‹ L'armee anglaise vaincueChapitre 24 sur 86 · IS · texte numérisé non relu

IS

Nous doonons la solJt: augmentée Ju regard, pour tuules les calcgories qui ont druil à ce su|)pl<Mnenl, les 7 premières. C'esl la solde journalière, quand le cuulraire n'est pas dit.

1» Salisbury. — 7 s. sterling 1 d. yj^; soil, en monnaie tournois, 2 1.7 s. 8d..

2" Les 3 commandants du siège, nommés eu novembre 1428. — Nous savons seulement que l'un d'eux, Thomas de Scales, recevait une indemnité mensuelle, pour soutenir son éial, de 200 1. tournois, soit, par jour, 1 I. ster. ou

6 I. 13 s. 2 d. lour. (Documents 60 et 61.) Celait pi'esque le triple de ce que toucliait Salisbury ; encore Tliomas de Seules recevait-il un même temps sa solde de clievalicr banneret. Mais nous avons dit que Sulisbury avait les revenus d'impôts considérables sur Troyes, Meaux, etc.

3" Chevalier bannerei. — 4 s. sler. 5 d, ^; soil 1 l. y s. 11 d. tour.

4" Chevalier bachelier. — 2 s. sler. 5 d. ^; soit 168.

7 d. lour.

5" Maitre des ordonaaoces et artillerie. ~- Affpilby reçoit, quand il est en campagne, SU 1. t. par mois, el, quand il n'y est pas, la moitié, c'est-à-dire la solde des hommes d'armes, regard compris.

Q" Maître canonnier, ayant rang d'homme d'armes. — 1 s. 8 d. ster., soit 11 s. 1 d. tournois. Le comte de Salisbury ne paie ceux de sa retenue que de leurs gages d'homme d'armes; ils reçoivent le reste direoli'iiicnt. Le regard semble compris dans ce chiffre.

7" Chef de retenue, chef de montre, quand il n'est pas chevalier bachelier. — La même solde que l'homme d'armes. Voir en particulier l'endenture île Ponyngs, simple chevaliLT : elle por;e, pour sa solde personnelle.

« rien », c'est-à-dire même solde que les aulies lances. (Documenl 35.)

Homme d'armes ii clievaj (ou lance à clieval), qu'il soit chevalier ou écuyer. — 1 s.sler. 5d. ^, soil9 s. -Il d. lour..

Maître mineur. — Comme les hommes d'armes. (Documenl 18.)

8" Homme d'armes à pied (dit aussi demi-lance ou k demi-gage de lance). — 8 d. àler., soit 4 s. 5 d, lour..

G" Mineurs. — Ceux recrutés par Salisbury reçoivent la solde des archers, c'est-à-dire 6 d. si. avec un siipnlément de 3 d. ster., ensemble 9 d. sler., soii environ 5 s. tour.. Ceux qui sont au siège en janvier sont payés comme les ariiheis. (Documenl 18.)

10" Archers  cheval ou à piod (1). — G d. ster., soil environ par jour 3 s. 4 d. tour., et, par mois, 5 1. tour..

Les endentures et autres documents n'indiquent pus qui fournissait les chevaux; comme ce n'était pas le roi, on ne s'explique pas qu'il y eût une solde unique pour les archers à pied et à cheval, alors que les hommes d'armes à pied étaient à demî-^ages.

M. de la Chauvelays dit que les chevaux étaient estimés, quand les cavaliers arrivaient au service ; et que„si ces animaux périssaient, le roi les remplaçait, ou en payait la valeur (2). Nous n'avons trouvé aucune trace de ces remboursements.

Nous n'avons rien rencontré non plus sur les fourrages, si ce n'est la défense de {irendre de l'avuine ou du foin sans paiement. (Document 87, déjà cité à propos de la

(i) L'endcnture de Rawtani) Slandyssb, du 26 octobre 1429, entre aulrcB pièces, donne une solde unique {JOur les deiii catégories d'archers qui entrent dans la composition de la retenue. Bibl. nal., Mus., vol. aj,052, n" 1154.

(2) Le combat ù, pied de la cavalerie ou moyen âge.

' discipline ilans les garnisons.) On doli penser (jue le four-'

rage élail, lliéoriquemenl du moins, a ta charge du capi- ]

I laine ou de ses liommes.

Par excepLion, à partir du mois de révrier, la solde ' mensuelle esl portée de 51.46 l. lour. pour les archers de l'armée du siège. U'aprés le document 20, un délaclienent sous les murs d'Orléans fut payé sur ce pied, à parpr du 1t) révrier, pendant que les archers restés à Rouen Tétaient à raison de '* I. par mois. (Voir aussi le documents si plusieurs autres,) Les archers de Louis Despoy (de Rspoyre), qui font le service d'escorte pour les convois de vivres et de linunces, louchent la solde du siège. (Document 54.)

• Comme nous l'avons dît plus haut, les archers des conlingents normands n'en hénélictent pas.

Gens de méliers recrutés par Salisliury, charpentiers, maçons, faiseurs de llêches, — ■ Ils sont payés comme les archers, bien que ne sachant pas tirer l'arc.

11" Arbalétriers. — Les documents normands ronl mention d'arbalétriers payés à gages d'arcliers. Il est donc probable que la solde normale des premiers élail supérieure. F,n résiimé, on voit que les soldes des diverses catégories sonl entre elles dans la proportion suivante : archers i, hommes d'armes 3. chevalier bachelier 5, chevalier bannerel U, Salisbury 14^.

Ce que nous avons dit sur le cumul des emplois, les dons de biens confisqués, la composition des guets, etc.,

Pmoiilru combien ces chiffres étaient augmentés, du moins pour les principaux personnages de l'armée anglaise (i).

(1t t'niïi^nntio do tlliflilnll,

la «olilo n'éliiit pus (Duuuiiionl 111.)

dti jûO I. lourn. faite k 16 avril 1126, au profit >\e bien ôtrtt une gratilicatîon de faveur ; car uiudiit iiaydd L>ar soiuiue arraudie.

\.a initie lraiit'.DisG était lliéonqnemeiiL plus forlc que celle (ios An^tnis, m;iis il ne Taut pas oublier qu'elle èlail payéu (l'une façon inéguliére et incomplètement (I).

Chevalier Imnneret. — France, 60 1. leur, par mois; Anglelerre, H 1. 17 s. 6 <l. lour.

Cluivalier liaclinlier. — l'rance, 31) I. lour. par mois ; Anplelerre, 24 I, 17 s. ti rl. it.ur.

Homme d'armes. — France. ^^} I. lour.. exaciemenl U solile anglaiï^e.

Archer. — France, 7 1. 10 r. lour.; Angleterre, 5 L, el, sous les murs d'0rl6an^, 6 1. i.

Supplémenl de solde payé par la ville d'Orléans k son gouverneur, gages des maîtres canonniers, salaire des ouvriers (3). — Raoul de Gancourl, gouverneur el capitaine de la ville, recul en l-i^!) el ^^30, sur les (ioances municipales, 100 1. l, de gages el 100 autres de don gracieux, soit, par mois. 16 1. 13 s. i d. tour., un peu plus que la solde d'un homme d'armes. Bien qu'il dût être, en même temps, payé sur le trésor royal, on voit cominen les liommes de guerre français les plus considérables étaient Inin des riclies revenus que la conquête procurait aux Anglais.

Les mailres canonniers recevaient de la ville de 8 à 15 I. lour. par mois; leurs aides 5 el (> I. t.

La journée de travail (manœuvies el ouvriers de métiers) paraît avoir varié de .3 sous h 7 sous tour. La solde des arcliers est comprise entre ces deux chiflres, mais plus près de la limite inférieure que de l'autre.

(1) M, LotâEi.EUR, ouvi-age déjà elle.

t (S) Compte de forteresse de la ville H'0rldans,l42!lâ 1431 (ii. sl.i: undemenl LII el quiltHnce du ai février 1430 (n. sl.j; HandelUent XVI ; et pannim.

Va

QUELQUES RÈGLES D'aSMIMSTRATION l

MI'TADILITÉ.

La complnbililé s'exerce dans l'armée an|;lnîse avec beaucoup 'le précision, bien que les rouages admini^lralifs el le contrôle soîeni rrès réduits.

L'armée de Salisbnry devant servir pendant deux quartiers d'année, les exécuteurs testamentaires comptèrent exactement 182 jours, y compris celui lie la première montre faile à Sandwicti, le 28 juin, et arrêtèrent le service non pas à Noi'l, ni au 27 ilécembre, ni au 31, mais au 28 inclus.

Si toutes les pièces, endentures, quittances, lellres, sont longues et détaillées, c'est qu'elles portent en elles les éléments de leur vérilication. Le mode d'administration des corps, leur pelit etTicltf, permellaient d'opérer sans ce luxe d'écritures, sans ces relevés partiels et ces autres relevés de plus en plus généraux qui occupent aujourd'hui tant de comptables. Pour arriver au terme de nos vérilicatîons, il nous faut surveiller mille fois les reporta de plusieurs pièces à plusieurs autres, et ne toucher le but qu'après avoir perdu de vue, depuis longtemps, le point de départ.

En 1428, rien de semblable. D'abord l'endenture tient lieu des règlements généraux. Avisé de la formation d'un corps, le payeur n'a qu'S lui ouvrir un compte qui tiendra sur quelques pagi's; ili l'appui il mettra les montres et les quittances cont-jnanl rhistorîqne, les décomptes el toutes les indications nécessaires. Par une simple lecture et quelques multiplications suivies d'une addition générale, on révisera les opémtions de G mois.

La liquidation lie Salisbury est présenlée à la cour de l'Ëcliiquier d;ins une forme solennelle ; mais elle n'occupe que 6 pages. On pouvait In vérifier en quelques heures, S l'aille .le l'endenlure qui s'y trouve annexée, et des montres qui devaient l'être égalemenl.

Lorsque, pour une cause quelconque, un cbef de retenue, même employé près du Régent, comme Andrieu Ogard, n'a pn faire les montres ou signer une endenlure en temps utile, un ordre spécial régularise la situation, et pr'ïscril le paiement à faire (1). (noeumenl 52 }

La solde était payée au chef de la troupe, ou, sur c son certain commandement >, au lieutenant ou autre personne. Dans quelle proportion le partage élail-ît fait entre le capitaine et ses hommes? C'est ce qui n'est pas dit et ne saurait sans doute être déterminé. Il est probable, d'ailleurs, que les choses se passaient, de façon non uniforme, au gré du chef, et d'après les conditions des enrôlements, dont le roi lui laissait la charge, Dans la quittance du 3 décembre 143i, les gens de guerre de la garnifoD d'Honfleur, sous les ordres de Jean Cherwin, déclarent devant le tabellion, qui en dresse l'acte, avoir reçu la solde inscrite au nom de chacun d'eux. Elle comprenait 3 mois, et leur parvenait avec 66 jours de retard (2). (Document 112.)

<1) Les personnages les plus considérabtes ne sont pas au-dessas de ces règles : lettres itii liégeiit en faveorde la garnison de Coulances el de celle de Pataise, toutes deux sous tes ordres de Talbol. Bibl. nat.. Mes., vol. 26,050, îi|8, e[ vot.26,051, 1234.

[-2) C<! Jcnn Clierwin, dont nous avons déjà parlé, (ch. J, ^ 3), sans doute le même que Jean Shjrwin, est d'un rang secondaire; purHi|U'il nous est connu seulement comme lii^ufenant des grands personnsKes iiui se succèdent dans te commandement nominal d'Honneur. Il n'en a pus moins bénélkîë des lai-gesees d'Henri V (terres de Guaullus de Lucemboiir^) ; en 1427, le kiilti du Colenlin

La remise inlégrale aux inlérefsés ne peul guère considérée comme une règle absolue; car il y nvait à Tournir les armes, les chevaux, etc., et on ne sait h qiii incombaient ces diverses charges, au capitaine ou à ses hommes.

Il est dit dans les endentures que la solde sera payée par mois et d'avance, après les montres. Dans la pratique, les monirea et les paiements ont lieu d'ordinaire au commencement ou vers le milieu Je la période de 30 jours que ceux-ci comprennent.

La somme due est toujours rei;ue en entier par le cajiitaine, et le système des â-complf; à valoii' ne semble pas avoir élé employé.

Salishury loucha une moiiîé de la solde de sa troupe pour la demi-année de service, le â5 mars {le lendemain de la signature de l'endenture); et l'autre moitié le ID juillet, et non pas au moment de Vemliarquement comme c'était prévu, mais toujours par les soins du trésorier et de la Chaiiilire aux recettes Je l'Échiquier (1). Cette anticipation anormale avait sans doute pour liut de lui faciliter les moyens de recruter, armer, équiper et monter un nombre d'hommes fort considérable pour l'époque, ou de marquer le grand cas que l'on faisait de ce chef renommé.

Les troupes des garnisons, qui sont enrôlées d'ordinaire pour une année, sont payées par quartier. (Documents 65 et 87.) Cette division du temps est assez irré-

lui fait enjoindre dn payer aux ctianoiRcs ile la Sainte-Chapello de Parie les arrérages de 100 escua d'or de renie, qu'ils avaient sur les lerres d'Anneviile-en-Saire, de Vendeuvre e[ en gémirai sur loos li^s biens de Hessire Sauvage de Vîllârs, rlievalier, terres «gue le roi avait concAdées au dil Jean Cherwin. (Lëopold Deusle, Mêmairea det .Iniù/Kaii-e» de Noi-mafuiic. t. XIX, Hl.) (-1) Stevenson, t. I, 418.

gulière ; son point de départ normal est le ^9 septembre, fêle de saint Michel. On prît aussi le i"' octobre. Les 9", 3" et A" quartiers d'année commencent, non avec les mois du calendrier, mais à Noël, à Pâques et à la Saint-Jean, tant était prépondérante, à cette époque, l'intluence religieuse. ^Document 110.)

il semble que les montres de garnisons ne se Taisaient aussi que tous les 3 mois. (Même document, et aussi documents 65 et 87 cités plus haut.)

Une avance dans les paiements pareille à celle dont bénéficia Salisbury, devait rendi'e les justifications dîniciles. Aussi est-il spécifié que. si des hommes sont morts ou ont étK tués au service du roi, il ne sera fait aucune diminution pour la solde qui leur aurait été donnée en trop, pourvu que le clief. sous le sceau de ses armes, certilie au roi en son Echiquier que le paiement a été fait réellement. Dans la liquidation de Salisbury, les exécuteurs testamentaires ont considéré comme acquise la Bolde du tous les hommes recrutés. Il est pourtant inadmissible qu'ils aient reçu leurs gages de 6 mois au début de leur service, comme il est impossible qu'il n'y ait pas eu quelques pertes d'assez bonne heure, et qu'elles aient été réparées journée pour journée.

Les commissaires désignés pour recevoir les montres auront ordre il'aller voir les malades, \k où ils seront, et leur alloueront leurs gaties, s'ils les trouvent ainsi ; s'ils ne peuvent y aller, l'allocation n'aura lieu que sur l'affirmalion l'aile par le chef sous le sceau de ses armes. (Document 1.)

A côté de ces tolérances naturelles, l'administration sait montrer son exactitude. Sur une quittance il est retenu 1^ s. 4 deniers tournois pour 4 Journées de gages d'un archer, qui, par erreur, n'avaient pas été rabattues sur le

"conlrôlc du précédent quartier d'année. (Document 20.) ' Une journée passée Hans un seriice extérieur e&t soigneusement retrancliée. (Document 112.)

Pour faciliter les vérifications et permettre de se rendre un compte plus exact des dépenses, on ne craint pas il'allonger les écritures. Ainsi le payeur, sur une quittance, décompte la solde d'un corps qui a des détacliements, comme s'il était au complet; et porte ce total sur ses livres, sauf à inscrire en recette le montant des diminutions qui résultent des détacliements, et qui devront concorder avec les paiements qui leur sont faits ailleurs.

Les gains de guerre figurent aussi comme des recettes séparées, bien qu'on n'ait fait ipie les déduire du montant à toucher des gages.

L'emploi de ces artillces démontre bien que la comptabilité est loin d'être aussi rudimenlaire qu'on serait tenté de le croire.

Les dépenses pour l'artillerie, qui peuvent comprendre un grand nombre d'articles, ne sont soumises qu'à des jusliQcations sommaires.

A John Parker de Chesihunte, qui accompagne Salisbury, il est alloué pour le malériel d'artillerie, les canons et projectiles, i .000 marcs sterlings, soii 4,444 I, 8 s. 10 li. tour.. Parker seul (mais non Salisbury) remlra compte au roi de l'emploi de cette somme. 11 produira les mandements de son chef (avis d'ouverture de crédit), et les quittances des personnes à qu,i il aura fait de^ paiements audessus de SU s. slerlings, soit 61. 13 s. â d, tour.. Pour les paiements d'un chilTre inférieur, il devra rapporter seulement le mandement de son chef el une déclaration de luimême, sous la foi du serment (1).

(1) EnJenture île f^alisburv, Stevenson-, I, 407.

Le receveur général de Norinarulie n'avait à justifier des dépenses de Pliilibert de Moinns que par la production du mandement du roi lui ouvrant le crédit. (Document 16.)

Salisbury et ses gens devaie-ît faire la traversée pour se rendre en France aux frais du roi; il en serait «le même pour le retour, car il leur était loisible de revenir en Angleterre, !\ l'expiration de leur engagement. Le roi devait supporter aussi les dépenses de la traversée pour les canons, pierres (boulets de pierre) et autres objets du matériel d'artillerie.

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