CONTINGENTS FÉODAUX TIRÉS DE LA NORMANDIE ET DES PATS DR CONQUÊTE
Bien que l'on ait signalé la participation des milices communales, au siège d'Orléans, dans les rangs anglais, et qu'il ail été question de la convocation de l'arrièreban, nous n'en avons trouvé aucune trace certaine (1). Cependant, les villes normandes, plus que toutes autres, auraient dû être mises à contribution ; et leurs troupes, & moins d'être ronilucs dans les retenues des capitaines anglais, eussent été payées par Surreau de façon distincte.
Les appels connus de nous visent les nobles et autres tenant fiefs, qui ont coutume de fréquenter les armes.
Il serait dilficile de dire dans quelle proportion s'y trouvent les Anglais, devenus possesseurs du sol après les confiscations. Ils avaient bien pu, pour la circonstance, troquer leur nom patronymique contre celui de leur seigneurie, ce qui rendrait impossible la distinction entre les Anglais et les Français. Nous citons les noms qui se trouvent k la fois dans tes montres et dans les
(1) D'après le cnpilainc Marin, les bourgeois de dimpiègne, comme il est cuDït.'ité par les archives de la ville, avaient fourni leur contingent d'hommes el d'ai^ent à l'armée anglaise qui assi^eail OrléaiiB. {Jeanne d'Arc, campagne de t'OUe, p. 41.)
rôles tie Thomas Carte, dans ceux de Bréquigny, dans la liste des dons d'Henri V: vicomié de Gisors: Edouard Russel (Roussel), Jean de la CIjambre, que nous supposons parent de Symon et de Guillaume Cliambre ; — vicomtes d'Argentan et de Domfronl : Thomas Ouarde (Warde); — vicomte de Verneuil: Guillaume Maréchal (Guillaume Marsale) ; — vicomié de Valognes: Robert de Parsy, Percy, Persy, qui doit èlre le même que Robert Percy, donataire d'un lie!*, pour lequel il fait hommage d'une esprevière à Cherbourg; — bailliage du Cotentin: Jean Blonde), qui fait hommage à Alenron; — vicomte de Coutances : Willem Nessefeld, qui Tail hommage à Cherbourg, Thomas Bonde (Thomas Boude) ; — Jean Sauvage (Jean Savage). Si les terres confipquiies avaient été distribuées sous leur dénomination propre et non point sous le nom patronymique des propriétaires dépossédés, ces assimilations seraient probablement possibles en beaucoup plus grand nombre.
Le 2 octobre 1i28, le roi ordonne que tous les nobles et tenant noblement, qui doivent le service et ont coutume de le fournir, se tiendront prêts ilans leur domicile à se rassembler en armes dès qu'il le leur mandera (1).
Le 27 octobre, le ban était convoqué par lettrespatentes, en vue des expéditions vers la Loire el les villes d'Orléans el de Clois (2).
Le 1*^ novembre, Jean Salvain, bailli de Rouen el de
(1) Archives nationales, K, 63, 1", no 2022 du calalogue : mandat do ifl décembi'i:, en faveur du courrier Jean Pillois, envoyé à Pont-Audemor, Auge et Orbec.
(2) niatôire de Rouen au A'ï'e aiècle. A, Cheruei,. L'auleur parle aussi de l'arriëre-ban el dit que les bourgeois de Itouen en furent exemples.
Gisors, prescrivaîl au vicomte d'Orbec de faire crier que tous les nobles et autres lenanl tiefs se missent en armes, en aussi grand nombre et aussi bâlivement que possible, — pour aller à Chartres en la compagnie tlu bailli, afin de réàisler à l'entreprise des adversaires du roi d'Angleterre, que l'on disait être assemblés à Blois â cause du siège d'Orléans. Le lieutenant de capitainerie de la ville devait être rendu à Louviers, le ilimancbe ou lundi suivant au plus lard, avec le plus graad nombre de gens i|u'il pourrait réunir. (Document 95.)
Des ordres analogues étaient donnés au vicomte de Pont-de-l'Arclie et au capitaine de Tancarville. (Document 96.)
Le l> novembre, Guillaume Breton (1), bailli de Caen. qui avait pris les mêmes mesures, faisait rappeler aux nobles de la vicomte de Falaise qu'ils devaient se présenter à Caen le 8 novembre, pour se rendre à Cbartres avec lui. el non pas y aller individuellement. (Document 97.)
On ne sait ce que devinrent ces contingents convoqués hâtivement et à brève échéance. S'ils n'ont pas été contremandés, ils durent ne rejoindre que dans les villes de ta Loire, et être versés dans les retenues anglaises, puisqu'il ne leur est fait aucun paiement distinct. Peut-être ne lirent-ils qu'amener des vivres?
Convocation avec bendez-vocs a Vehnon le 29 mars 1129. — Celle-ci est sans liaison avec la précédente.
Les vassaux et gens nobles, tenant noblement, du duché de Normandie et des Pays de conquête, devaient se présenter en armes à Vernon. le mardi ^9 mars 1429
(1) Il avait élé cupilnine de Baye depuis b ni£mc date.
m 1424; il était bailli de Qie
(d. st.) ; — pour être dans celle ville rei;us el passés en revue ; — puis être employés à la conduite des vivres p«ur le ravilnillement des troupes devant Orléans et ailleurs sur la Loire (1).
Jean Pophain et Guy le ESouleillier reçurent les montres des tiommes convoqués, et les classèrent comme lances h cheval, demi-lances ou lances à pied, archers, arbalétriers, suivant qu'ils s'étaient présentés en lel ou tel équipage (2). (Montres du A avril, quittance du 6 avril. — Documents 98 A 102.)
Le classement délerminail la solde, mais il n'est pas basé sur le rang social, car il y a dans les demi-lances de.'; clievaliers, el dans les lances de simples écuyers. Il semble que tous les appelés sont Dobles, même les archers, puisqu'ils sont dits i passez à ^iges d'archiers nobles i. (Document 101.)
Ils pouvaient être, disent les Lettres du roi, au nombre de 2U0 lances, soit .^00 hommes. Il leur fut payé 2.761 l. 31 s. 10 d. pour vingt-six jours de service. Celte somme correspond à un nombre de combattants que nous ne pouvons exactement déterminer, ne connaissant ni la
(1) Lettres du roi da 30 avril 1420, publiiies par H. Mantellier.
(2) Nous donnons, d'âpre M. de Beaurepaire, par vicomte et bailliage, les noms des ciiah de montres nui ne Tigurenl pas dans nos documents; Fnlaise, .tean, baron de Courcy; Vire, Thomas de Hondreville ; Gaen, Jean dn Bois et Uicliard de Cerceaux ; Ponl- Audemer, Guillaume du Quesnoy, chevalier bachelier; Auge, Jean Le Gillarl; Orbec, Guillaume et llenri de Gouvyg ; Hontivilliers, Goillaume de Hastentol ; Caudebec, Jean de Caux ; Arques, Pierre de Saint-Marc ; Rouen, Jehan Maquerel, chevalier bachelier, seigneur d'iiubreville ; Ponl-de- l'Arche, Pierre de Poissy; bailliage de Montes, Robinet de Faumichon ; partie des bailliages de Chaumont, Gisors et Ariiues, Bryan de Cornouaille; bailliage d'Évreux, Roger Ciilford ; bailliage de Rouen, Caen et Giiors, Jean de Gueny, dit le Galols, et Richard Talbot.
- 17-i proportion des Jemi-lances, ni celle des archers. Si on (levait compter par lances enlières, toutes complétées â â archers, on n'en trouverait que 107, et 42S copballants. Plusieurs vicomtes ne fournirent chacune, en moyenne, que 17 hommes, {Documents déjà cités.) Ces nombres si réduits semblent indiquer qu'une notatile partie des nobles en état de porter les armes avait quitté le pays, ou péri dans les combats. Parmi ceux qui se présentèrent pour les vicomtes de Valognes. de Carentan et de Coutances. on ne voit pas ces chevaliers bannerels et chevaliers bacheliers dont parle M, de Beaurepaire. Tous paraissent placés, avant la réunion générale et après la dislocation, sous les ordres de cbefs de montre, pris parmi eux. On est autorisé à croire qu'une fois rassemblés, ils étaient mis sous le commandement de chefs anglais.
Le service devait durer vingt jours, mais il fut prolongé de six jours, pour attendre les Français que l'on disait venir en force pour ravitailler Orléans. C'est bien évidemment le détachement dont l'arrivée est signalée par le Journal du siège, à la date du 19 avril: * Arrivèrent grant quantité de vivres et autres habillements de guerre, et avecques eulx plusieurs gens d'armes qui les conduisoient. o Peut-être les denrées furent-elles prises en entier  Paris ou aux environs, peut-être furent-elles amenées des diverses vicomtes?
Ce retard de six jours pour la rentrée à Paris correspond, sans doute, au projet de ravitaillement d'Orléans par Jeanne d'Arc. Les Anglais auraient renoncé h l'attendre. ayant appris par des espions qu'elle allait passer par la rive gauche.
A leur retour à Paris, le 28 avril, les Normands, ou au moins plusieurs d'entre eux, furent passés en revue par Popham et Guy Le nouteillier. (Documents 103 et 104.)