RETENUES A TITHE DE PÉNALITÉ
L'amende par retenue sur la solde existe pour l'armée anglaise : pour insufTisance d'équipement, comme nous l'avons dit déjS, à propos des montres ; pour retard à se rendre au poste assigné (montre de Wideville, document 74); pour refus ou défaut de service du chef de la troupe ou de ses hommes, sans préjudice des punitions prononcées. (Service dans les garnisons, document 87.)
Ces pénalités ne restant pas à l'état de menaces vaines : en 1424, le receveur de Normandie retint 44li L à certains capitaines pour n'être pas allés devant Compiégne, et 180 L à d'autres, pour avoir failli à envoyer leurs gens au siège de Beaumont, dans le Maine (i).
{i) AdmmMralion de la NormaiiHie, Compte fie 142i, p. 17.
Assurément, on se représenle mal les armées île celle époque, vivant, pendunl une campagne, aulrement [|ue suv le piiys.
Mais, Lhéoriquement au moins, en territoire réputé ami, toute violence, toute exaction, sont inlerdites. (Document 87.) Le Régent ne souffre pas qu'on s'écarte de cette règle sur les terres qu'il possède en apanage.
Guillaume Oldall et ses ^et\s des garnisons d'Alençon et lie Fresnay-le-Vicomle avaient pris plusieuis vivres et provisions sur les habitants du comté du Maine, de h vicomié de Beauinont, etc., pour une valeur de 100-2 I. 6 d. t. Le Grand Conseil ordonna la restitution, au moyen d'uiie retenue équivalente sur les gages de lu troupe el du capitaine. Mais celui-ci obtint qu'on lui reprit 700 I. seulement. Le roi décida que le reslanl (300 1.) serait déduit des tailles dues par ta ville de Fresnay au duc de Bedrort, et que c pour ne pas adomager son oncle > Pierre Surreau lui rembourserait cette somme (1).
Si les garnisons d'Alençon et de Fresnay-le-VicomIe avaient, comme en 14^9, un eOectîT de 60 combattants, 700 I. représentaient la solde de plus d'un mois.
Kn 1437, le roi d'Angleterre accordait des lettres de pardon à un laboureur du pays de Vermandois, qui, s'élant enrôlé dans une troupe anglaise, faute de pouvoir gagner sa vie autrement, avait volé, avec ses compagnons,
une vache et une chèvre pour les mang:er', une ceinlnre d'urgent Je 33 sous dont il avait eu sa part en même temps <iu'une paire de souliers et une paire de ganls, et qui, pour cela, était inquiété, nulamineni par le prévôt anglais de Laon (1).
On esl bien lenlé de croire que de pires méfaits furent souvent commis, et que la clémence du ruî ne fut pas nécessaire pour tes faire ouhlier.
Le taux de la suide des archers qui, correspond au salaire d'un ouvrier, indique clairement que les vivres n'étaient pas fournis en nalure à l'armée anglaise, comme ils le sonl à la nôtre, en campagne. Mais, autour d'Orléans, les denrées ne purent être toujours en quantité suflisanle. On ne voit pas que Çierve Surreau ait enregistré des dépenses faites à ce sujet, hien que plusieurs convois soient partis de la Normandie ('2}. On doit penser que le pays était mis à contrihution. C'est ce qui semble résulter de iJeux pastsages du tiourgcois de Paris. Vers le mois d'août l'i^S, ( fut fait une giossc taille aux villages comme es cités ; et si leur convint fair-j Itnance bien deux cents voitures, chacune h 3 ou A chevaux, pour mener vivres ou artillerie et hien deux cents queues de vins ou plus qui furent prînses dedans Paris i. En février M'iS), les bourgeois de Paris durent faire « linance ite farine pour mener à Orléans <•. Les convoyeurs furent payés, quand ils vinrent i Paris, pour 9 jours; mais ils y restèrent 9 autres jours h leurs dépens (3).