait exercé la même charge de 1418 à U21 (3).

Le 22 décembre 1438, il signait une endenture pour 10 hommes d'armes, lui compris, et 20 hommes de

(1) Pour réparer les murailles, le roi d'Angleterre avait mis des impoeiiioiiH sur Il>s charrettes de passage, les chevaux de louage et voitures, pendant trois ans (17 Téviier 1428). (E. de LËniNOis.)

(21 Notice mr Florent d'tUieri. (G. Mer-GiLnjERT, Société d'Eureet-Loir, I. IV, p, 143.) — Ceux de Ch^teaudun, dll-on, ont tud et pria 30 ou 40 Anglais qui apporlaieul de l'argenl au camp. iJourntil du aiège. Quiciierat, IV, 144.)

Le même Tait eut lieu souvent, Florent d'Illiera étant alors capitaine de Châteaudun. {lieeueil de Godefroij, p. 850,)

(3) Histoire de Chartres, par E. tiE LÉPiNOis, II, 617. — Certaitls auteurs donnent d'autres noms.

Trait, pour Irois mois; il en faisait monlre le 11 janvier. Ueux jours après, une nouvelle endenlure augnienlait sa retenue de 10 autres hommes d'armes et de 20 autres arcliers. (Documents 37 à 39.)

Escorte et maison militaire od Régent. — Aver le Régent est sans doute la totalité ou une partie de sa grande escorte de 100 lances et de 300 arcliers, de sa compagnie et de son hùlel, pour lesquels il touclie 36,000 livres, el un supplément de 16,440 livres à titre de crue de gages, pour qu'ils puissent loger es bonnes villes et ne pas vivre sur le pays.

Puis viennent les personnes de son liôtel, on dirait plus volontiers les offlciers de son étal-major, si le mol avait une acception aussi ancienne; mais le service est le même.

Jean Faslulf (Faslot. Faslol, Fascol, Faslocq, Fastre,

Falsfalf, FfastolO, chevalier bannerel, grand-maître d'hôtel

du régent, c'est-à-dire clief de sa maison militaire, est

' l'un des plus connus et des mieux pourvus dans l'armée

anglaise (1).

Il a reçu de nombreuses terres, et entre autres les domaines et manoirs qui appartenaient à Guy Malel, seigneur de Graville. Il assistait à la bataille île Vcroeuîl; et quelques mois après il signait une endenlure, à la charge lie 80 hommes d'armes et 240 archers, pour conquérir el pacifier le comté du Maine el les marches environnantes, dont il était gouverneur. l\ était de plus capitaine d'Alen- ÇOD, conseiller. A ces titres il ajoutait en 1428 celui de

(t) Rôha normantU tU Brèquigny. — Liste des dnn» de Henri V* — SrevKNSûs, vol. II, i'" partie, p. 4i. — Bililiolh. nnlion,, Ms., TOI. 26,ffil, 1033. — MoNSrnELBT, liv. Il, chap. 61. — Pebcev.vlde CkchV' — BEAunET^mE.

capitaine de la ville d'Elonneur, dont la garnison lut fournissait comme escorte personnelle 2 liommes d'armes et 6 archers. (Documents 40 k 42.) Membre du grand conseil, il louclie de ce chef 1,000 fr. par an (I),

11 avait le commandement de 20 hommes d'armes et GO archers, faisant partie des 400 lances. (BEAiiRErAiRE.)

En janvier l-t29 (n. st.), sa retenue est de 50 hommes d'armes et du nombre d'archers correspondants, dont 18 lances et 34 hommes de trait sont à Chartres, les antres étant sans doule sous les murs d'Orléans avec un lieutenant. (Document 43.)

On peut croire que le service d'antichambre est peu de chose chez le Régent ; Fastolf fait donc celui d'un officier d'état-major : il reçoit de nombreuses montres et est chargé de la conduite des grands convois.

Le 16 janvier il amène aux assiégeants un renfort de 1,200 hommes (2). En février il commande celui qui se défendit si vigoureusement dans la plaine de Ttouvray-Sainl- Denis. (Détrousse des Harengs.) Moins bien inspiré à la , journée de Patay et trop impressionné sans doute par les récents succès de Jeanne d'Arc, il donna des conseils d'une prudence excessive, abandonna le combat trop tôt, et * Bedford lui enleva l'ordre du blanc jarretier, qu'il portait entour la jambe i. (Monsthelet.) La jarretière lui fut rendue plus tard. C'est donc par erreur qu'on le dit prisonnier à Patay.

(1) Vers la même épo(|ue, il reçoit 2,000 I. t., comme gouvernenr du Maine, 200 1. 1. pour la composition des guels d'Alençon, 1,500 I. pour le commandement de Vemeuil. On ne peut retrouver tous ses trailements. Un document du 30 Janvier 1429 (nouv. st.) le désigne comme capitaine de Rouen; il n'était sans doule que lieutenant du ctilieau et du donjon pour le Régent. Warwick était capitaine du reste de la ville, avec des lieutenants.

(2) Journal du aiége, Qoicherat, t. IV, 110. — Voir am convois.

Il parut au siège, et s'y trouvait à l'arrivée de Jeanne d'Arc. Jean Ghartier rapporte qu'il fui avec Talbot à la bastille de Londres.

Guy (ou Guillaume) Le Boutelllier (1), chevalier, maître d'Iiôlel du Régent, était d'origine normande. Il avait été conseiller, chambellan de Charles VI et son capitaine des ville, pont et forteresse de Meulan (2). Il commandait toute la défensi! de Rouen quand Henri V en (It le siège, en lilS et 14.19, montra de l'énergie et de l'habileté, donna cependant prise au soupçon de trahison, et fit serment de fidélité au vainqueur, après la capitulation de la ville. Comme Normand, il eût été sans cela retenu prisonnier ; mais il ne devait pas être obligé de porter les armes.

Il reçut d'IIenri V des terres confisquées, entre autres celle de la Roche-Guyon. Micbelet dit qu'il assiégeait le château avec les Anglais, et se promettiiit d'épouser, après qu'il eut été pris, la dame française qui le défendait. Mais celle-ci ne voulut point du renégat (â).

On voit successivement soui^ son nom, à Chartres et à Corbeil, c'est-à-dire près du Régent, puis au siège d'Orléans, une troupe de 3 hommes d'armes, 9 archers et 5 arbalétriers (documents 44 à 47) (4). A Chartres, il reçoit de nombreuses montres.

(1) Don» faits par Henri V. — Stevenson, voi, II, 2" partie, 531. — Le siège de Rouen, par L. PuisEux.

(S) QuilUnce du 12 mars l'IIS. Collection particulière de M. Boucher de Molandon.

(3) Suns doute la dame de la Itivière. Le château étail assiégé par John, lord Hoss de Hamlake, qui fui tué à Daugé. (L. Pui-

SEUX.)

(4) M. DE BEAUriEl'AiBE lui donne 10 hommes d'armes et 30 archers, compris dans l'escorte du Régent, et plus tard une troupe

lioin)» ïtampston (1), chevalier banneret, cliambi fîu Régent, esl ce capitaioe de 30 liomnies d'armes des 2IM) lances de Normandie dont nous avons déjà parlé. Il assistait à la bataille de Gravant, et se trouva niôié à un grand nombre d'actions de guerre, entre autres: au siège de Guise, en iiU, avec 400 combatlanis, h la dérense de Saint-James-de-Beuvron en 1427, quand celte place, tombée entre les mains des Anglais, fut vainement attaquée par le connétable de (ticbemont.

La garnison d'Argentan, de 24 combattants, dont il était capitaine, lui fournissaitune escorte particulière de 3 arcbers à cheval, que nous voyons successivement à liantes, à Chartres et à Paris. (Documents 48 à 51.)

Il avait un commandement étendu dans le convoi qui donna lieu à la journée des Harengs, était à Janville avec Fastolf, en juin 1429, et fut Tait prisonnier à Patay.

Andrieu Ogard (Andrew, André) (2), chevalier du royaume de Danemark, fut employé dans la compagnie du Régent et autour de sa personne à Chartres, puis à conduire des convois, ensuite h Corbeil et ailleurs, le tout de Noël 1438 à la Sainl-Michel 1429. (Document 52.)

Avec lui se trouvaient 3 hommes d'armes et 11 archers, puis seulement 4 archers, détachés de la garnison de Vire, dont il était capitaine depuis \i'ii. Comme il était en 1434 deuxième chambellan de Bedford, il y a "lieu de croire que les miimcs fonctions l'appelaient près de lui, en 1428.

Il avait reçu la terre de Villers, précédemment atlribuée h Salisbury. et faisait partie de l'expédition d'Anjou, en 1425.

(i) SrB\'ïKSOS. — Journal du siège. Quil-eietiht, IV, iT: et 177- — Chronique de la Pueeth, p. 240.

(2) Stevenson, 2" vol., 2" parlic, i.ti, — BEAimEPAUiE, — Dont (iiiti par Henri V.

Guillaume Myneurs (Mynoure, Mynours, Myner) (1), écuyer, est liuisselier de la chambre du Régent.

Par droil de conquête il a liérîlé, dans le bailUa9:e de Caen, des biens de Hugues Beuville, chevalier défunt, & charge d'un arc el d'une gerbe de flèches par année. Il fut à la bataille de Verneuil. En 1428, il a retiré 8 archers de l'importante garnison d'Harfleur, de CO combattants dont il est capitaine depuis 1424. (Document 53.)

On le voit surtout employé à recevoir des montres.

Dans l'entourage immédiat du Rcgcnt, il faudrait encore citer: Jehan de Gourcelles, qui est membre du grand conseil comme Fastolf; maître Raoul Parker et Guillaume Brenis, tous deux secrétaires (le nom de Parker surtout se trouve sur les montres); des employés de chancellerie, comme Bradshawe et Jean Miiet, notaire et secrétaire du roi.

Il dut exister à Chartres un fondé de pouvoir de Pierre Surreau; car on paie en son nom, sans désigner d'intermédiaire. Plus lard, on paie à Orléans même.

Convois de fisances, de vivres et de MUHmoNs. — A propos de la maison militaire du Régent, il vient d'être question des grands convois.

Celui de février mérite une mention spéciale ; il comprenait de l'artillerie et des denrées (farine et poisson salé); il y eut notamment des harengs, enfermés dans des barils qui furent défoncés par notre artillerie ; de là le nom de Combat ou Détrousse des Harengs.

(1) Rôle» normands de Bréquigny. — Stevenson, *— Au 26 octobre 1420, la garnison d'Jiarflear, bous la commande me ni de Myneurs, est de 10 hoinraea d'armes et 30 aroliere â cheval, 20 liommes d"armes el 00 ardicra â pied. (Uibl. nal., Msb., vol. 26,052, l,if>C.)

La composilioo de l'escorte est assez mal lîétenninée (1), bien que l'aclion i!i laquelle le convoi donna lieu ait élè souvent racontée. La ville de Paris semble avoir fourni les vivres de ses deniers ; les charrettes auraient été réquisitionnées dans les environs de Paris, el les conducteurs auraient été payés, au moins pour une partie du déplacement.

L'escorte s'élevait à 1,500 ou 1,700 combattants, parmi lesquels il n'y en aurait eu que 500 ou 600 de la nation d'Angleterre, Le Bourgeois de Paris dit que des archers ^t arbalétriers de la capitale faisaient partie de l'escorte, et sont revenus après le service accompli. Par inadvertance, on y a fait entrer, comme appoint, des contingents féodaux normands, qui ne furent en réalité rassemblés qu'à la fin de mars, et arrivèrent à Orléans au milieu d'avril seulement. Avec les combattants se trouvaient initie communs {Monstrelet), sans doute les conducteurs et des marchands amenant des provisions pour en trafiquer.

Fasiolf commandait, ayant sous ses ordres Simon Morbier, prévôt de Paris (2), le Bâtard de Thien, etc.. La rencontre avec l'armée française eut lieu dans la plaine de Rouvray- Saint-Denis (12 février) : le comte de Clermont, venu de Blois avec le Bdtard (Dunois), devait agir de concert avec les troupes arrivées d'Orléans. 11 ne voulut pas ou ne sut

(1) Voir BurloQl : Honstrelet, L II, chap. 56; le Bùurgeoii de Paris, âdition Buchon, ^iSO; le ca[)ilaine Hue; J. Lachauvelate, Guerre de» Fratiçait et des Anglais^ t. II, 187.

(2) Pour ses services dans celle eupéiiition, il retut les terres He Proie! el d'Armonville-lès-Gonesse (2S septembre 1429). — (Ârch. nat., JJ. i74, f" 143.)

SimOQ Horhrer, Français renié, seigneur de Gilles dans le pays charirain {Biographie Didot), fui prévûl de Paiis poui- le compte des Anglais, à daler de 1423. Au siège de Montai-gia, en 1427, il fut pris au pic'ge d'une trahiiiDn iiimalée. Il reçoit souvent

pas le faire assez tiU. On attaqua sans lui, après l'avoir atLenda et avoir donné à FasloH' le temps de disposer son convoi pour la défense. L'ennemi aurait lîù être écrasé par la supériorité de notre nombre et de notre artillerie. Nous perdîmes au contraire beaucoup de monde, et Fastoir put amener son convoi à Orléans (17 février). Les résultats matériels et moraux de cette atfaire furent également fâcheux.

Nous allons parler d'autres convois, qui peuvent n'avoir iivec Chartres aucune relation, mais font partie du même ensemble de services auxiliaires.

Louis Despoy (ou de Kspoyre) (1), chevalier bachelier, du pays de Gascogne, qui fut capitaine dis Poissy, avait reçu d'Henri V les terres du seigneur de Frencourt et d'Ile Birnele. En mars 14^9 (n. st.), il signe une endenture à la charge de 12 hommes d'armes, lui compris, et de 36 archers pour le service exclusif de la conduite des vivres et finances, (Document 54.)

Jean Daunou, écuyer, se quallTie capitaine de 5 hommes d'armes et 3 archers à cheval, pour la conduite des vivres pour le siège d'Orléans. (Document 55.)

William Sléric, homme d'armes de la retenue du bailli de Cotentin, c'est-à-dire venant de l'extrémité de la Normandie, en escorte de vivres, est de passage à Paris le M avril 14.29, avec ses 17 archers à cheval. {Document56.)

La garnison de Gaillard, dont nous avons parlé au chapitre

les montres des troupes de passage à Paris. En 1438, étant trésorier de Normandie, il est commis par le roi, en compagnie de lord Falcombridge, pour la conduite de l'armée chareée de ravitailler Meaux, Tracily et Ponloise. (Lettre de Simon Morbier du 23 octobre 1438. — Collection de M. Boucher de Molandon.) En 1450, il avait la capitainerie de Saint-Lû. (Stevenson.) (1) Stevenson. — 13eaukepaihe. — Dons faits par Henri V.

- no -

prec^denl, a détaché ^ homme d'armes et 6 archers $ cheval ; ils passent à Paris le 9 avril. (Document 57.)

La garnison Je Meulan, dont est capitaine Thomas Kyngeslon, fournil en avril 2 lances et 8 archers, et en mai 2 lances et 9 archers {\].

De Caen sont détachés trois lances fl cheval et 8 archers, qui font montre à Chartres le 5 janvier. (Document 58.) A cette ilate, le commandant de leur garnison, Richard Wideville, est depuis plus de 15 jours sous les murs d'Orléans, avec une retenue spéciale; ils ne peuvent donc être à Chartres que pour un service de la nature de ceux que nous venons d'indiquer.

Thomas Pilrot, de la garnison de Saint-Lô, est en route du 24 mars au 7 mai 1429, c'est-à-dire pendant 44 jours, avec quelques archers, escortant des vivres. (Document 59.)

Beaucoup d'autres petits détachements, venus des garnisons et séjournant plus ou moins longtemps sous les murs d'Orléans, durent amener des vivres pour l'assiégeant. Il sera parlé au chapitre V d'un convoi escorté par des contingents féodaux de la Normandie et des pays de conquête. Ces mouvements incessants prouvent qu'autour de la ville il devait exister peu de ressources, le pays étant ravagé, peu sûr et partant mal cultivé; et que les denrées étaient rares également dans les contrées voisines, au sud de la Normandie, dans le Maioe, l'Anjou, la Brie, etc.; ou que, la fournilure étant demandée à titre de contribution forcée, les Anglais voulurent la réparlir également sur toutes les provinces soumises.

(1) Quillance de Thomas Kyngeslon, publiiie par M. Mantellier dans son Hiitoxre du »iége d'Oi'Uans.

LES TROIS COUUANDANTS DU SIÈCE APRÈS SALISBURÏ ET LEURS nerENUES PAUtlCtlLIÈRES.

Les chroniqueurs Jésigneal, les uns SulTolk, les autres Talijol, el jusqu'à quatre et plus des principaux capitaines, comme chefs de l'armée après Salisbury. La question n'avait pas encore été tranchée. Les ilocuments 60 el 61 la résolvent de la façon la plus précise.

Antérieurement au 2G novembre ou à cette date même, Thomas, seigneur de Scales, était nommé liculenant Ju Récent pour exercer le commandement en chef avec Suffolk et Talbot. Aucune hiérarchie ne paraît avoir été établie entre eux ; l'autorité semble indivise. Ce sont eux qui ont désigné les commissaires devant lesquels Glasdall a fait montre le 2 décembre, et c'est encore à eux que la Pucelle s'adresse dans sa sommation du 32 mars. Us y sont nommés dans le même ordre que ci-dessus. Talbot et Scales partirent de Chartres le 26 novembre pour se rendre au pays d'Orléanais. Ils allèrent d'abord àMeung; et on a vu qu'ils arrivèrent sous Orléans le \'-^ Décembre.

Le Roi acconlail à Thomas de Scales, pour toute la durée de ses fonctions, une allocation mensuelle de 200 1. 1. pour soutenir son élat, en sus de ses gages ordinaires. Elle lui fut payée à partir du 26 novembre. (Documents 60 et 61 cités plus haut.) Rien ne prouve que Suffolk et Talbot, lequel était pair d'Angleterre, aient reçu ce supplément.

William Pôle, comte de Suffolk, et sa retenue. ■

îWilliam F'ole (de la Pôle, de la Poule, Suflort, Sufford) (i) descend d'ua Normand venu en Angleterre avec Guillaume; il est cbcvalier bannerel, comte de SuITolk et de Dreux, el Tut plus tard marquis, puis duc de Suffolk. C'est un 1 capitaine renommé ; il avait un commandement sous les ^ murs de Rouen el à la bataille de Gravant. Il areçud'llenri V des terres confisquées ; sa femme obtint celle de Jean

Kstouteville. Son nom se retrouve à chaque page dans l'histoire du siège. Ses deux frères, John et Alexandre, qui fut tué à Jargeau, se trouvaient aussi à l'armée. Le 18 septembre 1428, il signait, pour être capitaine de Sainl-Lô i avec 2 hAmmes d'armes 4 cheval el 30 archers, une enden- | turc qui est un véritable règlement sur le service des ' troupes dans les garnisons ; on en reparlera au chapitre V. (Document 87.)

Il arrive sous les murs d'Orléans avec Salisbury, le t2 octobre, et revient le 30 décembre à Saint-Laurent.

Après la levée du siège, il va s'enfermer à Jargeau. En défendant celte place, il est fait prisonnier sur le ponl. i

Après avoir recouvré sa liberté, il fut mêlé à Je nom- 1 breuses négociations. En 1449, il fut accusé de trahison et I décapité. I

Sa retenue au siège d'Orléans était, au 1" mars 1429 j (n. st.),de2 chevaliers bannerets, lui non compris, 2 che- |

il) Stevenson. — Journal du siège. ~ Chroniq\ic de la Pueelle. J

William Pôle avait regu le comté de Dreux en 142^1, IBÎbl. nat., J

ifss., reg. 7708, f" 34!).) Il est quaUlié comle de Dreux en 14S8. i

(Document 87.) Cependant à celte date, et en 1433, les revenus du i

comté servaient à payer la pension de Itedford. (Voir chap. i.) 1

Jean de la Pôle (John Pole|, dont nous avons parlé â propos de Argeau, a reçu des len'es conlisqu^es ; il avait le commandement

: partie de la ligne au siège de Monlargis. Il vient h Saint-Lau- ,

le 30 décembre, avec son frère aine, et est fait prisonnier avec I

li à JargeaQ. I

valiers bacheliers, 01 aulres Iiommes d'armes et 160 archers à cheval, (Document 62.)

M, He Beaurep.iire donne 100 hommes d'armes et 300 archers, sans préciser la date. En raison des pertes et des délacliemenls possibles, entre le commeocement du siège et le \" mars, ces chilTres ne sont pas inconciliables. D'ailleurs les Anglais semblent scinder volontiers les retenues, peut-èlre pour répartir les postes avantageux entre lout^ les ambitions. Cet émieltement. qui choquerait bien davantage aujourd'hui, était en rapport avec les habitudes militaires de cette époque, où tout se décomposait et se recomposait incessamment.

Jeas Talbot et sa retenue. — Jean Talbot (Tliallebot), surnommé l'Achille anglais, servit pendant plus de soixante ans et mourut les armes à la main à quatrevingts ans (1).

Il naquît à Blechmore en 1373; il descendait li'aa des compagnons de Guillaame-le-Conquéranl. Nous ne pouvons retracer sa carrière militaire que par une rapide énumération. En 1413, il est nommé lord lieutenant d'Irlande. Il suit Henri V en France, prend part aux sièges de Caea et de Rouen, et rentre en Angleterre en liî'2. On le voit, quelques années après, dans l'Anjou, le Maine, à la prise de Pontorson, au Mans, que les ndires avaient recouvré, et qu'il ressaisit par un rapide coup de main suivi d'exécutions capitales.

En mai 1428, il remplace Laurent Warin dans la capitainerie de Coulances, avec Si combattants. Il en est

(I) Stevenson. — Journal du tiège. — Biographie univenelle. — Bibl. nal., Msb., vol. i!6,050,TÏII8, et vol. 26.052, 1,234. —

BUURBPAIRE. — 1* CoMIMJATEUR DE GUILLAUME »E NlNGIS, QtncHERAT, vol. IV.

i titulaire au 19 mars 1439 (n. si.). (Documeal 64.) Oa le qualifie simplemeal chevalier banneret.

Le 7 novembre 14^8, il succède à Sali^bury comme capitaine de Falaise, à la charge de 6 hommes d'armes, sa personne non comprise, et 18 archers tous à cheval, 9 hommes d'armes et 27 archers à pied. Le 15 décembre de l'année suivante, il est remplacé par Tbomas Kyngeston.

En 1434, il reçoit le comté de Ciermont-en-Beauvoisis. Trois ans après, il s'empare d'ivry et de Ponloise ; il est maréclial de France pour les .Anglais et capitaine de 44 lances à cheval, 10 à pied et 163 archers, tant pour tenir les champs que pour la garde de Gisors (I). Au commencement de 1438, il est employé avec Faucamberge à ravitailler Mortagne (3). On le voit un peu plus tard capitaine de Lisieux, llarfleur. Honlivilliers, recevant, outre les gages de ces capitaineries, 300 saluts d'or pour sa pension pendant trois mois. Deux ans après il est créé comte de Shrewsbury, de Weiford, de Walerford. de Shrosbery ; il est encore qualifié seigneur de Furnival et capitaine de Gaillard (3). En 1443 el 14M, il est capitaine de Pont-de-l' Arche et de Coulances ; puis il déreod Rouen, au moment où celle ville tombe enlin entre nos mains, el il est au nombre des otages livrés à Charles VU. Sa mise en liberté fut une des conditions de la capitulation de Falaise (1450) ; mais sa glorieuse carrière militaire n'est pas encore finie.

En 1453, à qualre-vingls ans, il est envoyé pour re-

<1) Montre du 4 sepleoilire 1437. Collection part, de M. Boucher de Holandon.

(2) Montre du 15 janvier Iti? (1138, nouv. si.). Même collection.

(3) Montre du 14 décembre 14-12. Même collection. — Il lut lord Furnival après son beau-père.

prendre la Gayennc, récemment soumise par Charles VU; il livre bataille sous les murs de Caslillon, y fait preuve de la plus grande valeur, tombe percé de coups, malgré le courage de son lîls, qui est Lue prés de lui, et est achevé par un franc-arctier qui ne l'a pas reconnu.

Son nom est cité sans cesse durant le siège d'Orléans. Le \" décembre, il amène un renfort ; le 30, il revient s'établir à Saint-Laurent ; plus lard, il organise la bastille de Saint-Loup. Après la levée du siège, il va défendre Meung et Beaugency. C'est lui qui, avant Palay, soutient contre Kaslolf l'idée de la résistance. Au témoignage de Gobert Thibaut, il est emmené captif à Beaugency, après avoir èlé fait prisonnier par les archers de Poton. L'année suivante, une pétition est faite en Angleterre pour que sa rançon soit payée par le roi.

Sa retenue sous Orléans, au 29 janvier, était de 58 hommes d'armes, y compris sa personne et celle de Gilbert de Ilalsall, chevalier bannerct, et de 110 arnbers (M. de Ceaurepaire donne le chilfre d* 100 archers). Étaient aussi au siège, en mars, A lances et à archers de sa retenue de Coutanccs. (Documents 63 et 64.) Gilbert de Ilalsall (Guillebert de tiarsalles) assista aux batailles (le Cravant et de Verneuil, au siège d'Ivry. En 1424, il est en expédition avec Sullolk, dans le pays Chartrain et la Beauce. La même année, il est capitaine de Dreux, avec 39 hommes d'armes à cheval, 20 à pied et 177 archers, et l'année suivante il commande k Évreux.

Thomas de Scales et sa uetenue. — Thomas de Scales (d'Escalles, Lescale) (I), seigneur de Nucelles, était aux

(1) M. DE Beaurspaire, Étuta de .Voi-mandie, p. ao el 173, et Admmvttration. — Stevlssos. —Journal du liéf/c — hl. Valltt de Vmville tait coanaitre ses armoiries, qui étaient de g'ueulea i

batailles de Gravant el Je Verneuil. En 1424, il était capitaine de Verneuil, aux gages de 1,500 I. t.; la même année, il assiégea el prit Gaillon ; il commandait alors 200 liommes d'armes el 600 archers. Au siège du Mont-Sainl-Michel, il avait une retenue considérable. En 1429, il est capitaine de Dorafront (en outre de Pontorson), avec 60 combattants. H l'est encore en 1433. Trois ans après, il commande à Vire, il est vidarae de Chartres, ou, du moins, en porte le titre, et sénéchal de Normandie en 1443.

Sa retenue, pour la garde de Fonlorson, était de 80 hommes d'armes et 240 arcbers. (Document 65.) 11 en a tiré la troupe qu'il commande au siège d'Orléans. Il est chevalier bannerel.

Le 12 octobre, il arrive sous Orléans avec Salisbury. Il y revient le i" décembre avec Talbot, après avoir été nommé lieutenant du roi, et enfin, le 30 décembre, pour s'installer à la bastille de Saint-Laurent.

Après la levéc.du siège, il se rend à Beaugency ; U est fait prisonnier à Patay; on le retrouve à Rouen ea septembre.

Sa troupe était passée en revue au siège d'Orléans le 20 avril, à l'elTeclif de 20 hommes d'armes, lui compm, et 60 arcbers. (Document 66.) M. de Beaurepaire porte 51 hommes d'armes et 151 archers. Cependant, le 24mars, il y avait encore 60 lances à Ponlorson, el il ne pouvait, à cette date du moins, en exister plus de 20 à Orléans (1).

six coquilles ou écailles (en anglais scaU) de Saint-JacqueB ea argent.

(1) Montre du 2i mars U28 (i429 nouv. si.) à Pontorson. Bîbl. nat.jMss., *ol. 20,768, 3C5. La pièce paraît incorapK'le el le nombre des arcliers est douteux. Une quitlance publiée par M. Manlellîer donne, pour le 20 avril, les mêmes chiffres que noire montre.

BEVITE GÉNÉRALE d'eITËCTIF PRESCRITE LE 15 DÉCEMBRE 1428.

Des lettres Aa roi, du 15 décembre, prescrivaient à Jean Popham el à Jean Hanford de se transporter à Janville, Meung, Beaugency, Jargeau, et autres villes et forteresses sur la Loire et aux environs, ainsi qu'à la bastille des Tourelles, pour y passer la revue de toutes les troupes. (Document 67.)

Jean Popham, chevalier, avait reçu du roi, le 5 mai 1-418, les château, domaine et terre de Thorigny de Planquery. qui lurent à Olivier de Mauny, chevalier, et qui valaient 2,000 couronnes par an, à la charge d'une épée de guerre de la valeur de 3 fr,, à payer à Caen, pour la Sainl-Jean. Il a reçu aussi le manoir et domicile de Robert de Caumont. Capitaine de Sainte-Suzanne, dans le Marne, depuis 1425, à la solde particulière du Régent, il est encore membre du Conseil de Normandie depuis 1424, aux gages de 600 livres par an, avec résidence à Rouen. Pour ses déplacements en inspection, il touche, de plus, 6 1. t. par jour (1).

Il sera bientôt lieutenant du Régent au château de

(1) Rôten normaitdn de Bréqiiigny, n" 132. — Don» faits par Henri V. — Il y a on Thorigny dans le Calvados. Le Pbikur de HoNDONViLLE, cité par H. E. de Lëpinois, dans les Mémoires de la Société d'Eure-et-Loir, indique près de Mondoubleau des seigneurs de Mauny el de Thorigny. En 1400, Hervé de Hauny, seigneur de Thorigny, est chambellan du roi et du duc d'Orléans. Charles de Mauny était grand bailii de Cacn lorsque la ville fut prise par Henri V. Uo Olivier de Mauny fut fait prisonnier en 1425. — Vallet DE ViRJViLLE, II, 11, 12. — Stevenson, III, i'iô. — M. de Beau- RKPAIRE, Administration, 6, 7.

Eonen (1). et plus tard chancelier de l'Anjou et Ja Maine. Il fut envoyé d'Angleterre aux conférences île Calais, et employé à des missions près des ducs de Bourgogne et de Bretagne.

Jean ilanford (Hanforde, Hankeford, Hannefork) (9), chevalier, est capitaine du château du Bois de Vinceones, oii Henri V est mort, et où le Régent ira se mettre en sûreté après la levée du siège d'Orléans, craignant quelque sédition à Paris. On le retrouve, en 1435, capiLaîoe du pont de Rouen.

Sous bien des rapports, la revue prescrite par le roi ressemble à toutes celles dont nous avons parlé au chapitre I" ; elle ne vise que l'elTeclif, et, une fois leur mission remplie, on verra les deux mêmes personnages en passer un grand nombre d'autres dans les conditions ordinaires. Mais celle-ci constitue une opération d'ensemble. Un rapport général sera fait par écrit et adressé au Itégcnl et au Grand-Conseil, qui permettra de connaître toutes les ressources en hommes et de prendre une décision en conséquence sur la conduite de la guerre et les autres alTaircs (3).

Les montres, reçues aux Tourelles le 23 décembre, des corps de Molins et Glasdall et de Gyiïard sont deux éléments de ce rapport d'ensemble qui serait si précieux, mais dont on ne trouve aucune trace. (Documents 27 et 30.)

C'est très peu de jours après ces revues que le mouvement général vers Orléans était ordonné.

(1) Arch. nal., K, C3, 7 à 7>".

(2) Stevenson, III, 433. — It a reçu ries biens confisqués. (Arch. nal. JJ, 174. f" 4a.)

(3) On a vu que les montres paruisseni, ag contraire, avoir été sou-. VL-nl remises aux payeurs, sans passer par le commandenient.

SUITE DES CORPS ENHAlÊS EN VUE DU SIÈGE. — DÉTACHEMENTS TIRÉS DES GARNISONS.

A propos des posles occupés et de certains chefs, nous avons déjà donné la composition d'un grand nombre de corps spécialement enrôlés en vue du siège d'Orléans. Nous allons terminer celte énumération.

Coups de Gdillauhe Neville, lord Falcoubridge. — Guillaume Neville (Neafville, Nevyll, Fauquembergue, Foukemberge) (1) est fils de Ralp, ou Radulphe Neville, comte de Weslmoreland, qui a reçu les terres de Guillaume de Molyns et de Robert de Fréville, rebelles {c'està-dire fidèles à la France), à la charge d'un pollaï. En janvier 1438, il est envoyé avec Talhot pour ravitailler Mortagne, et en octobre il commande l'armée qui secourt les places de Meaux, Traciiy et Pontoise. Il est au siège de Dangu au commencement de IMO; et, à la fin de la même année, il commande des troupes destinées à tenir les champs, pendant que les Anglais Tont, pour la seconde fois, le siège d'Harlleur. En juillet 1442, le roi prescrit de lui payer 150 1. t. pour ses gages et ceux de 10 lances et 30 archers qui vont occuper les place et forteresse de Croissy, récemment replacées sous son obéis-

(1) Rùles de Bréijuigny. — Montre du iÔ janvier 1438 (n. si.) ; lettre de Simon Morliier du 23 octobi'e 1438 ; quittance du 2 septembre 1440; mandement du roi du 10 juillet 1443. Ces quatre pièces sont de la collection part, de M. Boucher de Molandon. — SrEVKNao.i. — Journal du siùge. — BE.iUnBPAiRE.

sance. En 1450, il est prisonnier. Son nom esl cilé dans la guerre Jes Deux-Roses.

Il arrive sous les murs d'Orléans, avec Salisbury, le 12 octobre.

Pendant le siège, it est chevalier bachelier, avec une retenue de 50 hommes d'armes, lui compris, et 124 arcliers.

Corps de Robert Hdngreford, — Il existe, au siège, deuï personnages de ce nom, le père et le fils, Robert et Waller ou Gaultier (Hongerford, llungreforde) (I). Le père était lord après 1435, suivant Stevenson ; et le nom esl cité parmi ceux des grands seigneurs et des chefs du rang le plus élevé. Gautier, chevalier banneret, assiste à des conférences avec les ambassadeurs bretons en 1423; il est. de 1424 à 1439, capitaine de Regnevilie et aussi de Cherbourg, avec 40 hommes d'armes, dont 20 à pied, et 120 archers. Il s'est emparé de Meung, tandis que Salisbury assiégeait JanviUe. Tous les chroniqueurs rapportent qu'il fut fait prisonnier à Patay.

La retenue de Robert, au siège, est de 15 lances, lui compris, et de 47 hommes de trait à cheval.

Corps se Richa&d Ha.ukford. — Richard Haukford {Haukeford, Haulkford), chevalier bachelier, est retenu de nouveau, le 23 décembre, avec "IS hommes d'armes, lui compris, et H'I archers à cheval, pour le siège d'Orléans. La date de ce rengagement coïncidant avec l'expiration du service de l'armée de Salisbury, on est tenté de croire que

(1) Stevenson. — liSAUnEPUtiE, États, AdminiatralioTi. — Jeàh Chartier, Journal du »iége, ChronUiue de la Pucetle, Moxbtrelet, Percbvj^l ue BoULilNViLLiERS, Regùlre de Tours : ïoir .QuicheiiAT, IV el V.

la Iroupe et son chef en faisaient partie. Le 27 janvier, Haulkford, qualifié chevalier banneret, fait montre de 21 lances et 89 archers, devant Orléans. Une aussi légère difTérence d'efTeclir et d'ortho{>:raphe dans te nom et un grade supérieur ne peuvent faire conclure qu'il y ait là deux personnages distincts et deux retenues. (Documents 68 et 69.)

Coups de Robeut Harung. — llarling et les deux suivants, Nicole Burdet et Clément Ouverton, ont endenlé le 12 janvier. Leurs précédenls engagements, valables pour deux mois, remontaient donc k l'époque où fiuissaient les quatre mois prévus d'abord pour le service des iOO lances. Il est donc permis de voir dans ces cliefs, et probablement aussi dans leurs troupes, la continuation d'un ensemble déjà connu.

Robert Harling {Herlyng, Herlinz) (1) a assisté à la bataille de Verneuil. Il a été jusqu'en 14-29 capitaine de Meulan, Poissy, Monljoie et Saint-Germain (pour ces deux dernières villes, il recevait 500 I. par an). Il se rend d'Angleterre en France, en mai 1-428. Au 12 juin 1429, c'està-dire après la mort de Glasdall, il est bailli d'Alençon avec 2 hommes d'armes, lui compris, et 24 archers tous à cheval, et capitaine de Fresnay-le-Vicomle, non loin de là, avec 10 hommes d'armes, dont -1 à pieds, et 30 archers (2). En 14â4, il sera capitaine d'Essay, l'année suivante de Meulan, et toujours bailli d'Alençon.

Robert Harhng est chevalier bachelier; il n'a avec lui qu'un autre homme d'armes et 6 archers tons à cheval. (Documents 70 et 71.)

. (1) BEAunEPAiiiE. — Stevenson. — RoUea de Thomas Caiite, II, 265. '

(2) Bibl. nat., Mss., vul. 25,768, 402.

Corps de Nicole Bubdet. — Nicole Burdel (llurdell, Nicolas Bourdet, Burdeit) (1) assistail h h bataille de Verneuil. La même année, il est capitaine de Neucliâtel et de Torcy ; il commande les troupes qui font par lerre le siège du mont Saint-Michel, et, en 1495, il est fait prisonnier dans un engagement aux environs. Plus lard, il est capitaine de Carenlan aux gages de 500 1. et bailli du Colentin. A la fin de H29, on le verra guerroyer dans les marches d'Évreux, Conclies et Lisîeux, sous Jean Radecliif, sénéchal de Guyenne (2). Il sera lieutenant du régent pour le chûteau de Rouen.

Sa retenue au siège, comme chevalier bachelier, d'après une endenture du 12 janvier, est de 3 hommes d'armes, lui compris, et de 12 archers, tous à cheval. (Document 72.) M. de Beaurepaire indique 12 hommes d'armes el 36 archers.

CoBPS DE Clément Ouvertom. — Clément Ouverton (Overton, Ovirlon), écuyer, a reçu les terres confisquées sur Robert de Hollande. De 1424 à 1433, on le voit capitaine de Monlivilliers, aux gages de 3u0 I. t. par an.

Sa retenue au siège d'Orléans, d'après son endenture du 12 janvier, est de deux hommes d'armes, lui compris, et de 6 archers à cheval. (Document 73.)

Corps de Richabd Wideville. — Richard Wideville

(VVodeville) (3), écuyer, a reçu les terres conOsquées de Préaux et de Dangu. Il est en I't24 conseiller de Nùpmandie, aux gages de 100 I. est., grand sénéchal de Nor-

(1) Vallet iie VmiviLLE. — Stevenson. — BEAL'BEPMtiE.

(2) Bibl. n»t., M»s., vol, 20,052, UQO.

(3) AdminUiration, 5, 32. — SteVENSOS.* — Dons faits par Uniri V.

mandie {jusqu'en 1425) avec une forte pension. Depuis la même époque, il est capitaine de Caen, avec 7 hommes d'armes à cheval, H à pied, J5 archers. En ■1435, il est qualifié chevalier bachelier à la cour du Bégent, et plus tard comte Rivers.

Le 15 décembre, il signe une endenlure pour servir au siège d'Orléans ou partout ailleurs, pendant trois mois à partir de la première montre qui aura lieu à Rouen le 2 janvier, avec un nombre d'hommes d'armes à cheval qui n'est pas connu (la pièce étant écornée), et 15 archers achevai. Il lui était enjoint, sous peine de perdre un mois de solde pour lui et ses hommes, de se trouver à Chartres dans un délai de trois jours après la première montre. 11 ne faut, en effet, que deux jours A des hommes à cheval pour aller de Rouen à Chartres. Cet ensemble d'indications montre bien qu'il s'agit 1à d'une troupe spéciale* meut engagée en vue du eiège, et non d'une fraction de la garnison de Caen : d'ailleurs, le nombre des archers étant le même, il n'en serait plus resté dans la place. Elle ne fait donc pas double emploi avec le détachement de 3 lances et 8 archers qui fit montre le 15 janvier 1429 (n. st.) à Chartres, et dont nous avons parlé à propos des convois. (Document 74.)

Corps de Jean Salvain. — Jean Salvain (Salvayn et Salvaing) est chevalier bachelier en 142!) et banneret en 1435 (1). Dès 1423 il est bailli de Rouen, et de Gisors en 1424, et aussi capitaine de Dieppe aux gages de 500 1. t. par an. En septembre 1429, il fera montre d'une troupe allant secourir Paris.

(1) Stevenson. — Montre du 16 mars 1428 (nouv. si.). Bibl. nat., Mss., vol. 23,768, 350. — BE»i;REPAiriK. — SUge de floiien, p. 102-

D'après le témoignage de Petrus Boucher, le bailli de Houen aurail lui-même conduit Jeanne d'Arc au bûcher; ce bailli ne pouvait être que Salvain, car nous voyons celui-ci exercer ces fonctions en 1433 et jusqu'en 1449(1). M. Quicherat semble donc faire erreur quand il dit, à celte occasion, que le bailli de Houea était Jean le Bouteiliier.

En 1433, Salvain est capitaine de La Rivière de Thibouville aux gages de 500 1. t.

Le 18 septembre 1428, le Régent lixait la garde de son bailliage à 2 lances et 24 archers. (Document 84.)

Ce n'est pas de celte garde qu'ont pu être retirées les troupes ou la troupe qu'on voit servir sous son nom au siège d'Orléans. Nous pensons qu'il n'en existe qu'une seule, de 20 hommes d'armes el 60 archers à cheval. (Documents 75 à 77.) Georges Swyllyngton (Suylinlgton) s'en dit le capitaine, le 8 janvier; il n'en est réellement que le lieutenant, puisque c'est sous le nom du bailli qu'elle est passée en revue le 20 avril.

Comme les droits à la solde de celle retenue remontaient au 28 décembre, on peul croire que les hommes proveuaieut de la dislocation du corps de Salisbury, dont le service expirait à celle date. Une fraction, de 15 hommes d'armes et 32 archers, se trouve à Corbeil, puis à Paris en février. Elle y est sous le commandement de Henry Gregory, écuyer, qui se dit seulement chef de montre. Depuis longtemps celui-ci élail sous les ordres de Salvain, et il conduisail une partie de sa retenue au siège de la place de Gaillon, qui fut prise en 1424.

Corps DE Thomas GuÉRARD. — TbomasGuérard (Guerart,

(1) Quicherat, II, ;(24. — Stevenson, III, 543, et I, 498.

Guerrard, signe Gérard, el il est probable que la prononcialion anglaise rude a fait modifier l'orthographe) était écuyer et capitaine de Monlereau (1). Sa troupe, de 30 hommes d'armes à cheval, loi compris, et de 90 archers, esl passée en revue à Jargeau le 27 décembre, el se trouve devant Orléans le 17 du mois suivant. (Document 78.) Il repoit plusieurs montres. Le héraut Berri dit qu'il commandait à la bastille de Saint-Loup, mais qu'il en était absent quand elle Tut prise.

Corps de Bené Neville. — Il ne faut pas confondre Bené avec Guillaume, seigneur de Falcombridge, ni sans doute avec Raoul, dont la retenue est plus forte.

Bené Neville, chevalier, signe, le 20 janvier 1429 {n. st.), une endenture pour lui, 3 autres hommes d'armes et 9 archers, tous à cheval, en outre des 4 lances et 12 archers, pour lesquels il a récemment endenlé. 11 devra en faire montre h Roben 15 jours après. (Document 79.)

Corps de .Ibuennequin Orell. — Il est appelé aussi Oreilles. M. de Beaurepaire lui attribue une retenue de 50 hommes d'armes, lui compris comme écuyer, et 60 archers. Dans une montre reçue au siège le 28 janvier 1429 (n. st.) figurent seulement 40 hommes d'armes et 18 archers. (Document 80.)

Corps de Richard ScnocnER. — Il est chevalier bachelier, et fait montre, le 12 février 1429 (n. st.), de 5 lances el 14 archers, (Document 81.)

D'autres corps, qui sont aussi spécialement enrôlés pour le siège, nous sont donnés par M. de Beaurepaire.

(1) Héraut Berri, Quicherat, IV, 4.3. — Il revut, le 22 septembre 1 429, des terres et un hùlel. (Arch. nal., 33, -174, fi iU, v.)

CoBPS d'Édouaiid WivnE. — 1 chevalier bachelier, 29 lionimes d'armes el 00 archers.

2 hommes d'armes et

Coups de Jean lk Grand.

15 archers à cheval.

Corps de Jean le Gaveux. — Le chef est écuyer et capilaiae île Monllhéry: sa retenue pour le siège est de 20 lances, lui compris, et 40 archers à cheval.

La Chronique de la Pucelle le cite parmi les faux Français qui eurent un commandement dans l'armé du siège, après Salisbury.

Corps d'Henri Ocam. — Le chef est écuyer et retenu pour trois mois avec 20 archers à cheval seulement. La composition de celle troupe est singulière ; si M. de Beaurepaire ne fait pas erreur sur le nombre des hommes d'armes, elle serait sans doute affectée à l'escorte des convois. •

Corps de Tuomas Beaumort. — Le chef est chevalier banneret, et sera en 1433-1434 capitaine de Gaillard. Il commande deux troupes: l'une de 3 lances, lui non compris, et de 9 archers à cheval ; l'autre de 8 lances et 24 archers h cheval.

Corps de Richard Gray. — Lord Richard Gray (Grey, Grès) est le neveu de Salisbury. Après la prise de Janville, il est chargé de la garde de celte place avec 7 hommes d'armes h cheval, 8 à pied et 45 archers. (Beaurepaire.) !1 vient néanmoins à Orléans avec Salisbury ; sa retenue au siège est de 20 hommes d'armes à cheval, lui compris, et de 60 archers. Il fut tué le 3 mars dans une escarmouche; sa mort est ainsi racontée parle Journal du siège: * ...Y tua maistre Jehan d'une couleuvrine cinq personnes à deui coups. Et desquelz cinq fut le seigneur de

' dont les Anglais (irent grans regrelz, parcequ'il était de grant hardiesse et vaillance. »

Corps de Jean Maihwabyn. — 1 chevalier badielier, 12 hommes d'armes el 3'J archers.

Corps de RiCHAno Lowyk. — 1 chevalier bachelier, 19 hommes d'armes el 60 archers.

Corps de Thomas Gargrave. — Gargrave (Gargrafe) (1) était à Verneuil; la même année, il était lieutenant de Warwick à Rouen. Au siège, comme chevaher bachelier, il commande 14 lances et 45 archers à cheval.

Corps de Geoffroy Fitz-Hugb. — 1 chevalier bachelier,

5 hommes il'armes à cheval et 18 archers.

Corps de Hondot de Lansac. — 10 hommes d'armes, lui compris (il n'est qu'écuyer) et iJO archers.

Corps de Thierry de Robessart. — Robessart (Robersart, Robsart)„ chevalier, n'a que 4 hommes d'armes et 12 archers. Jean, son frère, est capitaine de Caudebec, de 1424 à 1429, auï gages de 500 livres tournois, avec

6 hommes d'armes, dont 3 à pied, et 18 archers, dont 9 à pied.

Corps de Raoul de Necfville. — 1 chevalier bachelier, 10 hommes d'armes el 30 archers.

Robert de Willoughby. — On ne peut se dispenser de citer, parmi les capitaines anglais présents sous les murs d'Orléans, Robert de Willoughby (Vylughby, Willeby, Wilbi) (2), cité par Perceval de Cagny, avec Fastolf et

{i) Beadrepairb. — Stevenson.

(2) Parcevâl de Cagny, Quichebat, IV, 9. — Rvles de Bréquiynt/, ti" 675. — Dons faits par Henri V. — Beaurepaibe. — Dibl. nat., colluclion BasUrd d'EsUng. — Arch. nal., K, C3, n" 1. — Stevenson. — Rolle» français, par Thomas Carte. — Walter BOWER, QtilCHERAT, IV, 481.

Scales, parmi ceux qui levèrent le siège le 8 mai. doute il avnit un commandement dans les 300 lances France.

Il était à Azincourl, à Gravant et à Verneuil, puis au siège de Rouen sous les ordres du duc d'Exeler. Après la prise de la ville, il en fut nommé lieulenanl ainsi que du château ; c'est en celte qualité qu'il reçut les terres qui avaient élé à Laurens de Saînle-Beur, avec charge d'une épée payée à Douen, à la Saint-Jean. Il eut plus tard celles de Beaumenille. de Le Gallois d'Assy, elc. ; son commandement à Rouen, en IISS, comprend 10 hommes d'annes ù cheval, 10 à pied el 90 archers; il est alors comie de Vendôme. De 1i29 à 14'i5, il est capitaine de Bayeux. (Document 89.) Au commencement de 1428, lient ley champs avec un corps de 100 lances el 300 chers, dans lequel Faslolf a une retenue de 20 homi d'armes.

Après le siège, il exercera des commandements i| portants, comme celui de 300 lances et de 900 ard qu'il partage avec Faslolf (Ii32). Deux ans après sera lieutenant du roi, aux gages de 300 1. t. par mi 11 commandera la garnison anglaise de Paris en 143( et, lorsque les Parisiens ouvriront leurs portes au maréchal de risle-Adam, il se réfugiera dans la Bastille et ne l'abandonnera qu'à la suite d'une capitulation bon) rable.

Nous savons seulement qu'il passa la mer le 27 juin i4S pour venir en France, el, sans doute, prendre part au siège ; qu'il était sons les murs d'Orléans le 8 mai, et qu'il fut fait prisonnier à Palay.

Pour ne rien omelire, nous donnons encore le nom quelques chefs anglais ou autres auxquels nous connaissons pas de retenue sous les murs d'Orléans; Il

ille j

"corps élait payé par Andiy d'Espernon, ou ils étaie;nt en sous-ordre.

nichani Guelliin (Guiscliard Ouelin, Gueltin, Gtietio, Gethin). — Chevalier du pays de Galles, il est, d'après M. Quiclieral, ce bailli d'Évreux qui arriva avec Salisbury, le 13 octobre, devant Orléans (1). Cependant, à cette date, d'après M. de Beaurepaire et d'après une pièce que nous avons citée, le bailli d'Évreux était Iticbard Waller ou Wailler, aussi capitaine de cette ville et capitaine de Couches (2).

Le Journal du siège signale la présence du bailli d'Evreuï au Combat des Harengs, et la Chronique de Monstrelet le fait mourir à la défense des Tourelles, sans que dans ces deux écrits son nom soit mentionné. Perceval de Cagny, le héraut Berri, Wavrîn, désignent Richard Guethin comme capitaine de Beaugency, lors du siège de celte ville par la Pucelle, avec qui il traita pour la capitulation. Il serait possible que le bailli d*Ëvreux arrivé avec Salisbury et tué aui Tourelles soit Richard Waller, et que toutes les autres indications s'appliquent à Richard Guethin.

Ce dernier, après avoir assisté à la bataille de Verneuil, avait commandé les garnisons d'Essay et d'Kxmes en 1-i2i et en ^25; il élait, en \U^'iA^U, capitaine et bailli de Mantes avec 181 combattants.

Mathe Goghe (Mathago), écuyer. — Il élait à Gravant et à Verneuil, et Taisait partie en 1i2j de l'expédition d'Anjou (3). U était à Beaugency avec Richard Guelhia.

(\) QtiiCHElUT, IV, 14, 45, 97 (note 2), 120, 175, 214, 365, 412. — Beaurepaire, AdminUlration, 34 et 40. — Stevenson, III, 394, 4% et 545.

(2) Voir ci-dessus, chap. ii, § 3.

(3) Stevenson. IU, 385, 3i)*, 411 [625]. — Perceval f»EC*G.NY, Wavuis, QuicuERAT, IV, 14, 412.

Vsl&fin de l'occupalion anglaise, on le voil capilaine l Careotan, et capitaine et Ijailli île Belesme.

Rubin Ilei'on. — On n'a sur lui que l'indication de sa présence dans l'armée du siège après la mort de Sali&bury {Chronique de la Pticelle), et une mention du Journal du siège : geDlilliomine iialif d'Angleterre, il se distingua dans la grande escarmouche à laquelle donna lieu une sortie des Orléanais contre les boulevards faits près (le la Grange Cuyverel (1). On connaît deux autres personnages du même nom, mais de prénoms diirérenls: Edmond, qui était à Gravant; William, cité, d'une manière générale, comme ayant pris pari & la guerre de France (2).

Philippe Draanch (Oranche). — Il avait assisté ù ta halaille de Verneuil, et fut lieutenant de Pastolf, dans l'Anjou et le Maine, il fui fait prisonnier à Patay (8).

Henry Biset, chevalier. — Il était à Gravant et à Verneuil, et se comporta vaillamment k Monlargis, en l/i.27. Il fui tué .'i cette première attaque de Jargeau, qui eut lieu au commencement de juin, en l'absence de la Pucelle ; de sa perle les Anglais « lirent grand deuil f {A).

La Chronique de la Pucelle cite comme faux Français ayant fait partie de l'armée du sié^e après la mort de Salisbury plusieurs autres capitaines.

Guillaume de Rocheforl. — Geoffroy de Lamé. — Jean de Ghainviller. — Guillaume de Languedoc. — Jean de

Éazis. — Guillaume du Broillac.

oBaslache Gaudin. — Eustache de Grandyn, cité par XW Vallet de Vjiuvi'lle, 264. — (Juicherat, IV, 138.

(2) Stevenson, III. :Ki. W3.

(3) Stevenson, 39i, 437. — Guillaume Ghuel, OuicriKRAT, 318.

(4) Stevenson, Ht, 385, 394. — Journal du tiége, Quicberàt, IV, 167.

Slevenson comme venu du Danemarck e( servaal en France sous BeJrord, cloil être le même personnage.

Nous n'aviuns pas le dessein de faire complète de tous les cliufs anglais ; pour le plus grand nombre ce serait difficile. Nous avons seulemenl consigné les renseignements inlérussants qui se sonl présentés, au cours tie nos recherclies. Ils sultironl k montrer quelle carrière lien remplie et souvent glorieuse avait été avant le siège, ou fut plus lard, celle de presque tous ces capitaines, même de ceux dont les retenues étaient les plus petites.

Détachements tirés des garnisons. — Nous en avons cité déjà plusieurs : comme escortes personnelles de Fastolf, de Rampston, d'Andrieu Ogard et de Myneurs ou plutôt du ilégenl; comme escortes de convoi, et venunl du Cotenlin, de Cliâleau-GuillarJ, de Caen, de Saint-Lô ; comme renforts, et tirés de Rouen, de Ctiâteau-GaiUard, de Coutances pour servir prés de Talbol, de l'onlorson pour l'onner la troupe de Scales.

Nous pouvons en ajouter deux.

Détachement tiré de la garnison de Ponl-de rAri;lie. — Cette garnison était sous les ordres de Jean Beauchamp ei peu importante (5 liommes d'armes, 15 arcliers). Le détachement, de 1 homme d'armes et 3 archers, est passé en revue à Cliarlres le 15 décembre. Il est évidemment à destination d'une des villes de la Loire et plus tard d'Orléans. (Document 82.)

Détachement tiré de la garnison de Meulan. — Nous avons déjà parlé de deux escortes pour les vivres fournies par cette garnison de 32 combattants. Un autre détachement de 1 lance et 3 archers est resté sous les mors d'Orléans,

pédant les 3 derniers mois du siège nu moins. (Quittance déjà cilée, chap. iv, §1.)

La façon dont est exprimée la constitulion de ces petits groupes confirme ce que nous avons dît sur la composition de la lance. Si la lance était une collectivité, si l'homme d'armes n'était au complet qu'avec ses 3 archers, on aurait dit simplement une tance, vn homme d'armes ; et cela eiil Bufli, car il est bien évident qu'il n'y a pas là un combattant portant la lance et 6 autres armés de l'arc.

Il vint sans doute quelques autres délacliemenls. maïs en petit nombre et avec des efTeclirs aussi réduits, soit seulement à titre de renforts, soit pour amener des vivres et rester à l'armée jusqu'à ce qu'ils fussent remplacés.

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